MARK KNOPFLER : « Tracker »

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Si le nouveau Mark Knopfler est intitulé « Tracker », c’est pour mieux incarner sa qualité d’objet sonique à remonter le temps délivré par un HG Wells à haute qualité guitaristique.

 

71867dec0c_190302-620-282      Qui connaît quelque peu Mark Knopfler, ne sera guère surpris par ce 8éme épisode de ses aventures depuis qu’il a su quitter le paquebot Dire Straits au sommet de son art pour naviguer en solitaire et se consacrer à ce qu’il considère être des projets à taille humaine loin des grands stades où il se produisait alors. Et depuis la bande originale du film « Local Hero », on sait qu’il n’hésite jamais à exhiber ces racines celtes, qui irradient désormais sa musique, comme c’est justement le cas avec «  Laughs and Jokes and Drinks and Smokes » joyeuse « chanson à boire » qui ouvre l’album. Avec sa mélodie justement très « Local Hero », elle nous entraine irrésistiblement dans une taverne enfumée d’un de ces petits ports Ecossais. C’est tout le pouvoir de Knopfler de nous faire voyager ainsi en chanson. Pour le coup, on croirait presque une chanson des Pogues, mais des Pogues cool qui auraient renoncé aux amphétes pour se satisfaire d’une petite bière. Remonter le temps, c’est la mission que s’est assignée « Tracker ». Ainsi, avec le slow aérien folk cool « Basil », Mark revient sur sa jeunesse lorsqu’il a quitté la fac pour devenir apprenti reporter au journal local de Leeds, le Yorkshire Evening Post. Mais surtout, ce qui transparait comme bien souvent chez lui, c’est sa signature-guitare inimitable, ce jeu hyper-sensible qui n’appartient qu’à lui, comme des Santana, Clapton ou Harrison ont chacun le leur. C’est encore et toujours la nostalgie d’une époque qui ne revivra jamais qui l’anime dans la splendide « River Towns » qui évoque les épaves de navires de ports fantômes le long de rivières désormais désertées à cause du fret routier. Et pour épauler sa voix, il y a toujours ces spirales de guitares qui nous arrachent à l’attraction terrestre, toujours un saxe qui lance sa longue complainte pour un frisson. Plus surprenant, on découvre aussi cet optimiste- malgré son titre et son thème puisque c’est le surnom d’un croque-mort- « Broken Bones » rythmé par des claquements de mains qui ressemble quelque peu à l’ « Egyptian Reggae » de Jonathan Richman and the Modern Lovers. Viva la muerte, le titre swingue littéralement grâce à une pédale wah wah qui nous tééporte direct aux années dorées du crépuscule des 70’s comme si les Neville Brothers rencontraient Johnny Guitar Watson.

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Pedal steel guitar

Retour au calme avec la délicate « Long Cool Girl » qui rappelle un peu « Back to Tupelo » sur l’album « Shangri La » d’il y a dix ans », une composition acoustique comme Mark sait si bien les faire à coups de pedal steel guitar qui nous font voyager dans ce Far-West éternel qu’il affectionne depuis toujours, l’autre « pilier » de sa musique. Cow-boy un jour, cow-boy toujours avec une composition née voici trois ans durant la tournée en double affiche avec Bob Dylan : « Light Of Taormina » ne peut renier son ADN country où la voix de Knopfler se fait plus grave comme s’il songeait à l’homme en noir qui nous a quitté, Johnny Cash. De même la balade mélancolique « Silver Eagle » est également née voici trois ans : c’était le nom du bus du tour avec Dylan pour une composition acoustique cool dont le thème « histoire de tournée » est un peu similaire à celui de la chanson « The Load Out » de Jackson Browne. Enfin, l’album s’achève sur fond de saxe mélancolique avec « Wherever I Go », rafraichissant duo country folky avec l’australienne Ruth Moody, du trio féminin…canadien The Waillin’Jennys. Et toujours, tout au long de ce disque cette lumineuse guitare de Knopfler, fidèlement épaulée par Guy Fletcher qui l’a suivi depuis les années Dire Straits. « Tracker », véritable « marqueur » d’un rock authentiquement cool ne devrait pas manquer de laisser sa trace : celle d’un album intemporel, lequel sans se soucier des modes peut oser défier le temps.

 

Pour célébrer la sortie de cet excellent « Tracker », je publierai la semaine prochaine ma seconde interview avec Mark Knopfler pour sa toute première couve de BEST  numéro 180 daté de Juillet 83…be there or be straight folks !

Couve BEST n°:180 de Juillet 1983

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1 réponse

  1. massoni dit :

    Il manque juste Beryl qui est peut être le plus Dire Straits like des tous les autres titres . Merci pour le papier c’est mes references xxx

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