NEIL YOUNG « Original Series Vol 4 Edition »

Neil YoungReprise Records, le label historique de Neil Young, sort aujourd’hui Official Release Series Vol 4, Discs 13, 14, 20, 21. Ce coffret collector rassemble une partie de l’œuvre éclectique et captivante du Loner publiée durant les 80’s, avant et après son escapade chez Geffen puis son retour au bercail à Burbank. Suivez le guide.

Neil YoungPar Jean-Christophe MARY

Après l’énorme succès public de « Rust Never Sleeps « (1979) et de la tournée immortalisée par le bien nommé « Live Rust « (1979), Neil Young attaque la nouvelle décennie avec « Hawks & Doves » (1980), soit neuf chansons country folk portées par la foi, le renouveau et l’espoir de jours meilleurs. Pour cet album, Neil opte pour la dynamique de la guitare acoustique et délaisse la haute tension électrique crée avec son groupe Crazy Horse sur le précédent « Rust Never Sleeps ». On apprécie  » The Old Homestead  » titre de plus de sept minutes qui selon l’avis de certains fait référence à la relation de Neil Young avec CSNY. A cette époque, Neil Young est perturbé par la santé de son fils atteint d’infirmité motrice cérébrale avec lequel il essaye en vain de communiquer. On retrouve le combat d’un père pour son fils, une certaine persévérance face à l’adversité dans « Stayin’ Power », « Coastline » aux côtés d’hymnes qui glorifient le travail et l’Amérique « Union Man », « Comin’ Apart at Every Nail », « Hawks & Doves ». Pour apprécier cet album, éteignez les lumières, allumez une bougie et juste laisser vous porter. L’année suivante, Neil Young retrouve ses copains de Crazy Horse pour enregistrer « Re-ac-tor », un album de rock dur et désordonné où les guitares lourdes s’en donnent à cœur joie. On sent que les quatre rockers s’amusent, sont en total roue libre. Le groupe joue soudé, avec la force et la férocité qu’on leur connaît. Seul bémol, certains textes paraissent parfois légers, surchargés d’overdubs vocaux parfois irritants sur Opera Star ou semblent improvisés dans l’urgence comme « T-Bone » avec ces phrases répétées en boucle. Toutefois, l’album recèle de très bons titres tels « Surfer Joe And Moe The Sleaze » ou « Southern Pacific ». On apprécie « Motor City » dans lequel Neil Young critique les voitures japonaises et le cynique « Rapid Transit » qui s’attaque à la new wave naissante des 80’s. Mention spéciale pour « Shots » qui clôture l’album, une chanson fascinante, menaçante avec ces guitares qui cisaillent, cette batterie comme un cheval au galop, ces bruits de coup de feu. De 1982 à 1987 Neil Young quittera Reprise Records et sort 5 albums chez Geffen avant de se fâcher avec le boss David Geffen. De retour chez Reprise Records, « This Note’s For You » est une nouvelle aventure et expérience musicale vers des territoires encore jamais explorés jusqu’ici. Epaulé d’une solide section de cuivres, le Loner s’attaque cette fois au R&B et au blues avec une foi inoxydable. L’album est plein d’énergie, coloré de belles parties instrumentales. On y trouve de petites pépites cuivrées telles « Ten Men Workin », « This Note’s for You »et surtout « Sunny Inside » un titre R&B dans l’esprit de Wilson Pickett avec cette rythmique cadencée, ces cuivres rutilants, chargés de chaleur. Les autres titres sont des ballades bluesy sur lesquelles le chant de Young est bien mis en avant, des chansons où il semble être plus impliqué personnellement qu’il ne l’était depuis des années. Dernier opus du coffret, « Eldorado », un EP de 5 titres sorti au Japon et en Australie qui propose « Cocaine Eyes » et « Heavy Love », deux titres tonitruants qui ne figurent sur aucun autre album tandis que « Don’t Cry, On Broadway » et « Eldorado » paraitront en 1989 sur l’album « Freedom ». Ce coffret disponible en format quatre disques vinyle ou CD est un beau cadeau pour les fans. Merci Mister Young !

 

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