THE PALE FOUNTAINS : « …From Across the Kitchen Table »

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THE PALE FOUNTAINS : « …From Across the Kitchen Table »Voici très exactement trente ans sortait « …From Across the Kitchen Table » des Pale Fountains, groupe de Liverpool-another one ?- aussi génial que méconnu qui n’a pas laissé du temps au temps d’éroder son incroyable pouvoir juvénile. Flash back…

 

Michael Head, The Pale Fountains, Liverpool 1980En deux extraordinaires albums, le groupe de Michael Head n’a sans doute pas ravagé le « Top of the Pops », mais trois décennies plus tard, son rock à la limpide pureté continue à couler comme les torrents des montagnes. Né en 81, désintégré en 87, il nous reste des Pale Fountains ce précieux « …From Across the Kitchen Table » comme un témoignage d’un temps reculé où la naïveté était un atout majeur. Head tentera bien de monter un nouveau groupe, Shack avec son frère John Head en second guitariste, mais la sauce ne prendra pas. En 2006, les Head sont de retour signés par le label monté par les frères Gallagher. Shack donne encore quelques concerts, tandis que Michael Head poursuit un obscur projet solo sous le patronyme Michael Head & the Red Elastic Band…un long chemin parcouru à travers cette fameuse table de cuisine….

 Voici la chronique de « …From Across the Kitchen Table » pour BEST en mars 1985.

 PALE FOUNTAINS

« … From Across The Kitchen Table »

Force de conviction, innocence, évanescence, romantisme, quels qualificatifs accoler aux Pale Fountains ? Lorsque j’ai rencontré Michael Head, voici plus de trois ans, le vieux (!!!) critique rock endurci a succombé une fois pour toutes. Passion instantanée, c’est plus fort que moi. Aussi pourquoi le nier, à quoi bon résister, la musique des Pale Fountains est un aller simple vers l’univers préservé où les héros de Dickens, d’Andersen, de Perrault, d’Enid Blyton ou de Walt Disney font d’interminables parties de cache-cache. On peut toujours nier le choc de la réalité, mais le meilleur moyen de l’éviter reste le plongeon dans l’utopie, ce déclic qui vous fait basculer du quotidien à l’innocence.

Attention, ne nous mélangeons pas la confiture, Michael Head n’est ni demeuré, ni fada Dans sa tête, il ressemble au héros du « Tambour». Ce refus de grandir, de partager l’incroyable inertie des adultes, donne aux Pale Fountains une pigmentation pastel, qui déteint sur la musique. Juvénile, « ..• Across The Kitchen Table» fait pourtant preuve d’une extraordinaire maturité comparé à son prédécesseur « Pacific Street». Plus abouti, plus tranché, plus puissant, le son des Pale Fountains démontre l’assimilation d’un fameux héritage rock. La pop des Beatles, mais aussi les guitares des Byrds, le côté trouvère d’Elliott Murphy, Donovan, les accords du country blues et tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le juke-box sans jamais oser le demander. « … From Across The Kitchen Table» c’est aussi across the Atlantic, un pont de liane de trois mille bornes où les sèches guitares anglaises de Mick Head rejoignent celles de REM ou de Violent Femmes.Michael Head, The Pale Fountains, Liverpool 1980

Accrochez-vous à la voix du petit Head. Un cri « Yeah», et le titre « Shelter» lance l’album. Force vive et impulsive, les chœurs de « You Can’t Always Get What You Want» – si ! – se mêlent à ceux de « Mister Tambourine Man» et pourtant ça reste 110% du Pale Fountains. Les titres remarquables ne manquent pas, notamment pour les ballades, les love-songs comme « Stole the Love» ou « These are the Things ». Je craque sur le title track « Across the Kitchen Table» ainsi que sur bien d’autres.

Halte aux faux rêveurs! Head et ses Pale Fountains offrent une émotion vraie. Laissez tomber Lloyd « Cold» et ses Commotions, ce haddock fumé de Morrissey et ses Smiths et tous leurs semblables, plongez donc dans ces Fontaines de jouvence enchantées.

 

Publié dans le numéro 200 de BEST daté de mars 1985

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