SAM RYKIEL PAR NATHALIE RYKIEL

Nathalie et Sonia RykielNon, la fille de Sonia Rykiel n’a pas formé de groupe de rock. Et pourtant, voici Nathalie Rykiel sur Gonzomusic pour évoquer son 5ème bouquin « Sam Rykiel », consacré à son papa. Près de 200 pages qui débordent d’émotion, un ouvrage à la fois pudique et impudique sur ce père hors pair qui a prêté son nom à la légendaire griffe Sonia Rykiel.

RykielCe n’est un secret pour aucun des lecteurs de Gonzomusic : Jean Philippe Rykiel est le petit frère que je n’ai jamais eu et un musicien au feeling illimité dont j’ai souvent évoqué la présence solaire au fil des années ( Voir sur Gonzomusic https://gonzomusic.fr/?s=Rykiel  ). Mais, avec la publication de « Sam Rykiel » consacré à leur père, mais aussi à leur mère, que j’ai eu tous deux, le privilège de croiser, les souvenirs sont soudain remontés à ma mémoire. Mon amitié avec Jeanphi date de l’époque où son père construisait lui-même des cartes en relief pour son fils non-voyant. Jean Philippe avait alors 13 ans et moi 18 et, de ce père, je me souviens qu’il pouvait souvent se montrer autoritaire, car sans doute parfois trop exigeant envers ses enfants. Mais son souhait le plus précieux était que son fils soit indépendant, qu’il transforme son handicap en atout et il y est incontestablement parvenu, au-delà de la mort soudaine qui l’a emporté trop tôt. Musicien accompli, féru de technologie qu’il maitrise à la perfection, mais aussi altruiste et viscéralement humaniste, Jean Philippe est sans doute tout ce dont rêvait son père et même au-delà. Même combat pour Nathalie, qui a su tracer sa propre voie artistique à l’ombre d’un tel père et d’une mère à la créativité et à la personnalité qui ne pouvait laisser quiconque indifférent.

ean-Philippe et_Sonia_RykielJe me souviens parfaitement du jour de l’enterrement, de Sam Rykiel puisque Jeanphi a justement passé cette triste journée chez moi. À l’instar de sa sœur, il était alors en conflit avec ce père trop souvent si intransigeant. Même s’il ne rêvait que du meilleur pour ses enfants, cet entêtement devait être sacrément pesant. C’est justement ce qui ressort de ce « Sam Rykiel ». Sous la plume de Nathalie, les mots se font émotions, ils retracent à la fois amours et conflits déchirants. Ils évoquent aussi, bien entendu, celle qui a adopté ce nom pour le métamorphoser en célébrissime griffe : Sonia Rykiel. Toujours vêtue de noir, ses flamboyants cheveux rouges en cascade entourant son fin visage, Sonia pouvait sans doute être impressionnante, mais avec moi elle n’a toujours été que douceur, sourire et humour, comme la splendide jewish mama qu’elle était. Femme libre, femme puissante, dans le livre on partage aussi la souffrance de Sam après la rupture avec Sonia. Juste après son décès, Jeanphi m’avait offert une paire d’enceintes Kef anglaises géniales de 1967, qui appartenaient à Sam et qui sont toujours celles que j’ai utilisées (et que j’utilise toujours) dans mon bureau, pour écouter et chroniquer les disques sur lesquels je travaille, comme pour mieux prouver, sans doute, que nous avons tous en nous quelque chose de Rykiel.

« Sam Rykiel » par Nathalie Rykiel aux Éditions Stock

Sam Rykiel

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