GÉNÉRATION (S) TÉLÉPHONE

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Telephone by Claude GASSIAN

Telephone
by Claude GASSIAN

 

Auteur rock par excellence, Pierre Mikailoff, l’ex guitariste des Désaxés publie un enthousiasmant « Génération(s) Téléphone », illustré de clichés historiques signés Claude Gassian et boosté par le fameux documentaire « Téléphone public » réalisé par Jean-Marie Périer aux éditions GM. Dans la foulée de la quasi reformation du groupe français peut être le plus populaire de l’histoire du rock hexagonal, on peut dire que cet ouvrage tombe on ne peut plus à pic. Rencontre et entretien forcément… téléphoné !

 

 

Cover TelephoneBon, je ne vous cache pas que je pratique l’ami Pierre Mikailoff de très longue date, mais j’apprécie son regard et sa vision sur cette culture rock que nous partageons ( lire sur Gonzomusic https://gonzomusic.fr/pierre-mikailoff-auteur-rock-par-excellence.html et également https://gonzomusic.fr/les-desaxes-au-7eme-ciel.html ) . Auteur, musicien, journaliste, mais également DJ, l’auteur de « Génération(s) Téléphone » déborde d’activités, la preuve rien que sur l’année écoulée, il aura publié un recueil de nouvelles « Terminus Las Vegas », un grand «  coffee table book », «  Cultissime 80’s » sur toute la pop culture des années 80 (Larousse) et last but not least a également participé à un ouvrage collectif intitulé « De la vigne aux platines » où un éditeur a demandé à 50 auteurs d’associer un album avec un vin…

 

 

« Je ne te connaissais pas rock œnologue ?

Pour ce livre, il y avait toute une liste d’albums, moi j’ai choisi Bo Diddley qui a alors été associé à un Chinon sélectionné. Je sais bien que Bo Diddley n’a sans doute jamais gouté de Chinon, mais l’idée était d’écouter et de déguster et de trouver des liens.

 Et il faut bien entendu évoquer ce remarquable « Génération(s) Téléphone » avec des photos infernales de Claude Gassian, et un DVD du légendaire « Téléphone public », le doc de Jean-Marie Périer de 1980.

L’éditeur GM avait obtenu les droits du film de Périer, comme c’est un éditeur qui sort toujours un livre associé au DVD d’un film, il cherchait un auteur capable d’écrire sur Téléphone alors il m’a…téléphoné, 😉 Car depuis l’adolescence, j’ai toujours été passionné par ce groupe., incontestablement mon préféré parmi tous les groupes français qui ont su rencontrer le succès. Il y a plein de groupes moins célèbres que j’adore comme les Dogs ou Taxi Girl, des groupes qui ont eu moins de succès commercial. Mais pour moi Téléphone, c’est le sommet d’un groupe de rock populaire. Dans les autres groupes il y avait toujours quelque chose qui me dérangeait, Trust par exemple je trouvais qu’il y avait un côté un peu forcé dans les textes genre revendications, qui ne me paraissaient pas tout à fait sincère. Les groupes comme Noir Désir, je m’y reconnaissais moins musicalement ; pareil pour No One Is Innocent. Pour moi, Téléphone, c’est vraiment le rock que j’aime, le rock à l’Anglaise, qui a pour références les Who, les Stones, mais aussi parfois un coté New Wave aux réminiscences d’XTC. C’est un groupe à la base constitué de super musiciens. Bertignac et Aubert sont de super guitaristes. Kolinka est un des meilleurs batteurs français de l’époque. Quant à Corine, elle tient parfaitement son rôle de bassiste, derrière les trois gars. Aubert qui est souvent moqué pour ses textes, quand on les relit, on réalise qu’ils sont très matures et très bien vus. Sauf que c’est vrai, il n’en fait pas des tonnes ; c’est un peu plus subtil que certains auteurs de rock de sa génération. Donc pour moi c’est un peu le groupe parfait. C’est aussi une belle histoire. Ce sont des gamins, ils sont tout jeunes lorsque le succès arrive. Et ils se retrouvent propulsés chez Pathé-Marconi ( L’ancêtre d’EMI : NDR) à bosser en Angleterre, aux États-Unis, au Canada. De bout en bout, c’est une histoire géniale, avec un peu des zones d’ombre derrière quand on connait un peu les dessous. Des problèmes relationnels au sein du groupe. Mais vu de l’extérieur, quand on prend les cinq albums publiés, la carrière, les concerts, tout ce qu’ils ont vécu en dix ans c’est une histoire fabuleuse.

