LOVE AND MONEY : « All You Need Is…Love and Money »

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C’était la fin de ce radieux été 86, et l’Angleterre, comme le reste du monde succombait à cette fringante « soul aux yeux bleus » majoritairement issue de l’Écosse. Dans la foulée radieuse des Simply Red, Hipsway, Wet Wet Wet comme des Eurythmics, les ex-Friends Again, reconstitués en Love and Money ont su porter leur blackitude peroxydée au paroxysme, pour nous entrainer sur le good groove de leur « Candybar Express » que je défendais dans le BEST N°: 217

 

LOVE AND MONEY : « All You Need Is…Love and Money »J’ai toujours adoré ce paradoxe : pourtant Nordiques, les Écossais n’en constituent pourtant rien de moins que les Méridionaux du Royaume-Uni. Chaleureux, là où les british gardent tant leurs distances, les Écossais ont en eux ce feeling illimité qui les relie à cette musique noire. Remember, the Average White Band, c’était déjà un groupe de Glasgow ! Love and Money, malgré leurs succès instantané ont largement contribué à cette soul passée à la chaux vive. Trois décennies plus tard, il y a bien plus que de la simple nostalgie pour la formation de James Grant et ce lumineux premier LP. Hélas après trois albums seulement, Love and Money explose en vol. Le groupe se reformera pourtant en 2012 pour un ultime CD humoristiquement intitulé « The Devil’s Debt ».

Love and Money« All You Need… »

 

Ce soir là, en sortant du ciné, James Grant avait la tête pleine des images de « 1984 ». Son groupe, The Friends Again venait juste de se séparer et il se mit à délirer comme un fou en se jurant que l’an prochain à la même époque il ramasserait ce qu’il convoite le plus au monde: l’amour et le blé, Love and Money. Drôle de patronyme, quand même, pour un groupe écossais. Musicalement, Love and Money rappelle assez ABC, en jouant à fond le côté soul suave sur velours. L’autre facette plus agressive de James Grant est un funk corrosif sur riffs électriques à la Rick James ou Funkadelic. «Candybar Express », « Love and Money », « Cheeseburger », tous les titres rapides ont la même structure cuivres et guitares La couleur funky est un peu celle de Simply Red et Hipsway, mais l’investissement n’est pas le même. Enregistré en puzzle à LA, Londres, New York et peut être bien Kuala Lumpur, « All You Need… » a du couter un sacré paquet de pognon. Un premier album gros comme un Dire Straits,c’est un sacré pari pour le label Mercury. Pas fous ces showbusinessmen, Love and Money vaut largement la mise. James Grant saura tenir toutes les pop promesses de Friends Again sans s’égarer. Comme le scotch et les glaçons dans le verre, heavy funk cuivré et séduction romantique s’équilibrent parfaitement pour nous alpaguer, et faire peut-être du rêve de James notre réalité.

 

Publié dans le numéro 217 de BEST daté d’aout 1986best-217-small

 

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