NICKI MINAJ : The Pinkprint

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Nicki Minaj: des avantages et des arrièretages sur scéneLe troisième album de la rappeuse originaire de Trinidad arrive à point nommé pour secouer la léthargie ambiante : « The Pinkprint » vient tout juste de débarquer et c’est déjà l’un des cinq disques de l’année écoulée, un séisme de good grooves qui risque fort  de générer tout un tas de répliques sur 2015. On parie ?

Nicki Minaj liveJ’aurais tant voulu me contenter de faire de mauvais jokes sur cette « femme de Minaj ». Ou bien d’annoncer la sortie de ce « Minaj à trois ». J’aurais pu tout autant me focaliser sur son « tuches », en yiddish dans le texte, qu’elle a particulièrement proéminent, à l’image du pont d’envol du Charles de Gaulle.  Elle a des avantages mais également des « arrièretages »comme on dit en Afrique. Mais il faut se rendre à l’évidence : pink is beautiful et Nicki est sacrément douée. D’ailleurs, elle annonce la couleur. Si Jay-Z son héros de Brooklyn s’est emparé du bleu des garçons pour en faire son emblème du « Blueprint », une « marque de fabrique » déclinée à loisir, elle, la fille des faubourgs de Saint-James sur l’ile de Trinidad, allait se draper du rose des filles pour s’affirmer aux yeux du monde par le pouvoir de sa « marque rose ». Pari gagné, cet album est une bombe à fragmentation, multipliant les hits comme autant de sous-munitions au pouvoir létal. Coté son, miss Onika Tanya Maraj- yes c’est son vrai nom ! Elle a des origines indiennes d’où son coté « Slumdog Millionnaire »- ne manque décidément pas d’ambition. Le point de comparaison le plus proche est Kanye West, car l’un et l’autre ont cette niaque  pour explorer de nouveaux mondes soniques. Vocalement, Nicki s’affirme comme ces rappers du troisième type qui n’hésitent plus, oh sacrilège, à alterner flow et chant, s’abandonnant parfois à l’ivresse mélodique. Dès le premier titre « All Things Go », on est sous le charme d’une vocaliste expérimentée qui soutient largement la comparaison avec une Mary J. Blige. Le chant et la tchatche cumulés, c’est comme l’effet Kiss Cool, irrésistible.

Casting de folie

Du coté des textes, on touche à l’intime puisqu’elle évoque, par exemple, la mort de son cousin assassiné en 2011 et la fin d’une longue histoire d’amour juste avant d’enregistrer l’album. Nicki Minaj ne trompe pas, ne se la joue pas et n’a jamais froid aux yeux, c’est sans doute aussi ce qui lui donne un tel pouvoir émotionnel. Avec un casting de featurings modèle Grammy Awards, elle est autant à l’aise pour vanter les mérites de la masturbation en duo avec Beyoncé (« Feeling Myself »), que pour jouer au hip hop électro futuriste avec une Ariana Grande en néo-Barbarella. Miss Minaj ne craint pas non plus d’affronter les « bad boys », par brochette de trois s’il vous plait : Drake, Lil Wayne et Chris Brown, sur la Timberlandesque- suivez mon regard du coté de Missy Elliott- « Only ». Enfin coté duos, il faut aussi compter avec Skylar Grey- la Carole King du 21éme siècle ?- pour l’excellentissime « Bed of Lies » sur le thème du mensonge dans une relation, superbe balade pop au piano à deux voix. Sans oublier le déjà hit « Anaconda » où elle recycle le « Baby Got Back » de Sir Mix-A-Lot….hommage justement aux big « tuches », preuve si l’on en doutait que la miss n’est point dépourvue d’humour. Ce très long album de 22 compositions en comptait 25 au début, lorsque tant de rappers partent de 100 pour arriver à 20. Notre Nicki est une sacrée bonne femme et son «  the Pinkprint » ne délivre qu’un seul message : les gars, vous avez intérêt à vous y habituer, je suis là pour durer et je ne vais tout de même pas laisser une vulgaire Iggy Azaela made in Australia rafler la mise. A bonne « entendeuse »…salut !

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