Au revoir mon ami Ed Ward légendaire music-lover

Ed WardAvant d’être un des plus grands critiques musicaux US, Ed Ward était surtout mon ami depuis les 80’.s Bien avant le « Summer of Love », il est un des fondateurs du mag Crawdaddy avant de devenir l’un des tout premiers rédac chefs de Rolling Stone. Après un passage à Creem, basé à Austin il continue à explorer le rock pour la presse locale. Les lecteurs se souviendront de lui pour ses passionnants « The History of Rock & Roll », moi je n’oublierai jamais Ed. On l’a retrouvé sans vie lundi chez lui à Austin où il était décédé depuis quelques jours. On ignore les causes de sa mort.

Ed Ward & David Bowie

Ed Ward & David Bowie

On s’était rencontré à Austin au début des 80’s lorsque j’avais débarqué en ville pour interviewer Joe King Carrasco rencontré au Palace durant le Son of Stiff tour pour mon tout premier BEST ( Voir dans Gonzomusic https://gonzomusic.fr/embedded-in-the-son-of-stiff-tour-80.html et aussi  https://gonzomusic.fr/joe-king-carrasco-is-live-in-paris.html ) . Je ne parviens plus à me souvenir si c’est Joe King ou son manager Joe Nick Patoski qui nous ont présentés, mais je me revois encore débarquer pour la première fois dans la petite maison de bois qu’occupait Ed Ward dans un quartier tranquille d’Austin. Je me souviens du vieux fauteuil défoncé où je me suis posé, il était entouré de murs recouverts de rangés de vinyles. Aller chez Ed, c’était un peu visiter la discothèque de Radio France !  Mais l’essentiel résidait surtout dans les histoires qu’il pouvait raconter de sa voix si retentissante. Ed Ward était un conteur né et on pouvait l’écouter des heures retracer l’Histoire du rock rythmée de son énorme rire. Une Histoire qu’il connaissait pour l’avoir vécue de l’intérieur. À 74 ans, Ed était de sept ans mon ainé, toute une génération. Il était déjà journaliste lorsque le Summer of Love puis Woodstock ont changé à jamais la face du rock. Si Ed était un type adorable dans la vie, le critique en lui pouvait être parfois aussi tranchant que le fil de la guillotine. De Crawdaddy  au Austin Statesman en passant par Rolling Stone et Creem, Ed aura posé sa signature dans les mags les plus prestigieux, offrant on expertise éclectique aussi bien sur la soul que la musique électronique et surtout sur ce blues qu’il avait passé tant d’années à investiguer. Cependant, à la fin des années 80, Ed va quitter Austin pour aller vivre à Berlin où il devient également critique gastronomique. Mon pote était fou de cuisine mexicaine.

Ed Ward Je le revois ce jour d’été débarquer chez moi à Paris. Il arrivait tout droit d’Austin et dans sa valise il avait apporté tout ce qu’il fallait pour préparer des enchiladas : les galettes de maïs, les sauces et autres ingrédients, il ne manquait que le poulet que je suis allé chercher chez le boucher. Observer Ed cuisiner c’était comme dans un film, à la fois concentré et agité, il s’activait  dans tous les sens dans ma cuisine, tel un sorcier inca, pour nous préparer son mexican dinner sous les yeux de mes gamins éberlués. En 1987, Ward a aussi contribué à fonder le fameux festival South by Southwest, la conférence musicale d’Austin qui allait devenir l’un des plus importants rassemblements annuels de musiciens, d’écrivains et de représentants de l’industrie. Lorsqu’il a cessé d’écrire pour la presse, Ed a assuré de fameuses émissions de radio et a aussi publié de précieux ouvrages sur la musique, dont une bio de Michael Bloomfield le guitariste du Paul Butterfield Blues Band et surtout les deux premiers volumes de son ambitieux « The History of Rock & Roll », le Vol 1 : 1920- 1963 et le Vol 2 : 1964-1977.

Ed Ward Hélas le Vol 3 sur lequel il travaillait encore, et où il comptait aborder « le punk, le disco, MTV, le rap, le grunge et d’autres genres » ne paraitra jamais. Après Berlin, Ed avait à ma plus grande surprise posé ses valises à Montpellier, sans doute attiré par notre art culinaire. Si Ed détestait quelque chose au monde, c’était qu’on le qualifie de « rock critic » : « Je regrette d’être mis dans le même sac que les rock critics », disait-il, « car ce terme absout les médias et les autres journalistes de vous prendre au sérieux, et je proteste chaque fois que quelqu’un l’utilise sur moi. » Ed Ward a été retrouvé mort chez lui lundi à Austin à l’âge de 72 ans. Il semblerait qu’il soit décédé depuis plusieurs jours déjà. Arrêt cardiaque ? COVID ? On ignore encore à cette heure les causes de sa mort. Pour moi le départ d’un tel précieux compagnon de rock est une immense tristesse. Bonne route vers les cieux mon ami… C U when I get there …

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