ANDERSON .PAAK « Oxnard »

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Après « Venice » (2014) puis « Malibu » (2016) voici enfin « Oxnard » la troisième plage de LA qui boucle cette « beach trilogy » du surdoué Anderson.Paak. Et franchement ce retour à sa ville natale et au classic groove californien sied parfaitement au rapper cool de 32 ans qui n‘oublie jamais de mettre l’imagination au pouvoir pour nous scotcher de son flow lumineux. Et pour passer l’hiver, c’est sûr que les palmiers d’Oxnard sont bien plus festifs que la grisaille hexagonale. Cet album est un petit .Paak pour l’homme, mais surtout un grand .Paak pour l’humanité !

 

OxnardC’est le bon Dr Dre qui nous l’avait révélé, le mettant en vedette sur son « Campton » de 2015. Et lorsqu’il a un poulain dans la peau, Dre ne lâche pas l’affaire. La preuve, le voici à nouveau aux commandes de cet « Oxnard » subjuguant boosté par la présence d’une brochette de joyeux et fameux hip hoppeurs, des plus connus tels Snoop, Dre himself, Pusha T, J Cole, Q Tip ou son alter-ego surdoué de Compton, et benjamin d’un an, Kendrick Lamar, aux excitants seconds couteaux comme Kahdja Bonet, Norelle ou BJ the Chicago Kid. Old school, funk nostalgique, Anderson. Paak prouve avec « Oxnard » que c’est toujours dans les vieux pots que l’on fait les meilleures soupes…même si le chef cuistot est un jeunot…sur lequel Gonzomusic a deja craqué ( Voir sur Gonzomusic https://gonzomusic.fr/anderson-paak-malibu.html et aussi https://gonzomusic.fr/anderson-paaka-star-is-born.html ) La preuve ce « The Chase » qui ouvre l’album en mode glorieux blaxloitation entre « Shaft » d’Isaac Hayes et « Superfly » de Curtis Mayfield. Le titre est boosté par la voix acidulée et la psychedelic soul de Kadhja Bonet et par des flutes en cool retour vers le futur des 70’s. Toujours aussi funky, Anderson .Paak poursuit son offensive en mode Soul Train avec l’irrésistible « Headlow », pulsé de la manière la plus nonchalante en compagnie de la vocaliste de Cleveland, Norelle. Et comme dans la distribution d’une superproduction, la prochaine guest star n’est autre que l’alter-ego de Compton, son quasi frère jumeau Kendrick Lamar, pour un truc groovy à deux, puissant comme un tube de Pharrell Williams. « Tints » est un hit en forme de superhéros de la blackitude agitée qui ne manquera pas se hisser aux plus hauts sommets des charts à l’instar d’un « All the Stars » d’un certain…Lamar Kendricks. Electrochoqué déjanté « Who R U ? » se décline ne version schizo tandis que la suivante « 6 Summers » est largement portée par l’imagination du bon docteur Dre.

Un petit .Paak pour l’homme, mais surtout un grand .Paak pour l’humanitéanderson-paak

Back to Africa, rythmiquement parlant, pour l’afro-coréen-américain sur le beat de « Saviers Road ». Clavier chaleureux comme celui de Stevie Wonder sur « Songs In the Key Of Life », « Smile/Petty » et ses chœurs scandent toute leur tendresse pour nous offrir son cocon sonique où il est si bon de se réfugier. Mais après cet intermède, retour à l’action avec l’offensive « Mansa Musa » opérée conjointement avec Dre qui balance comme un palpitant match de boxe, un soir de championnat à Las Vegas. Du lourd. Aux côtés de Pusha T, Anderson.Paak  renoue avec le mode classic funk, sur la climatique « Brother’s Keeper », taillée comme un épisode de série télé qui nous surprend si agréablement sur son final soul aux confins de Bobby Womack. Sans doute un des titres les plus cruciaux de cet album. Autre invité de marque dans ce casting doré, voici Snoop Dogg lui-même et son inimitable flow trainant, comme une bagnole en cruising sur Sunset blvd un samedi soir. « Anywhere » porte admirablement son nom, preuve que sur un tel beat, on suivrait cet animal de Snoop jusqu’au bout du monde. Retour d’un héros de la rap culture, soudain la voix de Q Tip monte dans les cuivres de « Cheers ». Quel bonheur de retrouver le héros de A Tribe Called Quest dans cette composition délicate et tendre, si joyeusement mélancolique. « Cheers » pari gagné sur l’émotion donne tout simplement envie de…sourire 😉 . La version bonus de l’album compte deux titres de plus « Sweet Chick » et surtout l’agitée du bocal « Left To Right » où l’on reconnait également la griffe de Dr Dre. En un mot comme un seul, et pour paraphraser Neil Armstrong, « Oxnard » est non seulement un petit .Paak pour l’homme, mais surtout un grand .Paak pour l’humanité. Alors, juste un conseil…partez dès à présent bronzer sur les plages d’ « Oxnard ».

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