On va revenir aux raisons de ton choix : c’était aussi un magnifique groupe de scène et c’est justement ce qui les a propulsés jusqu’au sommet.

Téléphone est un groupe qui a eu une stratégie très intelligente. Dés le départ, ils ont ce copain qui traine avec eux qui s’appelle François Ravard, qui n’a aucune formation de manager, mais qui est assez visionnaire…

Et casse-couilles…

Comme tout bon manager doit l’être. Du coup, ils lui disent: « François puisque tu aimes venir voir nos concerts, tu n’as qu’à devenir notre manager ». Un peu brieffé par Philippe Constantin, qui va lui donner un peu les recettes du métier, il va devenir un manager efficace, qui va bien défendre leurs intérêts. Donc, au départ, la stratégie de Téléphone c’est de jouer partout. Comme le dit Aubert dans une interview : « Beaucoup de groupes français de l’époque pensent qu’on va venir les chercher, que la maison de disques est magique et va tout faire pour eux. Nous, on savait que personne ne viendrait nous chercher. C’est à toi d’aller chercher les dates. » Et c’est ce que va faire Téléphone ; ils vont se démerder pour jouer partout. Alors, au début, ce sont les MJC de banlieue, puis au fur et à mesure de leur connaissance du circuit des salles, ils vont aller de plus en plus loin en province. Pendant un an ils vont jouer partout. Le bouche-à-oreille va se faire. Ils vont avoir la chance de faire une petite apparition sur FR3 à 17h, parce qu’ils jouaient dans le métro, à la station République. Deux ou trois minutes d’un morceau passent à la télé, et là les maisons de disques commence à réagir.

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D’autant qu’il n’y avait que trois chaines à l’époque !

Au moins deux millions de téléspectateurs les ont vus…

Peut-être plus, car je me souviens que nous avons été virés de l’édition de 18h du JT de TF1 par Francis Bouygues …car nous ne faisions QUE 4 millions d’audiences…ça fait rêver aujourd’hui !

C’était énorme ! Donc les maisons de disques entendent parler du groupe, et ce qui est très fort c’est que ce n’est pas eux qui ont démarché les maisons de disques, mais au contraire les labels qui ont commencé à leur courir après. Tout le monde a envie de les signer, car on sent qu’il y a un buzz. Au départ, ils ne voulaient même pas faire de disque, car ils avaient ce côté antisystème. Ils sont presque révolutionnaires, ils jouent beaucoup dans des fêtes politiques comme pour le journal Rouge. Ils sont très politisés, ils ont un peu la démarche de dire « fuck off les majors, fuck-off les multinationales… »

Ils sont punks avant l’heure…

Oui, punks avant l’heure, et d’ailleurs, ils arrivent en 76, au moment du punk. Et leur premier single est auto-produit, ce qui se fait très peu à l’époque. Il se vend à plusieurs milliers d’exemplaires. À la fin de leurs concerts, ils ont réussi à en écouler 5000…et à ce moment-là lorsque les Pathé-Marconi arrivent, ils peuvent leur demander tout ce qu’ils veulent. Ils sont prêts à accepter n’importe quelles conditions pour pouvoir les signer. C’est ce qui leur permet d’aller enregistrer en Grande-Bretagne avec un producteur Anglais.

