THE LIBERTINES : « Anthems For Doomed Youth »

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THE LIBERTINES 2015

Près de douze années se sont écoulées et les Libertines renouent avec leur rock rugueux, comme si rien ne s’était passé ou presque. « Anthems For Doomed Youth », ces hymnes à la jeunesse sacrifiée portent bien leur titre. Hélas, comme le courant ne remonte jamais les rivières, on ne rattrape pas le temps perdu, tel est la morale du retour de ces fils prodiges du rock British.

THE LIBERTINES : « Anthems For Doomed Youth »Jagger et Richards, Daltrey et Townshend, Plant et Page, Strummer et Jones, Doherty et Bârat…le rock anglais s’est souvent construit sur cet éternel antagonisme entre chanteur-leader et guitariste surdoué. Un antagonisme parfois extrêmement destructeur, comme chez les Libertines, justement, lorsque Pete Doherty s’est immergé dans la dope au point de devenir tout simplement ingérable, le groupe n’a pas survécu. Et ce ne sont ni les Babyshambles ni les Dirty Pretty Things qui ont pu nous faire oublier l’énergie brouillon et pourtant si efficace des Libertines. Plus de dix ans après, les frères ennemis remettent le couvert. Bârat et le reste du groupe ont retrouvé Doherty en Thaïlande qui suivait une nécessaire cure de désintoxication. Ils ont mis leurs vieilles rancune sous le tapis et sont parvenus à se rabibocher. Et blam…ils ont enregistré sur place ce nouvel album, avec la complicité de Jake Gosling…qui signait la prod de One Direction et d’Ed Sheeran. Quel rapport avec la choucroute, me direz-vous ? Aucun, bien entendu. Mais ne jetons pas la pierre à Jake, s’il n’est certes pas Mick Jones du Clash, qui signait la réalisation des deux premiers Libertines, franchement il ne s’en tire pas si mal.

 

Hymnes à la jeunesse sacrifiée

Les douze titres du CD ont incontestablement le « son » Libertines, ce mélange d’arrogance cockney et de chansons à boire dans la grande tradition des Clash, des Jams et des Damned comme ce « Barbarians » volontairement viril qui ouvre l’album. Premier single « Gunga Din » sur le thème des démons de l’addiction et de la dépression, un terrain de connaissance pour Doherty, est assez efficace avec son petit coté néo-reggae Clash. « Anthem for the Doomed Youth », la chanson-titre, embaume la bière et l’atmosphère des pubs en balade pure cockney style. « You’re the most messed up motherfucker I know… » ( t’es le putain de mec le plus dérangé que je connaisse) chante Doherty sur ce titre sarcastique à la Blur. « Iceman » compte parmi les réussites de l’album, slow mid-tempo qui s’achève sur le sac et le ressac d’une plage thaïlandais. « Heart of The Matter » documente la totale improbabilité de leurs retrouvailles, plus d’une décennie plus tard. « Fury of Chonburi » réveille les fantômes des Pistols et des Damned, lorsque speederie rimait avec beuverie. Enfin, « Glasgow  Coma Scale Blues » se révèle comme la composition la plus originale, avec son énergie speed-glam-punky-rétro-fun carrément bordélique. Si cet « Anthems For Doomed Youth » n’est pas à proprement parler indispensable, il ravira néanmoins tous les nostalgiques de ces années passées lorsque le rock pouvait tout à loisir se draper dans l’Union Jack for Queen and country. Quant aux autres, ma foi, ils jugeront sans doute ces retrouvailles carrément superflues…but it’s only rock and roll !

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