INDOCHINE: Passions en Indochine

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Indochine 85 by Legras/TerrassonDe quoi est on fan quand on fait partie d’un groupe à fans ? Telle est la question que je posais voici 30 ans au quatre membres d’Indochine pour les besoins du papier de couverture du BEST de mai 1985. Trente ans plus tard, si Nicola demeure le seul membre fondateur au sein du groupe, Indochine toujours fidèle au poste est désormais le doyen des formations Françaises et il continue de remplir les stades  de hordes de fans aussi fidèles qu’électrisés. Je parie que les fans de 2015 seront curieux de savoir de quoi Indochine était il lui-même fan… il y a exactement trois décennies.

 

Voici trente ans Indochine publiait son meilleur LP à ce jour sobrement intitulé « 3 ». Comme je suivais le groupe pour BEST depuis leur tout premier concert au Rose Bonbon et la publication de « Bob Morane », Christian Lebrun, le fameux Rédacteur en Chef du mensuel rock Français, m’avait confié la responsabilité d’aller interviewer les quatre d’Indochine avec une figure imposée : les interroger sur leurs passions de fans déclinées en « hier », «  aujourd’hui » et « demain ». Armé de mon mini K7, j’avais donc retrouvé les Indos dans leur maison de disques de l’époque Ariola/Arabella sur les quais de Seine à quelques encablures de l’Avenue Montaigne. J’étais aussi sur le tournage de la vidéo « Tes yeux noirs » réalisée aux Studios de Boulogne par Serge Gainsbourg- qui était un peu mon « papa » dans la musique à l’époque- où une très jeune Helena Noguerra, la soeur de Lio faisait ses tout premiers pas devant la caméra…un jour, je vous raconterai tout ça ! Par la suite, à force de se croiser dans les mêmes concerts, je suis devenu plus proche de Stéphane…au point de lui demander dés que mes filles jumelles sont nées en décembre 1990 de me servir de « référent » sur les jumeaux. Je lui disais « Stéphane est ce normal que des jumeaux fassent ceci ou cela ? » Et il prenait toujours le temps de me répondre avec gentillesse, avec humanité. La dernière fois que je l’ai croisé c’était en défilant à une manif anti Le Pen. Stéphane était incontestablement le plus politisé au sein d’Indo. Son décès si soudain m’a bouleversé. Son enterrement dans une petite église de banlieue est sans doute l’une des cérémonies funéraires la plus triste que j’ai vécu. Stéphane là où tu es je sais que tu nous entends…ce papier, dude, t’es dédié en toute amitié.

GBD

INDOCHINE BEST 1985BEST 202

(Les photographies illustrant cet article ont été réalisées à quatre mains par le regretté Jean Yves Legras et le talentueux Pierre Terrasson)

De quoi est on fan quand on fait partie d’un groupe à fans ?

ILS ont entre dix et seize ans. ILS crient souvent à leurs concerts. Parfois ILS les attendent à la sortie du backstage. ILS sont actifs, ILS sont passionnés et le virus qui tes a atteints c’est Indochine. Pop music par excellence, les Indos génèrent un incroyable phénomène de fans. Mais à l’inverse, qu’est-ce qui peut bien leur faire perdre la tête? A l’usage des fans et de tous les autres et pour fêter l’avènement du troisième volet discographique de la saga Indo, j’ai cuisiné notre quatuor pour dessiner leurs fanatismes d’hier, d’aujourd’hui et de demain.

 

  1. NICOLA SIRKIS chanteur/parolier

Fan de médias, Nicola attaque l’entretien en inversant les rôles: « Que penses-tu du nouvel album? ».        Le précédent, « Le Péril Jaune» était si mal produit, la voix de Nicola s’engluant dans les instruments synthétiques. .. Cette fois son timbre bien en avant trace la route d ‘«Indochine 3» entre les guitares et les effets. Quant aux textes, ils militent pour une sexualité soft et tolérante, un cocktail de tendresse et de sensualité. Lorsque vous entendrez l’album, je parie que vous craquerez comme moi sur « Tes Yeux Noirs », «Hors La Loi », «3éme Sexe », «A l’Assaut » et le simple « Canari Bay». Bon, et si nous passions aux choses sérieuses?Nicola Sirkis

Fan hier?