Pathé-Marconi…certes, mais il faut parler de Philippe Constantin !

Philippe Constantin s’occupe des éditions Pathé-Marconi/EMI, c’est un très proche de Pink Floyd, avec une vraie sensibilité rock, qui se retrouve dans le showbiz français.

 Il écrit aussi pour la presse rock…

Oui, il est journaliste à Rock & Folk et à BEST, où il tient la rubrique « Courrier des lecteurs » sous le nom de Peter Clafoutis ! Et, parallèlement en tant qu’éditeur, il signe des artistes qui remportent un franc succès, il signe des gens comme Julien Clerc, qui rapportent beaucoup d’argent ce qui lui permet de signer un groupe de rock français et d’essayer d’en faire quelque chose pour une fois. Car jusqu’à présent, tous les groupes français ont été des échecs commerciaux. Il y a eu des petits succès avec Triangle, Variations, Martin Circus. Constantin lui-même n’y croit plus, jusqu’au jour où il va rencontrer Téléphone, Higelin et Starshooter. C’est là qu’on voit que Téléphone est un groupe intelligent. Constantin voulait signer leurs éditions, mais François Ravard a bien senti que l’argent d’un groupe c’est leurs droits d’édition, leurs droits d’auteurs. Donc ils vont garder 100% des droits sans donner à quiconque l’exclusivité. Et c’est avec cet argent qu’ils vont financer leurs tournées en Allemagne, aux États-Unis ou en Angleterre ce que Pathé-Marconi refuse de prendre en charge. C’est d’ailleurs pour cela qu’ils vont quitter Pathé au bout de trois ans, car le label ne fiche rien à l’international.

À leur décharge, un des trucs les plus drôles que j’ai jamais entendus c’est une cassette promo d’un album en anglais de Téléphone où Jean Louis avait un accent pas poss digne de Maurice Chevalier.

Oui, il ne fallait pas essayer de chanter en anglais ! Il fallait tenter de s’imposer en français comme Edith Piaf.

Indochine s’est imposé dans tous les pays scandinaves en chantant en Français, ils auraient dû conserver le français et attaquer le marché internationale en gardant ce côté Rolling Stones hexagonaux.

Aubert était peut-être optimiste, il disait « oui quand les Beatles sont arrivés aux USA, ils avaient l’accent de Liverpool et ça a marché quand même ; nous, on arrive aux États-Unis, on a l’accent français et ça va marcher de la même façon que les Beatles ».

Quand Téléphone jouait à New York, c’était essentiellement pour la communauté des expats français !

Oui, et surtout pour percer là-bas, il ne faut pas faire six dates, mais 400 et y passer des mois, voire des années.

C’est ce qu’a fait justement Paul McGuiness, le manager de U2, à la même époque, en s’installent carrément à NY. Ou Miles Copeland qui a fait de même avec Police !

Je dirai que ce succès international, ils voulaient à tout prix l’avoir, mais ils ne se sont pas donné les moyens de l’avoir, c’est à dire passer tout ton temps à l’étranger ce que Téléphone n’a jamais fait.telephone_telephone_vinyl

Parlons de l’atout majeur de Téléphone : leurs concerts ! C’était incroyable, quels souvenirs conserves-tu de leurs concerts ?

Téléphone a énormément joué sur scène. Ils répétaient aussi beaucoup. Leurs morceaux naissaient souvent de longues jam-sessions. Ce sont des gens qui aimaient beaucoup jouer ensemble. Et sur scène cela se sentait, on sentait une incroyable osmose. Je me rappelle tout particulièrement du concert que l’on voit dans le DVD celui du Palais des Sports en 79 où ils n’ont jamais eu autant de vitalité, où il n’y a jamais eu autant de folie sur scène qu’à cette époque. Ils en sont à leur deuxième album, ça marche à mort et tu sens vraiment le groupe qui vient d’exploser, qui est plein d’énergie et qui est heureux de son succès. Depuis Johnny Hallyday, c’était bien la première fois qu’un groupe français remplissait ainsi le PDS…sauf que Johnny n’était pas un groupe. Tu sens une liberté sur scène, une folie contagieuse. Aubert a un côté Iggy Pop. Il y un morceau intitulé « Vaudou » et là il pose la guitare, il marche sur les mains, il est torse nu…on dirait Iggy.

