ET SI FREEMAN VINES ÉTAIT OSCARISÉ ?

Freeman VinesC’est l’histoire d’un homme, l’histoire d’un artiste, une histoire qui m’a juste bouleversé. Son nom est Freeman Vines et s’il n’est plus hélas parmi nous, son œuvre devrait lui survivre à jamais avec cet incroyable court métrage documentaire qui lui est consacré, désormais en lice pour l’Oscar de sa catégorie. Car l’artiste musicien luthier ne s’est pas contenté d’orfévrer toute sa vie d’hallucinantes guitares, qu’il s’est toujours refusé à vendre, c’est surtout dans le choix du matériau qu’il su sublimer son art en choisissant exclusivement de travailler des bois issus d’arbres qui ont servi à lyncher de jeunes noirs, souvent totalement innocents des prétendus crimes sexuels envers des blanches dont on les accusait. Suspense jusqu’au 15 mars prochain.

Freeman Vines« En 2013, j’ai croisé Freeman Vines pour la première fois dans son jardin, situé au milieu d’immenses champs dans la campagne de l’est de la Caroline du Nord. Quand je lui ai demandé ce qu’il faisait, il m’a répondu : « Je travaille sur des guitares Hanging Tree. », raconte Tim Duffy le fondateur de Music Maker Relief Foundation ( Voir sur Gonzomusic https://gonzomusic.fr/?s=Music+Maker+Relief+Foundation ) qui poursuit : « J’ai immédiatement compris que j’avais découvert un véritable artiste contemporain méconnu qui devrait être accueilli à bras ouverts sur la scène internationale ».

Après cette rencontre, Freeman parvient à convaincre la Music Maker Relief Foundation de monter un Music Maker Studios, chez lui à Fountain, en Caroline du Nord. Son rêve était de créer un lieu de retraite créatif où d’autres artistes pourraient se concentrer sur leur art, tout comme Music Maker lui avait donné la chance de le faire. Il les a donc incités à acheter et à aménager trois locaux dans le centre-ville de Fountain : un studio d’enregistrement, un studio photo et son atelier.

Freeman VinesFreeman aura eu la chance d’assister à cinq sessions d’enregistrement au Music Maker Studios et d’apparaître dans cet incroyable film avant de succomber à un cancer au printemps dernier. 150 de ses guitares ont trouvé leur place définitive dans le studio. Elles continuent d’attirer des talents incroyables ; ses guitares ont été utilisées dans tous les morceaux de tous les albums enregistrés dans le studio jusqu’à présent. Le film qui lui est consacré et qui porte son nom FREEMAN VINES, réalisé par André Robert Lee et Tim Kirkman, est désormais en lice pour décrocher un Oscar. Et il m’a juste remué les tripes.

Freeman Vines« First thing to build a guitar would be that piece of wood….that would be the first stage ( La première chose à faire pour construire une guitare, c’est de se procurer ce morceau de bois… ce serait la première étape), Freeman  marmonne plus qu’il ne parle tout en mâchouillant son éternel cigare.nMais il ne vend jamais ses guitares car l’argent ne compte pas à ses yeux. À Fountain, Caroline du Nord on découvre ces hallucinantes guitares, au look presque vaudou, crées de toute pièce par un vieil homme en fauteuil roulant, mais un vieil homme habité par une force incommensurable : une telle passion du son ! Et de la justice, car il les a baptisé « Hanging trees instruments »… preuve de l’ ncroyable force politique de l’œuvre.

Freeman VinesCar la plus sombre histoire avec ce bois appartenant à un arbre sur lequel un jeune noir Oliver Moore a été lynché par une foule de blancs en 1930 pour avoir prétendument agressé sexuellement une jeune fille blanche… prétendument et 200 racistes ont assisté à son assassinat. Le doc nous ramène précisément là où le jeune homme a été pendu. Et l’émotion nous serre la gorge. Puis on découvre Alice Vine,s sa sœur pasteur qui chante a capella un gospel à ses côtés et cette simplicité sublime ne peut laisser quiconque indifférent.Freeman Vines s’est éteint paisiblement le 13 mars 2025 durant le montage final du film. Il aura continué à fabriquer ses guitares jusqu’à la fin. Pour que l’on n’oublie jamais.

 

FREEMAN VINESFreeman Vines

 

Réalisé par Tim Kirkman et André Robert Lee

Produit par Gill Holland

Producteurs exécutifs : Tim Duffy, David A. Jones Jr., Celia Aniskovich, Duncan Lindsay

Directeur de la photographie : Ethan Payne

Montage : Ethan Payne

Musique et conception sonore : Gresham Cash

Mastering son : Joel Hatstat

Chef électricien : Lee Garmon

Assistant monteur : Eli Eisenstein

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