LE SUPER BOWL DE BAD BUNNY: UN AMÉRICAIN EN AMÉRIQUE
C’était hier soir au Levi’s Stadium de Santa Clara, California durant la mi-temps du match qui opposait les New England Patriots aux Seattle Seahawks où, après Janet Jackson et Justin Timberlake, Rihanna, Michael Jackson, U2, McCartney, Prince, Tom Petty, Snoop + Dre + Eminem et Kendrick Lamar, c’était au tour de Benito Antonio Martínez Ocasio, alias Bad Bunny d’enflammer la pelouse du stade avec sa spectaculaire comédie musicale live sur un vertigineux et inlassable plan séquence aux chorégraphies dignes de « Un Américain à Paris » et surtout en défendant sa latinité assumée. Bref, pour la superstar porto-ricaine, pour le coup c’était carrément « Un Américain en Amérique » envers et contre Trump qui fulminait sur son green.
Je ne vous présente plus Benito Antonio Martínez Ocasio, soit Bad Bunny ( Voir sur Gonzomusic BAD BUNNY « DeBi TIRAR MàS FOTos » ) et aussi BAD BUNNY LE VILAIN LAPIN QUI FAIT DU BIEN ) ce vilain lapin qui fait tant de bien à l’Amérique des années Trump. Et avec le succés qu’on connait. Son « Debí Tirar Más Fotos », sorti en 2025, le dernier opus monumental de Bad Bunny sur son combat pour défendre sa culture de Porto Rico et les Portoricains, en général s’est imposé aux derniers Grammys. On s esouviet que par défiance contre l’ICE de Trump et les rsiques encourus par les latins de se faire arrêter durant un de ses concerts, Bunny avait ainsi annulé toutes les dates de sa tournée US pour assurer une résidence marathon de 31 concerts à El Coliseo de Puerto Rico. Résultat des courses son choix historique a rapporté par ricochet des millions de dollars à l’économie de l’île. Et sans jamais renier sa terre, son identité ou son histoire. Hier soir le show de la mi-temps du Super Bowl était une ode à sa terre natale et à toute l’Amérique.
Et tout a commencé par un jeune homme portant un drapeau portoricain devant un océan de canne à sucre recréé au beau milieu du stade. Lorsqu’il a lancé : « Qué rico es ser latino. Hoy se bebe » (« Comme c’est bon d’être latino. Aujourd’hui, on trinque »), faisant écho à sa chanson. Vêtu de blanc de pied en cap, comme tous les nombreux participants, toujours élégant dans un magnifique costume-veste arborant l’année de naissance de sa mère, 1964, Benito a démarré son long medley par son hymne à la séduction intitulé « Titi Me Preguntó . Autour de lui, il a reproduit tout son écosystème communautaire : les vieux jouant aux dominos, des vendeurs de rue proposant du coco frío, des piraguas et des tacos (vendus par le véritable Villa’s Tacos de Los Angeles), les boxeurs Xander Zayas et Emiliano Vargas en plein combat, un homme demandant sa petite amie en mariage, juste au moment d’antamer sa chanson féministe « Yo Perreo Sola ». Derrière lui, on découvre la casita qu’il a construite à l’image d’une maison typique de l’île. Puis il enchaine avec « Safaera » et tandis que l’ambiance ne pouvait pas être plus caliente, notre Bunny tombe du toit dans la casita, désorienté par un mélange des morceaux de reggaeton incendiaires, parmi lesquels « Pa’ Que Retozen » de Tego Calderón, « Dale Don » de Don Omar et, « Gasolina » de Daddy Yankee, avant son propre titre punché « EoO ». Ensuite on voit Lady Gaga débarquee pour un « Die With a Smile » qui se transforme en salsa, lors d’un véritable mariage sur scène avant que Benito ne la rejoigne dans un joyeux « « Baile Inolvidable, dans plus pur style mariage latino, avec un enfant endormi sur une chaise et tout le reste. Bad Bunny, au-delà de se contenter de faire le show a réussi à faire partager sa culture à toute l’Amérique durant ce quart d’heure suspendu dans le temps, montrant la réalité de la vie portoricaine : dans une version étourdissante de « El Apagón, il brandit le drapeau bleu clair de l’indépendance portoricaine à travers le champ de cannes, tandis que des artistes sur des lignes électriques évoquent les fréquentes coupures de courant sur l’île, conséquence de la dégradation de ses infrastructures énergétiques de ce non-État Américain où comme le dirait Orwell dans « Animal farm » : certains citoyens sont moins égaux que d’autres. Ce clin d’œil sarcastique laisse rapidement place au joyeux « Café Con Ron », rejoint par Los Pleneros de la Cresta.
« Que Dieu bénisse l’Amérique », proclame alors Bad Bunny alors qu’il se dirige vers la ligne d’arrivée, citant rapidement le Chili, l’Argentine, toute l’Amérique du Sud et centrale ainsi que les Caraïbes, avant de terminer par les États-Unis, le Canada et Porto Rico. « Seguimos aquí » (« Nous sommes toujours là »), conclut-il en lançant un ballon de football sur lequel est inscrit : « Ensemble, nous sommes l’Amérique ». Plus tôt durant le show, il avait commencé son discours de remerciement par une pensée pour Minneapolis qui est toujours occupée par les agents de l’ICE (Immigration and Customs Enforcement). « Avant de remercier Dieu, je vais dire… ICE out », a-t-il déclaré sous un tonnerre d’applaudissements. « Nous ne sommes pas des sauvages, nous ne sommes pas des animaux, nous ne sommes pas des étrangers. Nous sommes des êtres humains et nous sommes américains. »

Dans un long message publié après le show sur Truth Social, Trump a laissé exprimer toute sa colère prouvant à nouveau combien il pouvait être hors-sol. En voici le (triste) verbatim :
« Le spectacle de la mi-temps du Super Bowl est absolument terrible, l’un des pires de tous les temps ! Il n’a aucun sens, il est un affront à la grandeur de l’Amérique et ne représente pas nos normes de réussite, de créativité ou d’excellence.Personne ne comprend un mot de ce que dit ce type, et la danse est dégoûtante, en particulier pour les jeunes enfants qui regardent aux États-Unis et dans le monde entier. Ce « spectacle » n’est qu’une « gifle » à notre pays, qui établit chaque jour de nouvelles normes et de nouveaux records, notamment le meilleur marché boursier et les meilleurs plans d’épargne retraite de l’histoire ! Il n’y a rien d’inspirant dans ce désastre de spectacle de mi-temps, et croyez-moi, il recevra d’excellentes critiques de la part des médias diffusant de fausses informations, car ils n’ont aucune idée de ce qui se passe dans le MONDE RÉEL. »
On y croit 🙂
Setlist du show
- « Tití Me Preguntó »
- « Yo Perreo Sola »
- « Safaera »
- « Party »
- « Voy a Llevarte Pa’ PR »
- « EoO »
- « Monaco »
- Salsa-inspired « Die with a Smile » with Lady Gaga
- « BAILE INoLVIDABLE »
- « NUEVAYoL »
- « LO QUE LE PASÓ A HAWAii » with Ricky Martin
- « El Apagón »
- « CAFé CON RON »
- « DeBÍ TiRAR MáS FOToS »