Il avait la même coiffure qu’Iggy Pop d’ailleurs, à l’époque !

Oui et aussi maigre et athlétique, bien nerveux. À côté de ça, Bertignac impérial qui balance des solos à 100.000 kilomètres au-dessus de la stratosphère.

Sans compter les réactions du public !

Oui, tout le monde connaissait les paroles par cœur et chantait. La grande force de Téléphone c’est qu’ils chantent en Français. Beaucoup de groupes de l’époque chantent en anglais entre guillemets, car c’est plutôt du « yaourt ». Téléphone, ils ont des histoires bien écrites que tout le monde connait par cœur et ce qui est génial quand tu les vois en live, c’est que tout le public chante. C’est une communion, une sorte de grande messe rock and roll.

Le revers de la médaille, c’est que les paroles on les connait, car elles sont simples !

Ce n’est pas si simple que cela. Un bon texte ce sont des slogans. Faut que cela fonctionne sur du rock. Et Aubert a tout de même trouvé une façon de poser le Français sur des rythmiques rock, ce qui n’est pas évident du tout. Et il parvient à faire rythmer le français ce qui est loin d’être évident.

« Un autre monde », qui fut d’ailleurs l’indicatif du Mini-Journal sur TF1, reste vraiment une chanson emblématique pour toute une génération.

« Un autre monde » est presque un texte hippie. Aubert a ce côté 70’s très peace and love. « La bombe humaine »  aussi a ce côté-là.

Bertignac aussi a cet esprit hippie.

Ils viennent de la génération des années 70, ils découlent de mai 68, de Woodstock, et « Un autre monde », c’est  tout ça. Comme beaucoup d’artistes, ils sont en avance de quelques années et « Un autre monde » sera bientôt récupéré par la politique. Aubert écrit « Dure limite » et quelques années plus tard le mur de Berlin tombe. Les artistes sentent des choses comme cela.

Moi, il y a une autre chanson qui m’a un peu déçue à la lumière de la victoire de la gauche c’est « Ex-Robin des bois ». Je pense qu’un groupe comme Téléphone aurait dû prendre position.

Après la victoire de Mitterrand, Higelin et Téléphone jouent place de la Bastille. Et ils voient défiler un certain nombre de personnes qu’ils ne connaissent pas, des ministres ou futurs ministres, des responsables socialistes qui viennent leur serrer la main. Et ils s’aperçoivent que ces gens ne connaissent pas du tout leur musique. Téléphone a peur de se faire récupérer par le PS et va prendre ses distances avec la politique. Ils sont de gauche, mais ne veulent pas être récupérés par un parti en particulier. Le texte de « ex Robin des bois » je trouve qu’il reflète quelque chose de vrai. Prends tous ces militants du PS qui ont espéré pendant vingt ans la victoire et qui un an après se demandent qu’est-ce qu’on fait ? On devient les nouveaux patrons, mais qu’est-ce qu’on a fait de mieux que les anciens ? Il n’y a plus de pouvoir à conquérir. Avant on passait les week-ends à coller des affiches, à rêver justement d’un autre monde. Aujourd’hui cet autre monde on est censés l’avoir gagné. Qu’est-ce qu’on en fait ? Il y a cette désillusion de ces ex-Robins de bois qui se retrouvent sans cause à défendre. C’est cela que raconte la chanson. C’est un regard nostalgique sur leur lutte.

