71 printemps et un jeune Neil toujours aussi young

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Neil Young @AHA 2

Tandis que son nouvel album live « Earth » sort aujourd’hui, hier soir à Bercy ( j’ai un peu de mal à faire de la pub gratuite au groupe Accor…sans le mien, parce qu’il possède désormais le droit de rebaptiser les lieux le Mes-couilles Hotel Arena) à 71 printemps le jeune Neil nous prouvait, durant plus de deux heures et de la manière la plus cinglante, qu’il demeurait incontestablement…young à jamais !

Neil youngSi à l’extérieur rien n’a vraiment changé, dès qu’on pénètre dans Bercy on voit bien que les lieux ont été résolument rafraichis. En plus de la nouvelle déco et des coups de peintures, un escalier mécanique ultra-speed « guerre des étoiles » permet désormais d’accéder aux différentes travées. Normal, avec le vieillissement du public et l’inflation incroyable du prix des places à minimum 100€, les vieux privilégiés forment désormais le noyau dur des spectateurs et le AHA (lol !) tient à leur faciliter la vie. De même, une jolie boutique en dur « à l’américaine » a remplacé le pauvre stand pourave de T-shirts et autres objets siglés au nom de l’artiste. De même, coté boissons, on vous propose désormais du Chablis frais ou du champagne Moët et Chandon pour accompagner un petit plat Thaï ou une salade fraicheur très chic. Autres temps…autres mœurs ! Mais pour découvrir la réelle nouveauté des lieux, il faut d’abord poser ses fesses sur les nouveaux fauteuils qui remplacent désormais les vieux sièges plastoques et casse-culs de l’ex-POPB. Pas mal. Mais pour le « music-lover » le meilleur reste à venir : le son. Certes, Neil Young a toujours fait en sorte de nous offrir le meilleur son possible, mais là c’est clair comme du cristal de roche…un son vertigineux et d’une incroyable pureté résonne dans cette coque de béton rénovée.

« Old Man »Neil Young

D’autant plus que le « loner » entame le set en « intro solo » où il enchaine quelques merveilles « After The Gold Rush », « Heart of Gold » et l’émotionnelle hymne anti-dope « The Needle and the Damage Done ». On découvre également la chanson-titre résolument écolo du nouvel album: « Earth (Natural Anthem) ». D’ailleurs, durant le concert, Neil Young qui aura eu l’occasion de traverser notre pays durant sa longue tournée hexagonale, prend le temps de vanter la beauté de notre campagne française dont il juge la nature si bien préservée. Il nous félicitera même d’avoir su conserver intact un si bel héritage. Sacré Neil ! L’an passé, il publiait son 36 éme album « Monsanto Years » épaulé par une nouvelle et jeune formation Promise of the Real,, lequel comme son nom l’indique, tient toutes ses promesses d’authenticité. C’est le groupe de Micah et de Lukas, les fils du vétéran et « best buddy » de Young, ce vieux renard de Willie Nelson. C’est dire si le loner les pratique depuis leurs premières couche-culottes. Et cette belle et ancienne complicité a de fortes répercussions  positives sur scène.  C’est sur le classique « Out On the Weekend » que démarre ce set électrique et l’on se dit que Neil Young n’a jamais aussi bien sonné depuis…Crosby, Stills, Nash & Young. Carrément. Enfoncés les Pearl Jam. Et même les légendaires Crazy Horse, Promise of the Real tient décidément toutes ses promesses…et au-delà. En écoutant « Old Man », je ne peux m’empêcher de flash-backer jusqu’en 82. Ce 16 septembre, Neil donne son second show parisien, après celui de 1976, dans le cadre étrange de l’ile de Saint-Germain. Ce jour-là, Christian Lebrun, mon rédacteur en chef de BEST m’accompagnait. Lui et moi étions littéralement électrisés par le set destroy de Neil Young, qui désarçonnait, pour notre plus grand plaisir, tous les vieux babas qui réclamaient leur « Heart of Gold » à corps et à cris lorsque le Young leur secouait les tripes d’un « Cortez the Killer » ou pire d’un « My My, Hey Hey ». Ce soir-là, il nous faisait également découvrir l’inédit rageur « Like An Inca ». Qui a dit que le jeune Neil n’avait pas de la suite dans les idées car, 34 ans plus tard, il la jouera encore à Paris en en rappel, et je ne peux alors m’empêcher de penser très fort à Christian, car je sais que là où il est, il nous observe et sourit.

« Rockin’ the Free World »Neil_Young

Le moment le plus surprenant de tout le show, c’est lorsque Lukas Nelson s’installe face au piano pour nous interpréter « La vie en rose », qui nous fait bien entendu tous craquer en souvenir du Bataclan et des victimes des attentats de Paris car c’est un peu devenu leur chanson ! D’autres moments de pure bravoure se succèderont ce soir sur la scène du AHA, comme cette version imparable de « Alabama », celle-là même qui avait déclenché l’ire des Lynyrd Skynyrd qui avaient agressivement répliqué à Neil Young par leur « Sweet Home Alabama. ». Obscures à l’instar de « Western Hero » ou de « After the Garden » ou hits avérés tels « If I Could Have Her Tonight » ou la sublime « Everybody Knows This Is Nowhere », chaque chanson offre un vrai moment de bonheur. Ce show simplement monumental, où même les fausses notes ont toute leur place, semble filer à la vitesse de la lumière. Et lorsque le concert s’achève bien trop tôt sur un insurgé « Rockin’ the Free World »- que l’infect Trump a tenté de lui voler pour ouvrir ses haineux meetings -, la salle entière reste debout durant les très longues minutes d’une standing-ovation, pour une fois largement méritée et non dévoyée, comme sur un pauvre plateau de télé. Pour le rappel, Young et ses gamins ont choisi un titre particulièrement obscur extrait du critiqué « Trans » : le désormais fameux « Like an Inca »… et même cette sombre composition fait ardemment le job, achevant ce concert d’exception au so  d’enfer qui va me laisser longtemps des étoiles briller au fond des yeux.  Du coup le nom de la tournée « Rebel content tour » prend même tout son sens en français: plus il est rebelle, plus on est content. Merci au jeune Neil et à ses fringants nouveaux potes…en attendant d’écouter leur « Earth »…et de vous en parler après l’avoir exploré, bien sûr 😉 !

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