« Dans la musique, il y a deux personnages qui m’ont marqué: Bécaud et Sheller. Gilbert Bécaud, d’abord pour tout ce qu’il dégage sur scène et William Sheller pour son sens aigu de la mélodie. Aujourd’hui encore, lorsque je les écoute, ils me font craquer. J’étais aussi très fan de télé, pour le côté network performant, le côté mise en page qui bouge. A lieu de réviser mes cours, je passais des heures à décortiquer la télé. Je vivais à Chatillon et j’allais souvent seul au ciné pour voir n’importe quoi. Mais dans une cité de béton « Les 55 Jours de Pékin », c’est le nec plus ultra de l’exotisme. A l’époque, j’étais même amoureux de Jodie Foster pour sa prestation dans« La Petite Fille Au Bout Du Chemin ». J’étais solidaire de son personnage, j’avais 13 ans et, comme elle, j’étais bien plus solitaire que les autres. D’ailleurs j’avais inventé mon propre journal Interpresse, un hebdo que je réalisais seul comme dans les aventures de Lucky Luke. Je faisais la mise en page et les gros titres aux feutres. Chaque rubrique avait son symbole, exemple un projo pour le cinéma, et j’assurais la rédaction à moi seul en signant chaque papier d’un pseudo différent. 1 Interpresse était tiré à UN exemplaire et comprenait un hit parade des disques et des films. Du côté des BD, j’étais servi car vers 8, 10 ans je vivais à Bruxelles où mon père travaillait pour la CEE Je lisais Spirou et je m’embarquais avec Buck Danny et Gil Jourdan dans leurs aventures. J’étais aussi très Pif Gadget ».

Fan aujourd’ hui ?

«Mon rêve de directeur de publication s’est réalisé avec «Le Péril Jeune», le magazine du fan-club d’Indochine. Au cinéma, je suis inconditionnel de Woody Allen. J’aime tous ses films, surtout les plus récents, et son côté éternel de Gaston Lagaffe. Chez les actrices, j’adore Laure Marsac pour sa prestation dans « La Pirate » et Sophie Marceau malgré tous les films nuls qu’elle a tournés. J’ai la passion des vieilles Volkswagen. La mienne est noire avec des sièges de cuir blanc. Mais pour les balades, j’aime mieux la moto, le cheval de maintenant. Une randonnée à deux roues sur les chemins d’Auvergne, c’est l’aventure. J’ai aussi une envie folle de voyager. En trois ans, on n’a pas’ eu le temps de faire autre chose que de la musique, un tourbillon où il fallait sans cesse garder la tête froide, Aussi je rêve de partir dans les mers de Chine ou ailleurs sur un bateau avec Médecins du Monde. Pour la politique, je dois avouer que depuis 81 je me sens bien dans l’hexagone, Je suis très fan de Jack Lang, c’est un type, brillant, notre seul vrai Ministre de la Culture. Quant à Le Pen, il a le droit d’exister, mais le jour où sa dictature sera au pouvoir, je serai le premier sur les barricades. Nous avons abandonné nos études depuis cinq ans pour le rock et je ne veux pas régresser. Je m’intéresse à la peinture, des gens comme Francis Bacon ou Kandinsky. Avant, lorsque j’allais dans une ville, j’investissais directement le magasin de disques, aujourd’hui je vais voir des expos et je craque sur l’architecture.      ‘

Fan demain ?

« J’adore l’aviation, mon vieux rêve c’est de piloter un avion. Pas pour le côté planant, mais pour la vitesse, pour changer de paysage en un clin d’œil. Je veux aussi découvrir la photo, faire des portraits de jeunes filles pour deviner toutes les émotions que reflètent leurs yeux. Avec l’avance technologique, je veux créer des images dans l’ordinateur en transformant le réel. En tous cas, je n’ai pas envie de devenir fan de qui que ce soit ou de quoi que ce soit, le côté matériel ne m’a jamais accroché, demain ça ne changera pas « .