Si tu avais deux chansons de Téléphone à choisir quelles seraient-elles ?

« Fait divers», c’est l’histoire d’une fille prénommée Charlotte qui était la petite amie d’Olive, un copain d’enfance de Jean Louis. Cette fille assiste au premier concert de Téléphone au Centre Américain en 76, ils ne s’appelaient pas encore Téléphone, mais Point d’exclamation. Elle a 14 ou 15 ans à l’époque et tombe amoureuse d’Olive (Le futur Lili Drop : NDR)  qui fait la première partie. Et elle part avec lui. Elle est en rupture avec sa famille, en rupture avec l’école. Elle arrête tout pour suivre Olive de squatt en squatt, de dope en dope. « Fait divers», c’est son histoire à elle.

Et elle a aussi mal fini que dans la chanson?

Je ne crois pas qu’elle ait mal fini, car elle est toujours en vie.

C’est Olive qui y a laissé sa peau.

Oui, il a mal terminé. Triste. L’autre chanson c’est « Seul » sur « Au cœur de la nuit ». En quelques phrases, en quelques couplets Aubert brosse le portrait d’un type qui bosse dans un bureau, dont la vie n’a pas de sens. Il passe ses journées dans un bureau à observer une pendule qui n’avance pas. Son seul moment de liberté c’est 5 minutes pour aller aux toilettes. Là, enfin il est seul, et on lui fiche la paix. Il n’a pas un petit chef sur le dos. Et, je trouve que là, Aubert, dans cette composition, sans sortir les gros slogans syndicalistes à la Bernie Bonvoisin, dit la même chose que dans « Antisocial », mais beaucoup plus subtilement.un_autre_monde

Ce côté entre les lignes toujours à gauche, c’est aussi cela Téléphone !

Corine n’aurait jamais joué avec des musiciens d’extrême droite c’est clair. Eux ils ont cette sensibilité-là parce que c’est leur génération. En plus des gens qui font de la musique ou qui font de l’art dans les années 70 ont cette couleur politique.

L’art de droite était assez peu porteur à l’époque, il faut l’admettre !

Les artistes étaient contre le pouvoir en place et le pouvoir à l’époque c’était Giscard, ce sont les gaullistes, donc on est forcément de l’autre bord, on est de gauche.

Téléphone s’est désintégré au milieu des années 80, mais la légende a perduré avec les carrières solos de Jean Louis et de Louis !

Aubert, dés que le groupe s’arrête, a déjà plein de nouveaux morceaux, car lui voulait absolument faire un nouvel album de Téléphone. Que les autres refusaient d’enregistrer. Il enrôle des musiciens et part sur la route, le bassiste de son ancien groupe Semolina et puis évidemment Richard Kolinka qui le suit. Et il sort tout de suite un 45 tours « Juste une illusion ». Mais avant de capturer l’album, il rode tous les morceaux sur scène, comme il l’avait fait avec Téléphone. Ce sont de petits concerts-surprises, comme avec Téléphone, lorsqu’avant chaque album, ils faisaient une demi-douzaine de concerts dans de petites salles en banlieue parisienne pour tester les morceaux. Il y a quelques entrefilets dans BEST… Cette fois, Aubert a joué à la MJC de Hyères, devant 500 personnes. Il rentre ensuite en studio et enregistre son premier album. Et là, grosse déception, parce qu’il était habitué à vendre 500.000 albums et d’un seul coup Aubert and Ko pour le public c’est juste la moitié du groupe et il ne vend que 70.000 albums. Là, il se rend compte qu’il a du boulot, alors il retrousse ses manches et va partir à la conquête du public.

 Et Bertignac de son côté…

Bertignac a plus de chance, parce que Louis …

 …a un tube, contrairement à Jean Louis, qui a mis du temps avant d’en avoir un !

