WOODKID « S16 »

WoodkidAvec un nom qui évoque celui d’un sous-marin ou d’un avion de chasse, après près de 7 années d’attente, il n’est guère surprenant que « S16 », le nouveau et attendu deuxième album de Woodkid, soit un vertigineux champs de bataille émotionnel capable d’arracher les simples mortels que nous sommes à cette bien trop pesante attraction terrestre, un album aussi puissant et  spectaculaire qu’un blockbuster d’(Holly)Wood (kid) 🤩

Nous n’avons pas oublié son « The Golden Age », hanté par une electro-pop aussi subjugante que climatique ( Voir sur Gonzomusic    https://gonzomusic.fr/woodkid-le-bois-dont-on-fait-les-heros.html ), qui nous avait tant séduits avec son incroyable « The Golden Age »  de 013 hanté par la quête de sa propre identité. Pour un artiste aussi jeune et autant « multicarte », excellant à la fois dans les domaines de la vidéo, de l’art, de la mode et de la musique électronique, 7 années écoulées sont une éternité. Mais cette longue attente n’aura pas été vaine, la preuve par ce « S16 » qui tire son titre de la formule chimique du soufre. Et qui dit soufre, dit aussi… souffrance, et ce n’est donc pas un hasard si ce nouvel album parait en pleine pandémie planétaire, car sous sa pochette si sombre, ces 11 compositions sont effectivement placées sous le signe de la résilience. Capturé entre les studios Abbey Road de Londres, Berlin, Paris, Los Angeles et l’Islande, « S16 » portés par ses somptueux arrangements de cordes et de cuivres laisse la part belle aux chœurs angéliques de la chorale du Suginami Junior Chorus de Tokyo. Certes, coté hits ce retour du « garçon de bois » semble de prime abord moins richement doté que son illustre prédécesseur, fort de ses « Run Boy Run », « I Love You » ou la chanson-titre « The Golden Age », mais ne vous y trompez pas si le surdoué Yoann Lemoine avait choisi la voie de la facilité, cela se saurait. C’est justement toute la force de ce « S16 » capable de défricher tant de nouveaux horizons. Dés le premier titre, le colossal « Goliath », Woodkid fait résonner ses percus si distinctives sur ses élégantes séquences synthétiques avant de nous submerger d’un véritable océan de cordes sur une puissante vague mélancolique.

WoodkidUne vague qui se poursuit avec l’évanescente « In Your Likeness », portée par un orchestre à mille cordes dont la délicatesse ultime me rappelle les plus riches heures du « Days of Future Past » des Moody Blues, comme la grandiloquence d’un Procol Harum… mais dans l’intention et sans une once de nostalgie rétro. Le « garçon de bois », me fait aussi penser parfois aux albums solos de David Gilmour, comme sur ce titre « Pale Yellow » qui sait à la fois se montrer si planant comme il parvient à nous faire frissonner. Car c’est bien d’émotion dont il s’agit avec cette musique et c’est justement parce que Yoann Lemoine est un artiste à fleur de peau que son alias sait se montrer si touchant comme sur cet « Enemy » à la lenteur cotonneuse d’une intense chute de neige. Plus speed, plus électrochoqué « Highway 27 » rappelle son ancêtre le spectaculaire « Run Boy Run ». Mais c’est avec « Reactor » qu’il parvient le plus à nous surprendre, sur ce dialogue sonique mené avec cette magnifique chorale enfantine. De même avec « Shift » où sa voix monte bien plus haut encore qu’à l’accoutumée, évoquant  presque Antony and the Johnsons ou Asaf Avidan. Aussi fragile que superbe. Puis on découvre une surprenante influence de notre vieux poète feuj, Leonard Cohen, sur le parlé-chanté « So Handsome Hello ». Après la discrète et délicate « Horizons Into Battlegrounds », cet étrange et séduisant album s’achève en apothéose sur « Minus Sixty-One » qui marque le retour des chœurs d’enfants pour un final carrément cinématographique. Cependant, pour pleinement en apprécier toute la subtilité, il faut alors remettre une pièce dans la machine et repartir aussi vite à la (re)découverte de cette entêtante œuvre d’art digne d’Hollywood(kid) 👏🏼

 

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