 

  1. STEPHANE SIRKIS claviers/compositeur

Dur d’être critique rock lorsqu’on n’est pas physionomiste, Quand les rockers en question sont des jumeaux, c’est encore pire. Depuis que je croise les frères Sirkis dans des concerts, je les prends régulièrement l’un pour l’autre en m’étonnant qu’ils aient changé de coiffure. Cette fois, pas de lézard, Stéphane dans son pantalon Hyper-Hyper style revêtement de fauteuil Régence enfourche avec moi la machine du fan à remonter le temps.Stéphane Sirkis

Fan hier ?

«Tout au début, j’étais fan d’Higelin car je ne connaissais pas le rock underground de MC5, Stooges, etc. En 74, je portais des santiags et on me traitait de loubard. J’étais aussi fan de Trotsky entre 15 et 18 ans. J’étais anti-nucléaire, anti-armée, anti-tout et pour l’alternative. J’allais cogner aux bastons contre les fafs et ça m’amusait comme un fou. A la Ligue je suis devenu punk et on a fait venir les Clash à la Fête de Rouge et là j’ai disjoncté du système organisation. Les Clash ne s’enfermaient pas dans un système, ils étaient libres et je ne l’étais pas. Je suis parti me mettre au blanc à la montagne. J’ai vécu à La Plagne où j’ai eu le flash du ski. Pendant quatre ans, je me suis éclaté au hot dog, j’étais fan givré du ski défonce, du hors piste, une version punk du ski acrobatique. Nicola venait me voir à la montagne et il bombait mes murs, ca m’a donné envie de rentrer. A l’époque de l’album «Mode», je me suis transformé en fan de Starshooter. Le fluo, le Coca, les nanas comme les magazines, pour moi c’était comme une nouvelle donne, le départ d’un rock français ouvertement commercial et sans complexe. J’ai vu au moins dix concerts de Starshooter en quelques mois et j’ai même fini par adopter leurs combinaisons de pompistes fluos .

Fan aujourd’ hui ?

« Le succès n’a pas vraiment bouleversé mes centres d’intérêt. Mais je peux craquer sur des artistes juste à un niveau musical. Dans ce sens-là, je suis fan de Culture Club, de Duran Duran et de Depeche Mode. Je suis aussi fan de Kim Wilde à cause de sa gueule et de son côté triste. Dans un autre genre, j’aime bien Jack Lang; on n’a jamais autant parlé de rock et de culture depuis son arrivée. Des opérations comme « Coup de Talent dans l’Hexagone » n’auraient jamais existé sans lui. Nous devions d’ailleurs y participer, mais l’album n’était pas assez avancé. J’aime. bien Georgina Dufoix et Mitterrand me fascine plus que Rocard. Je suis aussi très sensible au délire technologique des synthés et des ordinateurs. Lorsque j’achète un synthé, six mois plus tard il est déjà ringue. On le remarque vachement à chaque fois que l’on fait un LP; on découvre au moins une dizaine de machines nouvelles qui étendent le champ des possibilités. Nous on n’avait jamais fait de solfège. On ne sait pas écrire les partitions et avec les machines ca fonctionne quand même, c’est magique. Du côté des médias, je suis fan de Canal +, j’ai d’ailleurs revendu mon magnétoscope pour m’abonner à Canal. Je passe des heures, jour et nuit, devant la télé en lisant ou en faisant de la musique. Aujourd’hui je crois qu’en dehors de la musique, tout se casse la gueule. Je participerais bien à une cause comme le Sandinisme, mais pour l’instant, je mène une vie trop idéale. Je vis d’Indochine et d’amour, je réalise que c’est un rare privilège ».

 

Fan demain ?

« Demain je serai fan d’utopies. Je rêve d’un nouveau 68 par la pensée et sans baston qui se répande sur la planète. Je serais fan des Etats Unis du Monde s’ils se constituaient Je voudrais vivre dans une cité qui tourne dans l’espace autour de la Terre ou une ville nouvelle sous-marine pour voir autre chose. Je voudrais me réveiller dans 600 ans ou remonter le temps jusqu’à l’entre-deux guerres, une époque dorée où tu pouvais faire fortune en démarrant de zéro. De même, je rêverais de participer à l’éclosion d’un nouveau cinéma vérité avant-gardiste, comme dans les années soixante. Et surtout mon fanatisme du futur, c’est avant tout d’emmener Indochine là où les groupes français n’ont jamais mis les pieds, du Népal à l’Amérique du Sud en passant par l’Australie ».

