LES SATELLITES « Du grouve et des souris »

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 Polo des Satellites

Voici 30 ans dans BEST, GBD défendait furieusement le « grouve » des Satellites, formation aussi indépendante que plongée dans le funk exacerbé, comme des enfants de James Brown et de Nino Ferrer. Portée par une joyeuse section de cuivre, la voix du chanteur Paulo incarnait cette joyeuse blackitude franchouillarde, comme si Superdupont nous emmenait jusqu’au « pont ». Premier album de la formation de Versailles « Du grouve et des souris » et ses influences Dexys Midnight Runners ne pouvait décidément laisser indifférent l’aficionado que j’étais….

 

Satellites Du grouve et des souris Fleuron funk de la trépidante écurie Bondage, distribué alors par New Rose, aux cotés des Washington Dead Cats, Ludwig Von 88 et bien entendu les légendaires Bérurier Noir, les Satellites publient cet album au titre calembour « Du grouve et des souris », premier de la trilogie avec le provoc « Riches et célèbres » et « Pied orange » et immediatement le groupe de Paulo impose son joyeux bordel. Les Satellites tourneront dans notre ciel hexagonal jusqu’en 1994, date à laquelle l’ami Paulo entame sa carrière solo, plus coté chanson sortant nombre d’albums sur le label Atmosphériques de Marc Thonon. Flashback…

Publié dans le numéro 237 de BEST 

Musique à la radio dans le lointain, cris de rage et charge sabre au clair d’une section de cuivre héroïque, ce premier album des Satellites démarre  exactement comme le « Searching For the Young Soul Rebels » de Dexys Midnight Runners. Okay « Les voisins du dessus » n’est pas « Burn It Down » et polo ressemble assez peu au Kevin Rowland de l’orée des 80’s. Les Satellites sont pourtant nos premiers rebelles soul. Tant mieux, on les attendait depuis si longtemps. Dans le genre rythmeurs and blueseurs, on avait déjà vu passer les Rois Fainéants et les Stunners, mais ce qui distingue les Satellites c’est aussi la rage Bondage de l’alternatif, le refus inconditionnel du beauf-système qui lie les langues et les consciences. Ils chantent « Papier Peint de Prols » et le cauchemar des « Voisins du Dessus », ces minables allergiques à la soul punk, zombies télévisuels de nos clapets de banlieue et c’est puissant comme James beuglant « Papa’s Got a Brand New Bag ». Les Satellites sèment le kitsh pour récolter la tempête. Perversion des porte-clefs 70’s, fascination pour les séries Télé, sur « Melon Hat » ils taillent un costard retraite au Chapeau Melon de John Steed. Delirium tremens et sens du gag, énergie en diable, les Satellites frôlent la surdose de speed pour mieux nous secouer. Laissons-nous donc satelliser !

 

Publié dans le numéro 237 de BEST daté d’avril 1988

 

 

 

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