GREG KIHN BAND « Kihnspiracy »

Greg KihnVoici 42 ans dans BEST GBD signait et persévérait sur la défense acharnée du petit label Beserkley records de San Francisco qui avait signé Jonathan Richman & the Modern Lovers et Greg Kihn déjà largement documenté sur Gonzomusic  avec « Kihnspiracy », ce 7ème LP, qui constituait sans doute l’album le plus populaire de toute sa carrière, porté par son hit aussi fracassant qu’irrésistible, le petit joyau pop rock « Jeopardy ». Flashback….

Greg KihnS’il nous a hélas quittés en aout dernier à l’âge de 75 ans, terrassé par ce fichu Alzheimer ( Voir sur Gonzomusic Mort de Greg Kihn le héros de Beserkley Records ) Greg dès son premier LP l’éponyme « Greg Kihn » en 1976, puis au fil de ses 33 tours incarnait cet idéal pop californien qui avait su me séduire dans mes années teen-ager.  Il faut rappeler que le nom du label Beserkley est le croisement du mot yiddish « beserk » soit « dingue » et de Berkeley qui abrite la fameuse université. Forcément dès mon arrivée à BEST fin 1980 j’ai voulu propager cette passion Kihn size ( joke !!!) aux lecteurs de l’épatante revue de la rue d’Antin ( Voir sur Gonzomusic GREG KIHN BAND  » Rockihnroll » et aussi GREG KIHN BAND « Kihntinued »  ).

Publié dans le numéro 179 de BEST

 

 

Greg KihnFrappé, givré, gelé, enfin… bezerk. Un label. Un seul artiste, depuis le départ de Richman. Un way of life aussi. Greg Kihn Band est peut-être l’un des derniers groupes de la Bay Area ; la preuve : depuis au moins six ans, il continue d’enregistrer au studio Fantasy, là où les fantômes de Creedence viennent encore vous chatouiller les pieds. Unité de lieu, unité du décor aussi, puisque toutes les dernières pochettes sont des cartoons naïfs signés d’un artiste de San Francisco, Mike Fink. De surcroit Greg est un fidèle entre les fidèles : même groupe, même producteur, même label  et tout de même une paire de chaussettes neuves. Hé oui, Greg a les moyens, puisque « Kihntinued », l’album précédent, a réussi à percer le tir de barrage des classements U.S. Pourquoi celui-ci et pas un autre ? Les ballades et les rocks de Kihn entretiennent la même continuité depuis ses débuts, en 76 riffs rapides, parfois classiques, pop électrique aux relents de psychédélisme, love-songs nerveuses proches du Paul Collins Beatt. Le romantisme mélancolique, avec la pointe de sentiment au bout de l’estomac. On finit par craquer en se disant « J’ai déjà vu ce film-là. » Mais Kihnspiracy ›› n’est pas un remake. Kihn a encore trop d’énergie pour juste se branler sur des souvenirs. L’album est, en tout cas, un terrain parfait pour les chasseurs de singles avec leur filet à hits sauront-ils alpaguer le premier titre « Jeopardy » ? S’ils passent à côté, c’est que, décidément ils n’auront rien compris. « Jeopardy » est un rythme brise-glace et tant pis pour les icebergs, cette fois ils n’empêcheront pas le Kihn de rouler. « Long Train Running », ça vous remue les souvenirs ? Les Doobies se sont évaporés, Greg joue les réminiscences avec « Tear That City Down » : Dont be waitin’ for that train in vain ». Et les balades de Kinhn resonnent dans l’écho : « How Long » et Greg prend même le temps de faire du sentiment. « Kihnspiracy » en fait, c’est la prise d’assaut des charts planétaires, s’il y parvient : god save the Kihn !

 

Publié dans le numéro 179 de BEST daté de juin 1983BEST 179

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