L’adieu à Laurent Sinclair

Laurent SinclairC’était juste hier, au funérarium du Père-Lachaise où une émouvante cérémonie réunissait les enfants, la famille, les amis et les camarades de rock de Laurent Biehler, alias Laurent Sinclair emporté voici quatre jours d’une pneumonie. Infinie tristesse et souvenirs qui remontent à la surface. RIP cher garçon !

Laurent SinclairPour ce dernier adieu à Laurent Sinclair, il faut descendre les quelques marches qui mènent au funérarium, lieu aussi triste que, hélas, familier pour y avoir accompagné tant d’amis ou de collègues de la musique. Parti forcément trop tôt à 58 ans, la présence du clavier légendaire de Taxi Girl irradie la pièce, malgré le cercueil posé sur son catafalque. Sur un écran défilent des photos d’un Laurent familier, mais aussi celles d’un Laurent que je n’ai pas connu, en famille avec ses enfants, heureux.  Pas surprenant, peu après avoir quitté Taxi Girl, le compositeur de « Cherchez le garçon » enregistre « Devant le miroir », son single solo sous la houlette du Stranglers Jean Jacques Burnel, mais le succès n’est pas au rendez-vous. Sans doute Laurent se décourage-t-il à ce moment. Fort de ses royalties de l’unique grand hit de Taxi girl, il part pour le Viêt-nam où la tentation du paradis artificiel est si forte qu’il choisit de s’y réfugier. S’il ne renonce jamais à la musique et à son pur idéal rock, Laurent Sinclair n’enregistrera plus de disques. Ces dernières années, il vivait souvent chez son frère sur une petite ile grecque. Mais la maladie a fini par le rattraper et malgré le combat qu’il menait c’est hélas elle qui a eu le dernier mot. Après un petit texte bouleversant lu par son fils Marlon, c’est un dernier au revoir à ce père aussi aimant qu’atypique, né et mort pour le rock. Comment ne pas songer au petit Pierre Wolfsohn, avec ses taches de rousseur, qu’il a sans doute retrouvé. Tout comme Daniel Darc, si destructeur et si attachant à la fois, qui s’est envolé en 2013.

Laurent Sinclair

Pour rendre cet hommage à Laurent, son frère de groupe Mirwais était bien entendu présent, tout comme l’ex-manager de Taxi Girl, Alexis Quinlin, ainsi qu’une brochette de fidèles rock-critics, parmi lesquels on retrouvait JE Perrin, les Eudeline brothers, P Mikaïloff – lequel, dans la soirée, a prononcé quelques mots bien émouvants pour se souvenir de Laurent, voir le lien vidéo à la fin de cet article- et, bien entendu, GBD. Des musiciens, tels Frederic Lo, avaient eux aussi tenu à saluer la mémoire de ce garçon-là, tout comme quelques cadres de labels de disques, à l’instar de Michel Vidal, qui avait bossé à ses débuts avec (entre autres) Taxi Girl et Modern Guy ( pensée à Guillaume Israël). Marc Dufaud, le réalisateur du film « Pieces of My Life » consacré à Daniel Darc et actuellement en salles – on en reparle bientôt sur Gonzomusic- était également des nôtres. À la fin de la cérémonie, je retrouve Mirwais pour échanger quelques souvenirs. On ne s’était pas revus depuis mon interview sur RFI avec Juliette et les indépendants, dans la seconde moitié des 80’s. Mirwais me confirme que Laurent et lui s’étaient finalement retrouvés, voici quelque temps, mettant ainsi fin à de trop longues années de brouille entre frères de rock. Prouvant ainsi, que si l’on pouvait l’avoir oublié, dans Requiescat In Pace, il y a surtout le mot « paix ». Adieu, Laurent Sinclair et RIP bro’.

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