PAUL MCCARTNEY AND WINGS « Red Rose Speedway »

Back to le future du printemps 1973 et de mes 16 ans, le second LP de Wings «  Red Rose Speedway ” vient de sortir et je découvre ces 9 compositions dont le désormais fameux medley de 11 minutes. Ce même album ressort aujourd’hui dopé par 18titres bonus, outakes, inédits, prises alternatives et il n’a rien perdu de sa magie, bien au contraire. Porté par l’irrésistible « My Love », joli brin de hit dans la foulée de « Let It Be » ou de « Maybe I’m Amazed », ce Paul McCartney sans doute mésestimé à sa sortie prouve que les années n’ont eu de cesse de le bonifier.

Paul, la fleur entre les dents, sur la pochette, une rose rouge, peut être en message subliminal « peace and love » destiné à son frangin John, après le beef des « How Do YouSleep » et autres coups de griffes entre les deux Beatles. À l’intérieur ce riche livret noir baptisé « Program », comme à un concert, avec ses dessins kitchs, ses textes et ses photos intimistes, la plupart sans doute shootées par Linda. Là justement, en comparant le vinyle original et le doubleCD, on déplore que cette réédition « Paul McCartney Archive Collection »n’ait pas conservé le livret original de 12 pages avec notamment les pin ups françaises du « Bain de Noël ». Inversement, cette fois on y retrouve la cute mention originale rédigée en braille, placée au dos de pochette et destinée à son potos Stevie Wonder : « We love you baby ». Donc on ne va pas bouder notre plaisir à l’écoute de ce «  Red Rose Speedway » remastérisé, qui attaque par son joyeux « Big Barn Bed », sur le thème de l’amour/amitié, plus proche musicalement des deux premiers albums solos que du premier Wings, surprenant par son petit pont funky et qui s’enchaine parfaitement sur la délicate et fatalement mélodique « My Love ». Car si l’on pouvait encore douter du talent de mélodiste de notre Paulo, à elle seule, cette composition radieuse en serait la réponse la plus cinglante. Véritable et authentique « slow braguette », comme on pouvait les qualifier à l’époque, sur ses 4 minutes et 7 secondes, entre violons et solo de guitare, c’était le moment ou jamais d’emballer sur ce titre totalement dédié à Linda…avant de se réveiller au rock de « Get On The Right Thing ». Ballade sentimentale qui évoque le climat de « Ram », la cool « One More Kiss » est touchante de naïveté à l’instar de sa collègue « Little Lamb Dragonfly » entre comptine enfantine et conte de fées aux accents de « Good Night » sur le white album. Mais c’est la suivante et courte ( 1’53’’) « Single Pigeon »qui compte parmi mes favorites, avec Linda omniprésente dans les chœurs. Quant à la cool et rétro 50’s « When The Night », comment résister à son intense pouvoir nostalgique ? Après l’instru slow funky planant  « Loup (1st Indian On the Mon) », on atteint la partie la plus ambitieuse de ce «  Red Rose Speedway » avec son « medley »de plus de 11 minutes. Je me demande d’ailleurs si cela ne représente pas la toute première fois où j’ai découvert cette expression écrite sur un 33 tours. « HoldMe Tight » et son climat de fête foraine à la « Being For the Benefit… » qui se fond dans les intenses harmonies de « Lazy Dynamite » avant de percuter la funky percutée « Hands Of Love » pour finir en apothéose sur la puissante et saccadée « PowerCut ».

Quant au second CD de 18 titres, il démarre sur l’enfantine « Mary Had A Little Lamb » et l’on ne peut s’empêcher de se demander si Mr et Mme Macca ne l’ont pas avant tout composée pour leurs enfants. Anyway 45 ans plus tard ( sic !) la p’tite « Mary » n’a pas pris la moindre  ride. La suivante « Little Woman Love »n’est pas non plus inconnue au bataillon puisqu’elle était justement en face « B »de la précédente. Même histoire avec le single « Hi Hi Hi » et sa « B side » la quasi-reggae « C Moon ». Joyeusement rock and roll, on retrouve également « The Mess » capturé live à La Hague, qui était la face B inédite du 45 tours « My Love ». Elle aurait du figurer sur « RedRose Speedway », mais au dernier moment elle a été exfiltrée sur la BO duJames Bond « Live and Let Die », il s’agit bien sûr de « LiveAnd Let Die » gros gros hit puissance 10 qui aurait sans doute permis à cet album de Wings de gagner plus aisément la bataille des charts mais Albert Broccoli et les tenants de la franchise 007 en ont décidé autrement (Voir sur Gonzomusic https://gonzomusic.fr/ma-life-avec-macca.html ). Jusqu’à présent sur ce CD, on trouve quelques bonus, mais pas d’inédits. Les lignes bougent après la face B « I Lie Around », on découvre « Night Out »  sorte de surplus instrumental du medley et le duo délicat « Country Dreamer » proche de « Another Day »sur « Ram ». C’est au tour de la chanson de Linda « Seaside Woman » qu’on avait déjà découvert sur l’album posthume « Wide Prairie » que Paul avait compilé en hommage à Linda bien après son décès.Carrément blues-rock le live « Best Friend » enregistré à Anvers durant la tournée Wings. Acoustique et légère, voire franchement naïve, « Mama’s Little Girl » a sans doute était écrite pour leur fille, Stella McCartney, qui avait juste deux ans à l’époque. Plus intéressante, « I Would Only Smile », la compo pop du guitariste Denny Laine est une des rares chansons de Macca qui ne soit pas composée par eux, tout comme le joyau de ce CD bonus la magique « Tragedy », une reprise d’un hit doré de 1959 composé parles américains Gerald H ; Nelson et Fred B. Burch. « Thank You Darling » fox-trotte nonchalamment comme un clin d’œil aux années folles. Enregistré à Berlin, uniquement interprétée en live, « 1882 »est peut-être un des titres les plus obscurs de Wings. Autre joyau avec l’instru « Jazz Street », qui n’était jusqu’alors que dispo en version pirate, et qui retrouve  de toutes ses couleurs radieuses. Enfin, ce précieux CD bonus s’achève sur un outake de l’immortel « LiveAnd Live », qui n’en finit pas de revivre en générique télé, le dernier étant la rubrique de Salhia Brakhlia dans le Quotidien de Yann Barthès. 45années après sa sortie on réalise qu’en fait «  Red Rose Speedway » aurait dû sortir à l’époque sous la forme d’un double LP. Avec cette réédition soignée, on peut dire qu’enfin Wings déploie ses ailes pour nous faire décoller. 

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