LAURENT STOPNICKI “Popnicki”
Décidément les good vibes synthétiques des années 80 ont de beaux jours devant eux. Et si l’on pouvait en douter les récents retours d’OMD ou de Duran Duran l’ont largement prouvé, tandis que chez nous des formations telles que Denner ou Waiting For Words en ont toujours porté le flambeau. Certes Laurent Stopnicki nage dans des eaux plus mainstream, cependant avec ce cool « Popnicki » il s’abreuve largement aux sources de la new wave d’OMD à Rupert Hine en passant par Depeche Mode, Eurythmics et même le wizard a true star Todd Rundgren, le tout vocalisé dans la langue de Shakespeare…certes avec une petite pointe d’accent frenchie !
Je ne sais pourquoi en découvrant ce disque, je n’ai pas pu m’empêcher de songer à Rupert Hine, qui nous a hélas quittés depuis peu ( Voir sur Gonzomusic HOMMAGE À RUPERT HINE L’OVNI SONIQUE ) comme au brillant Thomas Dolby ( Voir sur Gonzomusic THOMAS DOLBY « The Golden Age Of Wireless » et aussi WILL VIDEO KILL THE ROCK STARS : Épisode 2 Thomas Dolby )Sans doute, le coté synthés et seul en studio y est-il pour quelque chose. Depuis son premier LP chez RCA en 1979 Laurent Stopnicki ( Voir sur Gonzomusic Un peu de coolitude dans ce monde de brutes et aussi Odayam au Grand Rex ) n’a jamais lâché l’affaire, même s’il a mené sur plusieurs fronts tant de projets hétéroclites. Cependant avec ce surprenant « Popnicki », collection de pop tunes en time capsules des années 80, capturées au fil des années, parfois abandonnées puis reprises une décennie plus tard, il joue et gagne en pariant sur cette fibre post-new-wave nostalgique avec ces compositions en Anglais, avec leur petite pointe d’accent frenchie. A l’instar de ce quasi Joy Division sombre et torturé “Honey I’m Still Free” aux accents également de Depeche Mode 86/92 ou encore de Simple Minds 82.
Puis « The Light Is On » un des titres le plus attachants du projet plonge résolument du côté d’Eurythmics et d’Ultravox, me faisant également penser au jeune Stephan Eicher au tournant des années 90. De même, l’entêtante « Never » effectivement composée au cœur des années 80 remonte joyeusement le temps du côté du « Messages » d’OMD, mêlé à un je ne sais quoi du « Wouldn’t Had Made Any Difference” Todd Rundgren pour nous séduire de ses séquences harmoniques. Même combat pour l’attachante composition « Someday » née durant les 80’s qui oscille entre OMD, le « Sweetheart » de Stephan Eicher en 83, sans oublier une petite touche de Peter Gabriel. Sans doute ma préférée de ce « Popnicki », « No Hill’s Too High » est incontestablement la plus guillerette, la plus originale aussi même si elle sonne étrangement comme l’ardent « I Saved the World Today » de Eurythmics en 1999. Autre morceau de bravoure avec « The World In Your Mind » à la pop British délicate très 90’s et l’on songe à nouveau à Eurythmics mais aussi à Prefab Sprout, Deacon Blue ou encore Everything But the Girl. Plus différente, moins synthés, plus rock « If You Call My Name » me rappelle carrément la fameuse ballade « Lady Jane » des Stones en 1966. Avec « Walking Soul » on s’abreuve goulument aux sources de Tears For Fears, Thomas Dolby, Depeche Mode…. sans oublier les Beatles de “Within You Without You” où il ne manque que le sitar de George. Ensuite, la rétro cool « Don’t Give Up » sonne très début années 80, un peu Daho, Lio, Lili Drop ou les Avions et elle est portée par une naïveté cool et nostalgique. Normal ce titre avait été enregistré en studio quasi live à l’aube des années 80. Enfin ce « Popnicki » s’achève avec la lumineuse « What She Does » qui me rappelle encore Stephan Eicher mais aussi le mythique Japan de David Sylvian. En tout cas, et en guise ce conclusion, on ne pourra pas faire le reproche à l’ami Laurent Stop d’avoir niqué la pop… tout au contraire, ce voyage dans le temps jusqu’au 80’s de « Popnicki » fait à nouveau battre nos cœurs à la vitesse d’une drum-machine.
