A LA MAISON BLANCHE (THE WEST WING)

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Durant toute la présidence à la dérive droitière Républicaine de George W.Bush, dans un univers parallèle et cathodique, un Président Démocrate et éclairé défend avec humanisme la Constitution des Etats-Unis. A la Maison Blanche (the West Wing), la première série de politique fiction se distingue par son souci du détail. En sept saisons de diff sur NBC, West Wing  (A la Maison Blanche) sera récompensé d’une pluie de Grammys bien mérités.

 

Pourquoi ?

Ecrite par Aaron Sorkin, West Wing éclaire, pour la première fois dans une série télé, les backstages et les arcanes du pouvoir politique US en success story unanime. Inspiré par le magazine George, lancé dans les années 80 par feu John Kennedy Jr, qui avait choisi de traiter le politique américaine sous l’angle neuf du glamour et du star system, West Wing offre un regard de voyeur inédit sur tout ce qui conduit à une décision politique. Le poids des conseillers, celui des lobbies, les secrets des réunions, toute cette petite cuisine à laquelle nous n’assistons jamais, se retrouve ainsi dévoilée. Sans oublier le facteur humain, émotionnel et forcément parfois irrationnel qui pèse pourtant à chaque fois.

 

La saga

Pour nous tenir en haleine durant sept années consécutives the West Wing a bénéficié de solides fondations posées par son géniteur : Aaron Sorkin. Et si ce dernier, pour cause de dissensions avec le diffuseur, quittera son navire amiral après la 4éme saison, jusqu’au bout, sa marque de fabrique reste indissociable du succès remporté par cette série d’un genre inédit : le sit-com politique. Sorkin s’y est préparé des années durant, d’abord en tant que scénariste des films de Rob Reiner « Des hommes d’honneur (A few good men) » et surtout « Le Président et Miss Wade (The American Président) » dont le coté « behind the scene » lui inspirera la volonté de décliner ce « voyeurisme » au sommet sous forme de chronique quotidienne. Au delà de la simple coïncidence, Martin Sheen qui incarne le Président Josiah « Jed » Bartlet, jouait déjà le « chief of staff » (entre nos Premiers Ministres et Directeurs de Cabinet) du Président/ Michael Douglas du film de Rob Reiner en 95. De la même manière, Bradley Whitford, qui incarne Josh Lyman l’un des conseillers du Président puis le Chief of Staff de son successeur Matt Santos (Jimmy Smit) , reviendra dans sa série suivante (inédite en France) Studio 60 on the Sunset Strip, sous les traits du Producer Danny Tripp. Sorkin cultive ce sens de la fidélité. C’est aussi cet esprit famille qui distingue West Wing des autres séries. Et aussi quelques trouvailles comme le « walk and talk », ces dialogues dans les corridors de la Maison Blanche capturés au steadycam qui deviennent sa signature. Comme un prolongement des années Clinton, West Wing va aussi s’attacher à refléter et à régler de manière alternative les crises de l’ère Bush. Ainsi 9/11 est il abordé par une parabole sur une attaque terroriste sur le Golden Gate Bridge, le génocide Rwandais devient celui d’un pays imaginaire le Kundu Equatorial. Même l’affaire Valerie Plane, cet espion de la CIA dont l’identité révélée par l’administration Bush avait causé scandale est ici abordé, comme le nucléaire iranien ou le conflit du Moyen Orient. Mais la politique de Bartlet est à des années lumières de celle de Bush. Dans le dernier épisode de la 7éme saison diffusé en mai 2006, un jeune latino démocrate Matt Santos lui succède, préfigurant déjà un Obama. Détail troublant, il coopte son principal adversaire pour devenir Secretary of State, Ministre des affaires étrangères…comme Obama choisira de nommer Hillary Clinton en janvier 2009 : qui a dit que Sorkin n’était pas un visionnaire !

 

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Scoops en série

Avant Martin Sheen dans le rôle du Président démocrate, Sorkin avait déjà en 99 envisagé de choisir un Président black avec Sidney Poitier.

Chaque épisode aura couté 6 millions de dollars. Les acteurs principaux touchaient 75.000$ par épisode. A l’exception de Rob Lowe qui incarne Sam Seaborn, le responsable de la com au cachet de 100.000$ et de Martin Sheen qui émargeait à 300.000$.

Dee Dee Myers, ex-porte-parole de la Maison Blanche sous Clinton était consultante sur la série.

Gerald, Ford, Jimmy Carter et Bill Clinton étaient des fans affirmés de West Wing.

Le 14 décembre 2002, deux ans après avoir perdu les élections contre Bush, pour les besoins du show Saturday Night Live, Al Gore fait une hilarante apparition sur le plateau de West Wing. Installé au bureau présidentiel parmi les stars de la série , dans le décor du Bureau Ovale, il demande à John Spencer (dont c’est le dernier rôle à la télé) le chef de Cabinet de Bartlet de lui dire : l’Etat major vous attend, Monsieur le Président !. On voit ensuite Gore décrocher le téléphone et lancer : passez moi Poutine….et si bien dans son fauteuil présidentiel qu’il refuse de quitter le plateau !

West Wing sera si culte qu’une série va même la cloner : Commander in Chief où Geena Davis incarne l’hypothèse d’une femme Président des USA lorsque tous pariaient encore sur Hillary Clinton, une hypothèse réactivée pour 2016 avec la campagne « Ready For Hillary ».

Si le  scénario d’Aaron Sorkin, The Social Network réalisé par David Fincher a fait un véritable carton au ciné , les séries qui ont suivi comme « Studio 60 on Sunset Street » ( décalqué des dessous du fameux show « Saturday Night Live ») et « The Newsroom » (inspiré par CNN) n’ont hélas pas trouvé leur audience. Sorkin travaille aujourd’hui à un projet de film biopic sur le fondateur d’Apple, Steve Jobs. En attendant, quel plaisir de retrouver en DVD cette « Maison Blanche » idéale présidée par le charismatique Jed Bartlet (Martin Sheen au top de son art)

 

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