…voilà, il sort son premier album un an plus tard et il y a « Ces idées-là » et c’est un single qui va se vendre à 400.000 exemplaires. C’est un gros succès en single. À ce moment-là c’est plutôt la carrière de Louis qui se trouve sur une pente ascendante. Mais tout de suite après Jean Louis va enchainer les albums et remporter un succès équivalent à celui de Téléphone.

Le fantasme de voir se reformer Téléphone, pendant des années aura été une sorte de Graal ultime. Cela s’est passé …ou presque. Qu’en penses-tu ?

Il y a une frustration quand des groupes se séparent et que les quatre membres sont toujours…

..vivants …

…vivants ! Que, a priori, ils pourraient rejouer ensemble. Pour les fans, il y a toujours cette envie de les voir se réunir. Et, en même temps, une appréhension lorsqu’ils reviennent trente ans plus tard, ne sont-ils pas rouillés ? La magie sera-t-elle là ? Est-ce qu’ils font ça pour le fric ? Sont-ils sincères ? Et, une fois sur dix cela marche. Et dans le cas des Insus, qui n’est pas exactement une reformation, car déjà ils ont changé de nom. Mais c’est bien le répertoire de Téléphone. Et puis, très symboliquement, on voit sur certains flight-cases sur scène, il est inscrit « Téléphone », donc c’est aussi une indication que c’est une reformation. Et dans leur cas cela a marché, car on sent qu’ils prennent un pied énorme à rejouer ces morceaux, car même si on aime leurs carrières solos respectives, les grands morceaux sont bien ceux qu’ils ont créés au sein de Téléphone ensemble. Comme on peut adorer les carrières de Lennon et de McCartney, rien n’égalera jamais les Fab Four. Et pour téléphone c’est pareil. On était frustrés de ne plus entendre ces morceaux en live, et là avec les Insus on se prend deux heures durant un « Best of » de Téléphone et c’est génial. On ne se demande pas si c’est bien ou pas qu’ils se soient retrouvés, on s’éclate pendant deux heures sans se poser de questions.

TelephoneUn petit mot sur Corine ?

La fête n’est pas complète, car Corine n’est pas là.

Et pourquoi Corine n’est-elle pas là ?

Parce que Corine visiblement s’est engueulée très très fort et très très violemment avec Aubert voici quelques années, lorsque déjà des re-formations étaient dans l’air. Elle donne son avis, car le groupe pour elle est quelque chose d’égalitaire, de démocratique et Aubert lui a balancé « tu n’es que la bassiste » et c’est le clash pour Corine, car ce qu’elle ne veut pas être c’est que la bassiste. Non elle est un membre du groupe à part entière et elle ne va pas se taire. À partir de là, il n’y a pas de dialogue possible. Depuis, Aubert est devenu une star et s’il refait Téléphone ou les Insus il est clair que c’est Aubert le leader qui établit la set-list etc…  Ce n’est pas un fonctionnement démocratique comme le rêverait Corine.

Et comme elle est entière !

… comme elle est entière, elle a dit non !

Juridiquement, elle avait le pouvoir de les empêcher d’utiliser le nom « Téléphone » ?

Alors ça…je ne crois pas, parce qu’Aubert a déposé à l’INPI le nom de Téléphone, donc je ne vois pas comment Corine pourrait lui interdire de l’utiliser.

Donc c’est juste par respect…

De la part des trois autres, dans la mesure où il manque un membre, par respect pour ce membre qui n’est pas avec eux. De prendre un autre nom, en sachant très bien que le public voyant se réunir Kolinka, Bertignac et Aubert sait très bien de quoi il s’agit. Et puis il y a la blague sur Insus et portables, téléphone portable, on tourne autour du mot « Téléphone ». Moi j’ai toujours trouvé nul ce nom Insus ou Insuportables, il n’empêche qu’ils ont réussi sur scène à attirer plus de monde que Téléphone à l’époque. Mais les salles ne sont pas du tout les mêmes qu’alors.« 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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