 

  1. DIMITRI BODIANSKI saxo

Dimitri Bodianski

Dimitri Bodianski

Le countryman d’Indo est originaire de la Vallée de Chevreuse. Sport et nature, Dimitri est le solitaire de la bande.

Fan hier ?

« Bowie bien sûr, avec « Ziggy Stardust », mais aussi « Transformer» de Lou Reed et les Talking Heads. J’étais aussi très fan des chats, j’en ai eu une vingtaine en tout. J’avoue que je n’ai jamais fait d’effort surhumain pour leur trouver des noms originaux. Le Chat, Minou ou Minette, c’était plus simple. Je faisais beaucoup de sport : rugby, foot et tennis. J’avais aussi la fièvre des mobs. A 14 ans, je conduisais mon premier Peugeot 103 de couleur sable avec les clignotants et tout Je bricolais comme un fou et au bout de deux mois, la mob était méconnaissable. J’avais percé les chicanes du pot d’échappement pour gagner une poignée de kilomètres/heure. J’étais aussi fan de kleptomanie dans les supermarchés: ma spécialité c’était de consommer des chocolats sur place. Du côté des bouquins, comme j’étais un môme d’intellos de gauche, j’affectionnais les trucs sérieux. Je suis passé directement de « Oui Oui» à Steinbeck et Ionesco. Mon père m’achetait Pif, mais uniquement pour pouvoir lire Corto Maltese. Je lisais aussi Spirou. En revenant à Paris vers les 14 ans, je me suis retrouvé à Victor Hugo où j’étais un des seuls mecs. 200 filles pour moi tout seul, c’était bien agréable. Je m’étais constitué un cercle de nanas où je piochais allègrement. L’envers de la médaille, c’est que tous mes copains de lycée sont des copines. »

Fan aujourd’hui ?

« Si je suis fan de musique aujourd’hui c’est pour le rythme; j’aime le funk en noir et blanc: Marvin Gaye, Cameo, Maze, Kool & the Gang mais aussi les B 52’s, les Thompson Twins, Devo, YMO, Yello … mais je n’ai plus d’idole. Maintenant, lorsque j’écoute un disque, je suis déformé par l’envers du décor. Je suis même capable d’aimer Van Halen pour « Jump », juste parce que c’est bien fait. L’objet disque a perdu toute la magie de mon adolescence. Je ne crois plus trop aux stars du rock à l’exception du Clash et des Pretenders. Heureusement, il y a la science-fiction. En six mois, je me suis fait deux fois la saga de « Star Wars »- « Star Wars » + « L’Empire Contre Attaque» + « Le Retour Du Jedi» – à l’Escurial. Mel Gibson est devenu mon héros et pas uniquement pour son côté Mad Max. Dans « l’Année De Tous Les Dangers », il est parfait. Tout comme le saxophoniste John Lurie – exLounge Lizards – dans le « Stranger Than Paradise » de Jim Jarmush. Depuis « King Kong », je craque régulièrement sur Jessica Lange. J’ai aussi adoré Pascale Ogier pour « Les Nuits De La Pleine Lune ». Du côté de l’Art, je suis un cubiste convaincu tendances Braque et Picasso. Si je suis un éternel abstentionniste, je m’intéresse pas mal à la politique. Comme je suis insomniaque, je lis sans cesse les magazines, n’importe quoi et je m’éclate à lire les déclarations des hommes qui nous gouvernent. A mon sens, la plupart sont des carriéristes avides. La seule exception, c’est Rocard, le seul leader capable de me rassurer en ce moment. Enfin je suis totalement anti-fan de l’armée et je préfère devenir un fou dangereux plutôt que d’y partir ».

Fan demain ?

