FAUDA

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FAUDA 

Six ans après la diffusion de HATUFIM, la série israélienne déclinée internationalement en HOMELAND, une nouvelle série originaire de ce petit pays du Proche-Orient cartonne, c’est FAUDA, littéralement chaos en arabe, qui dépeint la vie d’une unité d’élite de l’armée chargée d’infiltrer undercover les territoires palestiniens pour prévenir les attaques terroristes. Vu à travers son prisme humain, FAUDA nous dépeint des deux côtés, juif et arabe,  la vie de ces hommes et de ces femmes qui luttent pour leurs convictions, mais dont le quotidien est également empli d’amours et de trahisons. Inspirée d’une histoire vraie, FAUDA se révèle absolument époustouflante.

 

FAUDA« Il faut boycotter FAUDA ! » telle est en substance la missive parvenue à la direction de Netflix et expédiée par le BDS, le mouvement qui milite en faveur du boycott d’Israël, et qui juge intolérable que la chaine poursuive sa diffusion de cette série israélienne. Immédiatement, une pétition a été signée par plus de 50 producteurs et réalisateurs de l’industrie cinématographique pour prendre la défense de FAUDA et saluer sa « représentation nuancée des problèmes liés au conflit israélo-palestinien ». Manifestement, le boycott de FAUDA n’est pas à l’ordre du jour, puisque sa seconde saison sera diffusée en décembre prochain…et qu’une troisième semble déjà être dans les tuyaux. Le buzz autour de FAUDA rappelle une autre série, HATUFIM, qui s’attachait à l’histoire de prisonniers de guerre hébreux, de retour au pays après des années de détention, et la suspision que l’un d’entre eux ait été « retourné » par l’ennemi. Gideon Raff, le show-runner s’était inspiré de sa propre expérience au sein de Tashal, comme de la longue détention du soldat Gilad Shalit, puis de son retour au pays, en échange de nombreuxde prisonniers palestiniens. La suite, vous la connaissez. C’est une parfaite success-story, où Raff parvient à coproduire lui-même l’adaptation US de sa série, qui devient HOMELAND et dont la 7éme saison est actuellement diffusée aux USA. Dans la foulée, mais toujours fidèle à son Moyen-Orient, Gideon Raff enchaine les séries. D’abord TYRANT ( voir sur Gonzomusic https://gonzomusic.fr/tyrant.html ), bluffante série inspirée d’une dictature en mix de Khadafi et d’Assad et également DIG ( voir sur Gonzomusic https://gonzomusic.fr/le-createur-de-homeland-sort-dig-sa-troisieme-serie-et-va-tourner-un-film-sur-la-sortie-dethiopie-des-falashas.html ) sorte de « Da Vinci Code », un thriller mystico-religieux complotiste projeté dans les ruelles ancestrales de la vieille ville de Jérusalem. Cependant HATUFIM, avant de se voir adapté, avait dû passer par une diffusion israélienne. Cette fois, FAUDA brûle les étapes, en étant directement sélectionné, dans sa version dialogues hébreux et arabes, directement sans adaptation, pour une diffusion planétaire sur Netflix.

Comme si souvent hélas au Moyen-Orient, la tragédie se superpose à la catastropheDoron undercover

 

Lior raz et Avi Issacharoff, les deux « show runners » se sont eux aussi servi de leur propre histoire commune, durant leur service militaire au sein de l’unité d’élite Duvdevan. Ces commandos, parfaitement bilingues, opèrent déguisés en palestiniens, pour recueillir du renseignement, procéder à des arrestations et mener d’autres opérations couvertes par le secret défense. Duvdevan compte, pour les spécialistes, parmi les meilleures unités en matière de contre-terrorisme. Lior et Avi ont projeté leur propre expérience pour créer FAUDA. Cependant, la force de cette série repose moins sur l’action que sur ses personnages où les deux parties sont dépeintes de manière absolument symétrique. Et c’est troublant. Coté israélien, Doron le personnage central a quitté l’armée après un dernier fait d’armes, l’élimination d’un super terroriste surnommé « la Panthère », responsable par ses attentats de la mort de 116 civils israéliens. Doron Kavillio ( interprété par Lior Raz lui-même qui est excellent) s’est reconverti dans la culture des vignes. Il veut produire son vin. Marié à Gali, dont le frère appartient à la même unité d’élite baptisé Mista’arvim…où elle a  aussi un amant commando, Naor. Côté palestinien, Taufiq Hammed (Hishan Sulliman, fameux acteur arabe israèlien), alias Abou Ahmad et surnommé « la Panthère », le terroriste en chef du Hamas a été enterré. Et pourtant il réapparait, bien vivant, pour assister au mariage de son petit frère Bashir . Nassrin, son épouse joue donc les veuves depuis plus d’un an. Ils ont un fils qui se prénomme Ahmad. Alertés, les Israéliens décident de prendre le risque d’intervenir, au milieu cette fête familiale. Doron voit débarquer Mickey Moreno, son ex-boss, qui lui propose de reprendre du service pour participer à l’opération et finir le job; il accepte d’en faire partie. Vous vous en doutez, comme si souvent hélas au Moyen-Orient, la tragédie se superpose à la catastrophe. L’opération tourne mal. Le fiancé, le petit frère de Taufiq  trouve la mort, tandis que ce dernier poursuivi par Doron est blessé. Il parvient néanmoins à s’échapper avec l’aide du jeune Walid Al Abed, son adjoint qu’il considère comme son fils. Amal la jeune veuve de Bashir décide alors de se venger en décidant de devenir « martyr ». Avec ses dialogues en hébreu et en arabe, sa vision objective et équilibrée du conflit lui donne une dimension incroyablement humaine. Frères jumeaux ennemis, Taufiq et Doron sont les deux faces d’un même visage. FAUDA trouve le parfait équilibre entre l’action et les sentiments, tellement « en même temps » que son scénario aurait pu être écrit par les idéologues de La République en Marche…bon là, je rigole ! En tout cas, vu le succès déjà remporté par FAUDA, on peut parier que sa version made in USA est déjà dans les tuyaux.

Diffusion de la saison 02 sur Netflix depuis mai 2018

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