BLONDIE : « Pollinator »

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 Blondie

 

C’est le 11éme projet de la formation new-yorkaise, près de 40 années après leur tout premier LP éponyme, et c’est comme si l’empreinte du temps n’avait eu aucun effet sur le rock de Blondie. Et si ce « Pollinator » parait bien plus sexy que les trois derniers CD du groupe de Debbie Harry et de Chris Stein, c’est que cette fois nos bons vieux punkies de la Grosse Pomme ont choisi de se faire aider par les plus iconoclastes parmi leurs collègues, souvent British d’ailleurs, à l’instar du vétéran Johnny Marr ou de la jeune British délurée Charli XCX. Bref, vous l’aurez compris, ce « Pollinator » pollinisateur n’a pas fini de joyeusement nous polliniser les feuilles de chou.

 

 

Blondie-PollinatorDès le tout premier titre, le flamboyant « Doom or Destiny », on peut dire que  Blondie frappe fort en conviant leur collègue en pure punkitude 70’s Joan Jett, la chanteuse des mythiques Runaways – une des toutes premières stars, avec Tom Waits et Joey & Dee Dee Ramone, rencontrées au motel des rockers de LA, le Tropicana Motel sur Santa Monica, et qui m’a sans doute donné envie de devenir rock-critic pour vivre à la « Almost Famous » ( qui n’avait pas encore été tourné) cette année 1977- à entonner avec eux ce quasi-remake de « Atomic ». Entrainant et puissant, insouciant et troublant « Doom or Destiny » résume en deux mots toute la philosophie de la légende rock : vaincre ou périr, en ce qui concerne Blondie, la question ne se pose plus depuis très longtemps. « Long Time », co-signée par le rapper anglais Dev Hynes, alias Blood Orange, aux insouciantes réminiscences de « Heart of Glass » est aussi fun qu’énergique, voire carrément espiègle, comme si notre chère Debbie Harry s’était offert une sacrée cure de jouvence. Suit « Fun », lequel comme son nom l’indique, est aussi joyeux qu’insouciant, derrière lequel on retrouve Dave Sitek, le guitariste de TV on the Radio, une des valeurs sures de ce nouvel album. Plus rock, la composition de monsieur Smith, alias Johnny Marr, « My Monster » pulse sur ses vagues de synthés énergiques modèle classique Blondie tel « Denis » ou carrément « Call Me ». Et l’on se demande si l’ex-spadassin des Smiths ne s’est pas évertué à faire plus Blondie que Blondie.

L’éternelle jeune chanteuse de 71 printemps

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Plus contestable, Chris et Debbie ont succombé en fashion-victims à la mode de l’insupportable Sia. Mauvaise pioche, son « Best Day Ever » se retrouve tout en bas de la liste de mes titres favoris du CD. Inversement « Gravity » se laisse porter par la jeunesse candide de la pop star ado british Charli XCX pour décoller et s’arracher, avec la plus grande insouciance, à l’attraction terrestre. Composée par le clavier guitariste de Blondie Matt Katz-Bohen ( tout comme « Already Naked ») « Too Much » offre à Debbie Harry de pétiller de malice et de légèreté, un rôle qui sied parfaitement à l’éternelle jeune chanteuse de 71 printemps. Enfin, ce vibrant album s’achève sur « Fragments », qui démarre comme une mélancolique balade amoureuse. Elle est signée d’Adam Johnson, un musicien de Minneapolis et se métamorphose en tragique et énergique love song. Mais, avec Blondie, lorsque c’est fini ce n’est jamais complètement fini, preuve cet étrange titre « fantôme » au bout du bout du CD intitulé « Tonight » où l’on retrouve l’ex Mrs Lou Reed, Laurie Anderson. Fort de ses 12 compositions, « Pollinator » est sans doute la meilleure surprise que nous ait réservée Blondie depuis bien des lustres. Welcome back Lady Debbie ! Néanmoins, une question existentielle me taraude: si Pauline a tort…a-t-elle tout le temps tort ? 😉

 

 

 

 

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