« Je commence à me brancher sur les ordinateurs. J’ai déjà flirté avec un Mac Intosh et j’aime ça. Je suis aussi très fan du Minitel et de toutes ses possibilités. En studio, je fanatise le bidouillage total des sons. Avec l’arrivée incessante de nouveaux effets, mes rapports avec les machines deviennent de plus en plus étroits. Demain je serai fan de l’osmose avec elles. Je songe aussi à la reproduction. Lorsque j’aurai un môme, je serai sans doute fan du môme. Je serai amoureux de la première femme ou de la première machine qu me fera un gosse intelligent ».

 

  1. DOMINIQUE NICHOLAS guitares/compositeur

Aux antipodes de tous les stéréotypes de guitar-heroes, celui d’Indo a toujours l’air de planer comme une version rock du professeur Tournesol. Simple et direct, Dominique ne cache pas son jeu, avec ou sans guitare.Dominique Nicholas

Fan hier ?

« Il y avait surtout la moto. Pas son côté mécanique, mais la performance, la beauté de l’effort. J’ai fait beaucoup de compétition, j’avais même un « mulet» – moto défraîchie d’entrainement- pour sauvegarder la machine principale . J’ai tout arrêté quand on m’a volé mes deux cubes. Pour me consoler, je me suis mis à l’électronique. Je réalisais des implantations de schémas sur circuits intégrés, des alimentations. Lorsque l’électronique m’a gonflé, je suis devenu fan du Gibus. Ce soir-là, ma toute première fois, il y avait Trust sur scène. Je ne comprenais pas vraiment ce qui se passait, mais j’y suis retourné presque tous les soirs pendant deux ans Je me suis offert une guitare à 200 F et un ampli Vox. J’ai appris en regardant le guitariste de Métal Urbain. Comme personne ne voulait jouer avec moi, j’ai longtemps bœufé avec une boite à rythmes. Ensuite, j’ai découvert la structure de groupe et j’en suis devenu tellement fan que j’en changeais chaque semaine. Dans le même temps, j’étais fasciné par Johnny Thunders et Link Wray. J’ai vu tous les films d’«Angélique» et Michèle Mercier a hanté mes nuits de fantasmes. Cela dit, j’étais naïf et romantique avec les nanas »

Fan aujourd’hui ?

« A l’heure actuelle, le seul truc qui m’allume vraiment c’est le studio. Je pourrais te parler durant des heures de l’AMS et· de son habilité au sampling et au trigger, c’est la révolution. La musique d’aujourd’hui n’a pas changé, c’est l’art de la production qui a su évoluer. Le deuxième album avait été enregistré en digital, mais au bout de trois semaines la bécane est sans arrêt tombée en panne. Ce qui a ruiné les prises de son du « Péril Jaune », c’est son mixage à toute allure à cause de ces fichus retards. Je n’ai pas peur d’affirmer que je suis fan du nouvel album d’Indochine, car c’est le premier qui soit littéralement P-R-O-DU-I- T. On l’a fait avec Joe Glassman, un Anglais qui travaille avec Chaka Khan, entre Paris, Amsterdam et Londres. Si « Indochine3 »n’est pas sur-produit par contre le son général est hyper-compressé. Je suis si accro au studio que j’en monte un chez moi. Je suis fanatique, j’ai un seul amour. Hier, c’était la moto, aujourd’hui c’est le son. J’aime pourtant la pêche à la ligne dans la Creuse. Je pars au petit matin dans le brouillard et c’est génial. Lorsque j’attrape un poisson, je le relâche toujours car je pêche uniquement pour l’aventure. La preuve: je ne sais pas nager ».

Fan demain ?

« Demain je serai fan de production. En 90, la musique ne sera plus qu’une succession de bruits divers. Le point de non retour sera largement dépassé par les machines On aura cassé toutes les guitares pour faire de la musique zombie positive. Pour le contraste, je m’achèterai une baraque en pleine campagne où j’organiserai des parties de cache-cache pour quatre cents personnes avec des hélicos Plus près des étoiles, je passerai des heures à mater le ciel avec un télescope laser. J’ai peur du confinement des vaisseaux de l’espace, mais je veux vivre dans une station orbitale pour découvrir le rock des autres planètes ».

 

Publié dans le numéro 202 du mensuel BEST daté de Mai 1985

 

 

 

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