NATHANIEL RATELIFF “And It’s Still Alright”

Nathaniel RateliffCertes, il n’est pas vraiment le plus beau gosse du moment, mais plutôt taillé format ours mal léché, à l’instar de son collègue Rag’n’Bone Man, mais Nathaniel Rateliff s’en fout : la recette de sa soul-folk blanche et émotionnelle se révèle juste imparable et le natif de Saint Louis, fort de la coolitude exacerbée de « And It’s Still Alright », son 6ème album, se classe largement parmi les espoirs de cette drôle d’année 2020.

Nathaniel RateliffPar Jean-Christophe MARY

Ébranlée par son récent divorce et la disparition de son ami et producteur Richard Swift, l’écriture de « And It’s Still Alright » aura permis au songwritter désormais basé à Denver (Colorado) de porter un regard introspectif sur ses douze dernières années de scène.

Après deux premiers albums folk acoustique, « Desire and Dissolving Men » (2007) et « In Memory of Loss » (2010), Nathaniel Rateliff a recruté une brochette de musiciens, épaulé par son ami et producteur Richard Swift. De cette expérience sont nés « Nathaniel Rateliff & the Night Sweats » (2015) et « Tearing at the Seams » (2018), deux opus fougueux à la signature soul, rythm’n’blues et rock & roll, très marquée. Dans la foulée de ces deux albums rétro soul, et plusieurs milliers de kilomètres sur la route plus tard, le chanteur, tout juste séparé de sa femme, s’est attelé à l’écriture de nouvelles chansons. Beaucoup plus calme et apaisé que ces prédécesseurs, « And It’s Still Alright » est autant un hommage poignant à son ami et ancien collaborateur décédé d’une hépatite en 2018, qu’à une longue méditation introspective sur l’amour perdu et la mort. Parmi ces nouvelles chansons, on retiendra surtout le swinguant « What A Drag » qui fait référence l’échec de son mariage après 11 ans de vie commune, titre à la mélodie séduisante appuyée d’un discret riff de guitare slide en échos où Nathaniel Rateliff fait preuve de ses talents d’instrumentiste. « Time Stands » qui évoque l’amour perdu rappelle l’univers de ses premiers albums solos.

Nathaniel RateliffSur «All or Nothing » ou ce « Tonight # 2 » à la forte intensité émotionnelle, l’ombre de Leonard Cohen plane en filigrane. La rythmique brinquebalante d’« Expecting to Lose » fait là encore écho à la poésie folk des premiers albums. Coup de cœur pour « Mavis » titre au spleen poignant, avec cette voix baryton basse de prêcheur évangélique, cette rythmique chaloupée qui se fortifie à l’écho de ce chœur soul gospel. Il faut dire que Nathaniel Rateliff a grandi dans une famille religieuse évangélique. Et c’est d’ailleurs ce feu sacré à faire danser les diables et les dieux, que l’on retrouve partout ici. Les inconditionnels de Dan Auerbach, Anderson East ou Leon Bridges devraient apprécier l’univers singulier de ce talentueux soul-man aux allures de cowboy.

 

 

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