ERIC CLAPTON LIFE IN 12 BARS

Clapton by ©Bob GruenIl sort sur grands écrans mercredi prochain et c’est sans doute l’un des documentaires à caractère musical le plus poignant qu’il m’ait été donné de visionner depuis SUGAR MAN. Réalisé par Lili Fini Zanuck ( Miss Daisy et son chauffeur), ERIC CLAPTON LIFE IN 12 BARS embrasse l’extraordinaire, mais aussi chaotique carrière de celui qu’aucuns considèrent comme le plus grand guitariste du monde. Avec d’incroyables documents inédits et l’ingénieux parti-pris de faire parler Clapton en off pour illustrer son propos de précieuses photographies, ce film particulièrement émotionnel éclaire la vie du chanteur de « Layla » comme jamais, un « must see » à ne louper à aucun prix…au risque de devoir patienter jusqu’à sa sortie vidéo 😉

CLAPTON- LIFE IN 12 BARSNon. Trois fois non. Douze fois non, contrairement à ce que son titre ERIC CLAPTON LIFE IN 12 BARS pourrait présager, le brillant guitariste n’a pas passé sa vie à écluser dans 12 bars, même s’il a du en fréquenter un paquet bien plus colossal hélas tout au long de sa bouillante carrière. Pourtant, dans le film réalisé par la veuve du producteur Richard D.Zanuck ( Miss Daisy et son chauffeur), sans pudeur aucune, Eric Clapton aborde très largement ses multiples addictions et au premier chef l’alcool et l’héroïne qui ont longtemps accompagné son quotidien. Un quotidien particulièrement agité, et, au premier chef, musicalement. Imaginez entre le moment où il rejoint les Yardbirds en octobre 1963 et son premier LP solo enfin assumé sous son nom en 1970, le guitariste de Ripley dans le Surrey aura été membre de CINQ GROUPES MAJEURS de l’histoire du rock, un record jamais égalé par quiconque. Des Yardbirds aux John Mayall Blues Breakers il se passe seulement deux ans. Puis Eric Clapton embrasse définitivement la gloire avec son power-trio Cream en 1966. Et soudain les murs de Londres sont recouverts d’un fameux slogan qui proclame « Clapton Is God ! » ( Clapton c’est Dieu !). Carrément. Porté par les foules enthousiastes qui assistent à ses concerts, Clapton conquiert aussi l’Amérique par le seul pouvoir de sa guitare. En seulement 28 mois, Cream devient un phénomène planétaire…avant de se désintégrer avec un 33 tours cyniquement baptisé « Goodbye ».

Clapton by©Barrie Wentzell

À la fin des sixties, après sa participation au « White album » des Beatle, Clapton mettra son extraordinaire pouvoir guitaristique au service de George Harrison, participant de la manière la plus active à son triple LP « All Things Must Pass ». Cependant si l’on se doutait que la complicité entre les deux hommes ne se limitait pas à la musique, dans ERIC CLAPTON  LIFE IN 12 BARS on réalise toute l’importance cruciale d’une femme entre eux. Pattie Boyd, alias madame George Harrison…dont il est secrètement follement amoureux. Inaccessible, puisque c’est la femme de son meilleur ami, Pattie devient une obsession constante qu’il tente vainement de juguler dans la horse. Pourtant, cette tragédie humaine aura sur lui un extraordinaire impact artistique avec la naissance de Derek and the Dominos, où il assumé enfin son statut de lead singer. Mais si Derek/Eric semble évident pour Clapton, les fans s’égarent avec ce pseudo. Sauf que…dans « Layla and Other Assorted Love Songs » il y a… « Layla », titre emblématique inspiré d’une poésie perse et succès instantané.

©Pattie Boyd

©Pattie Boyd

On découvre dans le film de Lili Zanuck qu’en fait Layla c’était Pattie et que tout l’album n’est qu’une longue ode amoureuse hantée par la femme de son pote…qu’il ne peut posséder. Clapton plonge de plus en plus profond dans la blanche. Finalement, quelques années plus tard, il parvient enfin à séduire Pattie Boyd et change son addiction d’épaule en remplaçant l’héro par l’alcool. Au tournant des 70’s il publie enfin ses premiers solos dont le légendaire « 461 Ocean Boulevard » propulsé par sa version du « I Shot the Sherif » de Marley. La tournée qui suit est un peu une roulette russe, certains soirs Clapton est totalement ivre mort et à moitié incapable de jouer, parfois il tient le coup et c’est brillant comme ce concert magique auquel j’ai assisté l’été de mes 18 ans au Forum de Long Beach à LA.

Clapton by ©Joel Axelrad

Clapton by ©Joel Axelrad

De plus en plus paumé, le guitariste s’abandonne inexorablement à la boisson n’échappant au suicide uniquement  parce qu’il ne pourrait plus boire une fois mort. Pattie finit par le quitter, la boisson reste. Finalement Eric va trouver sa Rédemption dans l’amour et enfin décrocher. Mais, malgré le succès, la tragédie l’attend toujours en embuscade, avec la mort de son petit garçon Conor défenestré à l’âge de 4 ans et demi de l’appartement familial de Manhattan. Clapton composera alors l’une de ses plus belles chansons « Tears In Heaven », le moment où l’on ne peut s’empêcher de verser une larme dans cet élégant film documentaire aussi poignant que réussi. ERIC CLAPTON  LIFE IN 12 BARS sort mercredi en salles c’est assez rare pour un film rock pour ne pas vouloir rater un tel évènement.

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