BLAXPLOITATION Episode Two: les toiles noires de nos nuits blanches !

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radioraheem in "Do The Right Thing"

Du hip hop militant de Public Enemy au speed-rap contemporain de “Taxi 2”. Après les années dorées de la “blaxploitation”, les films noirs et les musiques qui les portent vont connaître leur traversée du désert. Mais au cinéma comme au fond du sillon, la révolution passera par le rap et sa culture urbaine. Flash-back intégral, voici le second épisode non censuré des amours incestueux entre le cinéma et la musique noire.

Au virage des 80’s, à NY City, un frisson neuf déboule de la rue. Lentement mais sûrement de Grand Master Flash à Run DMC en passant par LL Cool J, le rap s’empare des têtes et des coeurs avec son look basket/baseball cap. Et Hollywood, toujours à l’affût d’un bon coup, tente d’abord de récupérer le genre en le détournant sur le mode fun. Mais contrairement à l’époque dorée de “Shaft”, le score ne sera plus jamais confié intégralement à un seul artiste. Dés 86 on voit ainsi réalisé le léger “I’m Gonna Get You Sucka” où Curtis Mayfield revisite son “Superfly” en duo avec les énervés de Fishbone. On y vibre aussi sur le fulgurant KRS-One, mais il faudra attendre le tournant des 90’s pour retrouver enfin une totale synchronicité entre l’image et le son avec “Do The Right Thing” et son fameux réalisateur “afrocentriste” Spike Lee. Puissant, punché, musclé, body buildé, le “Fight The Power” de Public Enemy explose comme une bombe de groove. Pourtant, ses B.O suivantes comme “Mo better Blues” seront nettement plus axées sur le jazz. "Do The Right Thing"

Bad  black boys

“Boyz in the Hood” et “New Jack City” marquent en 91 l’avènement d’un nouveau cinéma noir, puissant, mature et né pour percuter la légende. Dix ans après les séquences rapologiques de Ice T, Guy ou Color Me Badd n’ont pas pris une ride. Les héros du film Ice T, Chris Rock, Wesley Snipes ou Mario Van Peebles sont toutes des stars actuelles du Box Office. Mais le rap et le ciné n’entretiennent-ils pas des rapports incestueux?

Un an plus tard, le film des frères Hughes “Menace II Society” révèlera le flow puissant de MC Eight et des Brand Nubians. LL Cool J est aussi vedette d’une série TV “In Da House” et d’un sacré paquet de films. De même, son collègue Will Smith, l’ex Fresh Prince du duo DJ Jazzy Jeff & The Fresh Prince, est devenu “The Prince Of Bel Air” chaque semaine à la télé…avant de cartonner au ciné avec “Independance Day”, “Men In Black” ou “Wild Wild West”…pour rebondir en simultanée au pays doré des charts et exploser les hits parades de ses tubes tels que…”Men In Black” ou “Wild Wild West” . Will a de la suite dans les idées et cela lui réussit! Tout comme 2PAC Shakur qui décrochera son premier rôle au ciné dans “Poetic Justice” aux côtés de Janet Jackson. Poetic JusticeEt s’il ne place aucun de ses titres sur cette B.O, notre rappeur se rattrapera très largement sur les suivantes-toutes sur le label Death Row de Surge Knight- comme “Above The Rim” (94)- qui révélera Warren G avec son méga hit “Regulate”-, puis “Gang Related” et “Gridlock’d” en 97…tous deux publiés après l’assassinat du rapper californien. La totalité de ces films est rythmée par les explosions des guns et un déferlement de la violence rendue possible par l’usage répété des effets spéciaux. Au crépuscule des 90’s avec “Bad Boys”, “New Jersey Drive”, “High School High”, “Friday”, “Belly”, Panther” et tant d’autres, la “blaxploitation” version “gansta rap” redevient un phénomène de masse. Même Buggs Bunny se met au hip hop avec la B.O de “Space Jam” dont le méga-hit signé R Kelly “I Believe I Can Fly” s’envole sur toutes les charts de la planète. De même, le blockbuster fun “The Nutty Professor” révèlera le style coolé de Montell Jordan- futur king du “hip hop soul” avec “I Like”.

 

En France…

 

 

En France, les B.O black ne sont pas légions, mais il faut citer l’excellent “La haine” de Mathieu Kassovitz en 95 où l’on retrouve en rafales rapologiques le dernier titre jamais enregistré par le Ministère Amer “Sacrifice de poulet” -qui déclencha à l’époque une sacrée polémique-, IAM, Solaar, Raggasonic, les Sages Poétes de la Rue, la Cliqua, Sté… Trois ans plus tard, composée par le posse marseillais de IAM, la bande originale de “Taxi” cartonne autant que le film qu’elle sait si bien rythmer à fond la caisse avec la Fonky Family, 3 éme Oeil, Freeman, Mafia Underground, Def Bond….et en 2000, son successeur à succès “Taxi 2” enregistrée par le collectif One Shot composé de Faf Larage, de Daddy Nuttea et quelques autres suit la même voie/voix pavée d’or noir tandis qu’Akhenaton signe la réalisation comme la musique de son premier long métrage. Décidément jamais le grand écran et la blackitude n’avaient fait aussi bon ménage.La Haine

 

À suivre…

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