THE SPARKS « Hippopotamus »

Partager

sparks

 

Après l’aventure mashed-up FFS (Franz Ferdinand + Sparks) éxotique de l’an passé, les frangins Ron et Russell Mael reviennent, avec cet « Hippopotamus », à la formule de base qui a fait tout le succés des Sparks depuis l’aube des 70’s : du rock, de la mélodie, de la grandiloquence, de l’imagination et surtout ce petit grain de folie qui distingue le groupe légendaire de LA de toutes les autres formations. Et avec ce 23 éme album-studio on peut dire que les Sparks nous ont gâtés….

 

hippo-LPDès le premier titre, le baroque « Life With the Macbeths », la voix haute de Russell monte à l’assaut, percutant la stratosphère. Puissant comme un chœur de cathédrale du Moyen-âge, porté par des instruments à vents et à cordes, aussi classiques qu’émotionnels ces Macbeths-là nous font traverser le temps. Avec « A Little Bit Like Fun », on renoue avec la légèreté dont les Sparks ont toujours su nous abreuver depuis leur mythique « This Town Ain’t Big Enough ». Ici on retrouve toute la facétie de « Hasta Manana Monsieur », par exemple, plongée dans un jacuzzi vocal d’harmonies imparables pour un des titres-choc du CD. Plus on avance dans l’exploration de ce nouveau Sparks, plus il apparait que Ron et Russell ont abattu un boulot énorme pour nous livrer ce qui constitue sans doute l’album le plus solide du duo depuis longtemps. Ainsi, « The Amazing Mister Repeat » « at your service …again » ( Mr se répète…à nouveau à votre service) au-delà de l’humour, plonge vers le kripto-opéra dont les Sparks savent si bien nous régaler. Bien sûr, on songe à leur CD-opéra précédent de 2009 « The Seduction of Ingmar Bergman », mais cet « The Amazing Mister Repeat » pousse encore plus loin le joyeux bouchon du délire. Si l’on pouvait encore douter de l’amour que les frères Mael portent à notre pays, il suffit d’écouter la givrée « When You’re A French Director » pour se convaincre de leur inébranlable francophilie. Le titre démarre sur des dialogues en Français, puis un accordéon bien ringard nous ramène à la France rétro dans années 60, un peu à la manière du légendaire « One Night in Paris » de 10cc. « When you’re a french director, it seems la vie est belle » (en Français dans le texte) sur un air de java, bien entendu. Portée par cette « nouvelle vague », la chanson se révèle aussi irrésistible que succulente.

Un des albums les plus marquants de cette année 2017

sparks-hippopotamus-new-album-2017-world-tour-dates

Dans cette galerie de portraits allumés, l’entêtante « So Tell Me Mrs Lincoln Aside From That How Was the Play » se distingue particulièrement: car il faut être VRAIMENT givré pour imaginer demander à la veuve de Lincoln assassiné au théâtre par John Booth  comment « en faisant abstraction de tout ça »  elle avait trouvé la pièce à laquelle elle assistait avec son mari, « Our American Cousin ( Notre Cousin d’Amérique) » de Tom Taylor. Un autre voyage dans le temps nous entraine dans un lent fox-trot total Belle Époque avec la craquante « I Wish You Were Fun ». Autre compo, autre ambiance avec le joyeux « Bummer » (galère) où la voix assurée de Russell prouve qu’elle n’a pas pris la moindre ride au fil des ans. Ce qui transparait dans cet album c’est la puissance imparable de l’humour dont sont capable de faire preuve ce groupe qui décidément ne ressemble à aucun autre au monde. La chanson-titre « Hippopotamus », fatalement Sparks, nous plonge à nouveau dans cet esprit opéra-comique qu’ils pratiquent avec art. À la fois irrésistible et spirituelle « What the Hell Is It This Time ? » se révèle comme la digne descendante de leurs hits passés. Ode à Ikea ?  Sans doute, car « Scandinavian Design » chante les louanges des meubles nordiques en pure poésie apocryphe. Retour à notre culture française avec la romantique « Édith Piaf (Said It Better Than Me) », un des titres les plus puissants de cette délicieuse galette sonique. Qui d’autre à part Ron Russell aurait assez d’audace pour composer une ode à la « position du missionnaire » ? « Missionary Position » est, au niveau vocal, texte et mélodique, tout simplement grandiose. Enfin, ce superbe projet s’achève sur la cool piano voix « Probably Nothing » qui se révèle aussi simple qu’émotionnelle. Bref, il faut se rendre à l’évidence, et c’est un spécialiste des Sparks depuis 71 qui vous le garantit : cet « Hippopotamus » justifie totalement son titre, car il est énorme. Avec lui, Ron et Russell nous offrent à coup sûr un des albums les plus marquants de cette année 2017…welcome back my brothers !

 

 

 

Vous aimerez aussi...

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *