THE HOUSEMARTINS : « London 0 Hull 4 »

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Voici 30 ans dans BEST, GBD craquait sur la pop militante d’un petit groupe de Hull, un petit port situé dans un estuaire du Yorkshire à l’est de l’Angleterre : les sémillants Housemartin, menés par un certain Norman Cook, plus connu désormais sous son fameux pseudo de Fat Boy Slim. Retour vers le futur de la glorieuse pop british avec cet album inaugural des Housemartins au titre sarcastique de « London 0 Hull 4 ».

 

THE HOUSEMARTINS : « London 0 Hull 4 »En ce temps-là, cet été 1986, il était juste Norman Cook. Avec son collègue Paul Heaton, ils étaient tous deux les Lennon-McCartney des Housemartins.  Une formation aussi pop que militante dans ces terribles années Thatcher. Hélas après deux LPs seulement,  ce « London 0 Hull 4 » en 86 et le non moins excellent « The People Who Grinned Themselves to Death » en 87, les Housemartins se désintègrent. Heaton fonde les sucrés glacés Beautiful South, tandis que Norman le filou lance les Beats International qui décrochent un succès immédiat , se classant directement numéro un des charts, avec leur premier simple « Dub Be Good to Me». Hélas, plus créateur que businessman, Cook utilise au moins trois samples dont le ‘I’ll Be Good to You » de SOS Band, le « Guns of Brixton » des Clash et le célébrissime thème de « Il était une fois dans l’ouest » de Ennio Morricone, se retrouvant ainsi à devoir plus de royalties qu’il n‘en engrangeait. Échaudé, Cook, va ensuite monter un groupe funk, Freak Power qui sort son premier CD en 94, porté par le cool post-hippie hit « Turn On, Tune In, Cop Out ». Mais Cook se sent de plus en plus attiré par cette musique électro qui commence à  émerger. Il crée alors son personnage de Pizzaman, et sort un album de cette house-music qui commence à agiter l’Angleterre puis le reste du Monde. Deux ans plus tard, en 96, Norman Cook adopte finalement son nouveau pseudo de Fatboy Slim , décrochant son premier hit sur un sample rock de « My Generation » des Who. Mais en septembre 1986, dans BEST Cook était à l’aube de sa fulgurante carrière et je craquais sur les harmonies militantes des Housemartins. Flash-back ensoleillé  avec cet album dont le sous-titre était l’ambitieux « 16 songs 17 hits » !

 

Publié dans le numéro 218 de BESThousemartins

Clash, the Style Council, the Special, the Redskins et maintenant the, Housemartins, le rock anglais a toujours balancé plus haut et plus fort que les tuiles de son Parlement. L’étincelle de la révolte flotte dans les venues, comme l’Union Jack sur les édifices. Ras le bol, ras la crise, ras le job, sans tomber dans le spleen et les côtés désincarnées de la cold wave, des groupes comme les Housemartins parviennent à concilier mélodies et textes coups de poing.

« Depuis trop longtemps, la classe dirigeante a pu jouir d’un éternel banquet de Nouvel An. Nous on nous a juste le droit de dévorer des yeux, le visage pressé contre la vitrine. Les Housemartins vous disent: inutile de défoncer la porte pour débouler dans une party pleine de banquiers. Incendiez plutôt toute la baraque! »

Sans être inféodés à un parti comme les Redskins, les Housemartins sont aussi bien moins speeds et nettement plus pop. Comme Squeeze, ils ont ce sens inné de l’harmonie capable de déclencher bien des palpitations cardiaques. Les Housemartins s’offrent ainsi quelques incursions du côté du R and B et de la soul, prouvant ainsi que le ciel anglais reste bien black. Dotés d’un incontestable sens de l’humour, ils revendiquent leur provincialisme dans un militantisme romantique et bagarreur. Marx, Jesus et l’Espoir, dialectique rock, sans sacrifier la dérision, Hull bat Londres à plate couture par 4-0 dans ce premier LP manifestement doué.

 

Publié dans le numéro 218 de BEST daté de septembre 1986best-218-small

 

 

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