STEVEN WILSON “The Future Bites”

Steven WilsonEt si Steven Wilson était le secret le mieux gardé du rock British ? Le génial touche-à-tout de Kingston-Upon-Thames en 35 ans de carrière, seul ou avec son combo Porcupine Tree, a publié une foultitude d’albums. Ce fascinant “The Future Bites”, le sixième en solitaire devrait pourtant être enfin celui de LA révélation. Séquences synthétiques hallucinantes et chœurs angéliques constituent l’ADN de cette pop captivante, oserez-vous passer à côté ?

Steven WilsonOn songe aux pet Shop Boys, mais aussi à Elton John, Tame Impala ou encore Robbie Williams à l’écoute de ce nouveau CD de Steven Wilson. Mais pas que. Le musicien anglais multicartes s’impose en digne fils spirituel des Tears For Fears, The The, Orchestral Manœuvres et autres Deacon Blue, et donc quelque part, forcément, des Beatles… en passant par 10cc, mais sans rien sacrifier à son originalité. L’invention d’un son électro-pop qui ose, par exemple les références à la disco-music, à l’instar du premier single l’étourdissant « Personal Shopper » comme une réécriture robotique du mythique « Love to Love You Baby » de Donna Summer. On comprend qu’avec un tel album, Steven Wison fasse le pari  gagnant de passer de l’ombre à la lumière.

Par Jean-Christophe MARYSteven Wilson

 

Il y a les étoiles lumineuses du rock et il y a …les planètes cachées. Steven Wilson fait partie de celles-là. Peu connu du grand public, peu importe. Car pour nous faire rêver, les étoiles doivent être inaccessibles. En attendant, un succès public annoncé, revenons sur son étonnant « The Future Bites ». Que serait la pop sans le renouvellement de la mélodie, sans cette recherche perpétuelle à faire évoluer le son, les harmonies, les arrangements, bref pour faire sonner la musique différemment ? Ainsi Steven Wilson (la tête pensante du groupe prog rock britannique Porcupine Tree ) travaille à la manière des musiciens des 70’s. Lui est plus préoccupé par la création d’une belle toile sonore dans la lignée des concepts albums que faisaient les groupes rock progressifs, les Franck Zappa, Pink Floyd, Genesis, King Crimson et Marillion que par la course au tube. Sauf que, cette fois, Steven Wilson change de concept. Ainsi « The Future Bites » est un magnifique exercice de style electro pop dans plus proche de l’esprit des groupes synth pop des 80’s, les Human League, Kraftwerk Talk, Talk Giorgio Moroder. Une fois n’est pas coutume, on imagine le guitariste assis derrière son ordinateur entouré de claviers, de boites à rythmes à composer cette bande-son onirique, un peu à la manière d’un DJ. Ici peu de refrains à chanter sous la douche hormis l’excellent tube pop « 12 Things I Forgot ». En revanche, vous devriez vite tomber sous le charme d’une superbe cathédrale sonore aux nappes de synthés aquatiques dans l’esprit Pink Floyd (« King Ghost, Man Of The People)»), de constructions funky aiguisées qui rappellent Prince (« Eminent Sleaze ») , de titres électro trip hop hypnotiques, entrelacés de chœurs féminins, de chants gospels, avec ces basses mises bien en avant (« Personnal Shopper », « Man Of The People »). Du planant à l’adrénaline, de la fureur à  l’élégance, la magie opère de bout de bout grâce à ces voix de tête haut perchées, ses guitares vrombissantes, ces synthés vintage d’un autre temps (« Follow Me »). Entre moments d’accalmie et montées d’adrénaline, Steven Wilson réalise une prouesse : celle de nous accrocher avec des chansons pop dotées d’une forte personnalité electro et qui n’ont de cesse de nous accrocher toujours et encore, au fil des écoutes. À consommer sans aucune modération.

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