STORMZY KING OF BRITISH RAP

StrormzyRévélé voici quatre ans par son imparable « Shut Up », porté par son inimitable accent cockney, rhabillé par Banksy, aussi populaire en Angleterre que philanthrope, Stormzy, de son vrai nom Michael Ebenazer Kwadjo Omari Owuo junior  est un phénomène qui s’affiche à 26 ans en « une » du prestigieux Time magazine, preuve que la tempête Stormzy n’a, semble-t-il, pas fini de souffler !

StrormzyPar Karina DABROWSKI

Stormzy, jeune rappeur britannique s’offre carrément la une du dernier Time Magazine, Sur son compte Instagram, il réagit à la vue du superbe portrait qui lui est consacré : ‘’one of those ‘’how the fuck did the man get here …moments’’ ( « Un de ces moments « comment ce type y-est-il arrivé? »… modeste, le garçon ! Gamin de la banlieue sud de Londres, il constitue d’après Time Mag, cette nouvelle génération pionnière d’un monde à venir, aux côtés d’une Greta Thunberg. Il faut dire qu’au Royaume-Uni il remporte un succès énorme:  premier artiste solo noir au dernier festival de Glastonbury, il portait cet emblématique et néanmoins provoc gilet pare-balles conçu pour lui par Banksy , aux couleurs de l’Union Jack, mais en version ‘two tones » noir et blanc, suggérant qu’être noir c’est aussi être une cible à abattre. Ambassadeur du grime, genre musical énergique émergeant des quartiers du Londres multiculturel au début 2000, qui sonne comme une espèce d’urgence et d’énergie frénétique. En duo avec Ed Sheeran ‘’Take me back to London’’ au top des charts pendant 5 semaines, il récolte également une rafale d’Awards ces 2 dernières années. Succès, célébrité, reconnaissance, au point où un comité parlementaire du gouvernement britannique annonce, dans un rapport officiel, que le grime, peu connu aux USA, est un genre musical britannique très prometteur à l’export.

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Mais Stormzy ne s’arrête pas là. Car il est aussi philanthrope, un homme particulièrement impliqué dans la collectivité. Il lance ainsi Merky Books, pour aider à la publication de nouveaux auteurs britanniques noirs qui sont confrontés à un manque de reconnaissance.Mais aussi et surtout il lance son programme Stormzy Scholarship, pour financer la scolarité d’étudiants noirs, dans la prestigieuse université de Cambridge, lui qui a grandi à Croydon, quartier populaire de la banlieue sud-ouest de Londres . Beaucoup de temps passé à s’imprégner de la culture hip-hop et rap  en regardant la défunte Channel U , et , ce qui n’a pas échappé aux médias britanniques, à accumuler aussi les très bons résultats scolaires. Il explique qu’il y a toujours un décalage de jugement sur les jeunes noirs avec la culture de la rue comme base et le génie académique qu’ils peuvent avoir en eux. Pour la 2ème année, Stormzy finance entièrement la scolarité de 2 étudiants noirs admis à Cambridge, université fondée en 1209, la plus ancienne au monde après Oxford, et d’où sont issus pas moins de 118 prix Nobel. Les étudiants n’ont pas à rembourser leur bienfaiteur pendant leurs 4 années d’étude. Sur l’année universitaire 2019-2020, le budget est de 20.600€.Strormzy

Généreux Stormzy s’explique: « il y a tellement de jeunes blacks dans le pays qui ont le niveau pour entrer à Cambridge, mais qui n’y ont pas accès. Il y a de nombreux exemples de réussites universitaires dans la minorité noire. J’espère que ce programme peut encourager les jeunes à se donner une chance pour étudier dans une des meilleures universités du monde, et si l’argent est un problème, alors on peut mettre des solutions en place et se donner les moyens. »Cette année, ce sont 91 étudiants noirs qui ont été admis, soit 50% de plus par rapporte à l’an dernier grâce au programme de Stormzy, qui ne finance que 2 étudiants par an sur 4 ans, mais qui a généré une véritable impulsion de la part de candidats potentiels. Cambridge annonce cette année un record du nombre d’inscriptions d’étudiants noirs, sans pour autant avoir assoupli les critères d’excellence et d’exigence au travail.

« L’idée d’être un modèle ou un leader ou quoi que ce soit d’autre est beaucoup trop lourd à porter et trop énorme pour moi, » a déclaré Stormzy, « Je suis très loin d’être parfait et j’apprends encore à être l’homme que je dois être, mais au milieu de tout ce chaos et ces jongleries qu’il faut gérer pour être un homme et tenter de devenir un surhomme, j’ai un but. C’est ce qui m’a guidé jusque là. »

À 20 ans, Stormzy travaillait sur une plate-forme pétrolière dans le port de Southampton. Mais dans sa tête, il y avait d’abord la musique. Il écrivait ses paroles de chanson sur des post-its avant de décider de s’y consacrer. 6 ans plus tard, il profite de son énorme succès pour contribuer à bâtir le destin de ces jeunes étudiants noirs qui pour une fois sont sans doute très fiers de pouvoir répondre à ces critères d’admission sur le formulaire d’inscription de l’université: Have one of the following categories of ethnicity: Black African; Black Caribbean; Black Other; Mixed – White and Black Caribbean; Mixed – White and Black African; or Other mixed background (to include Black African, Black Caribbean or Black Other ( Avoir l’une des catégories d’origine ethnique suivantes : Noir d’Afrique ; Noir des Caraïbes ; Noir des Caraïbes ; Noir autre ; Mixte – Blanc et Noir des Caraïbes ; Mixte – Blanc et Noir d’Afrique ; ou Autre mixité (incluant Noir d’Afrique, Noir des Caraïbes ou Noir autre)

 

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