MORGAN WALLEN “Dangerous: the Double Album”

Morgan-WallenÀ 27 ans, Morgan Wallen publie son second CD, un double album solide de 30 titres qui propulse déjà le natif du Tennessee dans la galerie des géants de la country-music. Malgré  sa ridicule coupe mulet , ses polémiques de potache à répétition (ivresse publique, gestes barrières et distances sociales non appliquées et surtout utilisation du « n word » raciste totalement proscrit puis mea culpa) son “Dangerous: the Double Album” est à ce jour l’objet sonique le plus populaire des USA.

Morgan-Wallen-Morgan Wallen sera-t-il un prochain Willie Nelson ? Possible, mais le jeune homme de 27 piges devra faire preuve de bien plus de coolitude pour arriver au niveau de son célébrissime prédécesseur. Car le jeune Morgan est encore loin, trop loin, de la sagesse humaniste de l’ami Willie. D’autant qu’après la polémique déclenchée après qu’un voisin l’ait filmé, rentrant chez lui bourré un soir avec ses potes, en train de proférer l’injure raciste la plus intolérable le « n word », il a dû platement s’excuser, comme un sale gosse pris en flagrant délit dans le bocal à confiture. En même temps, son penchant pour la bibine n’est un secret pour personne, la preuve, on compte déjà dans l’album 5 chansons sur 30 qui ont dans leur titre un rapport direct avec l’alcool… un record éthylo-discographique ! Pourtant, tout semblait bien parti pour le nouvel enfant prodige de la country US. Révélé par la télé-réalité the Voice, Morgan est très vite enrôlé comme choriste d’Usher, puis d’Adam Levine, avant de voler de ses propres ailes, publiant son tout premier album « If I Know Me » en 2018. Trois ans plus tard, le gamin domine les charts US avec son “Dangerous: the Double Album”. « L’idée d’un « double album » a commencé comme une blague entre mon manager et moi, parce que nous avions accumulé tant de chansons au cours des deux dernières années. Puis la quarantaine a frappé, et nous avons réalisé qu’il serait peut-être possible d’avoir assez de temps pour y arriver. J’ai aussi fini par écrire quelques chansons supplémentaires pendant le confinement avec certains de mes bons amis. Je voulais aussi que les chansons parlent de plusieurs phases de la vie et adoptent plusieurs sons différents, basés sur mes influences et sur les musiques que j’aime. » a déclaré le chanteur. Bon, on peut compter au moins dix titres solides, tous taillés plus ou moins au format 3 minutes, sur les 30 livrés, portés par de belles harmonies et de tout ce qu’il faut coté slide-guitar, même si niveau lyrics, avec ce gamin-là, il ne faut certes pas s’attendre à des étincelles.  Dès la première chanson, la bien nommée « Sand in My Boots », Morgan Wallen,  en pure émulation entre Johnny et Willie, pousse sa première chanson de cow-boy… dédiée à ses boots pointues et à son pick-up truck, le nouveau destrier des garçons vacher d’aujourd’hui ! C’est sûr, on est à des années-lumière de la poésie d’un Dylan, mais cela fait la blague.

 

Morgan-Wallen-Puis « Wasted On You », ballade forcément sentimentale, on tombe à fond dans la canne à sucre, mais on s’y laisse engluer sans état d’âme. Avec « Somebody’s Problem » Wallen prend son plus bel accent trainant du Sud pour évoquer cette fille à problème sur un mode entre Seals and Croft et Kenny Loggins. « More Surprised Than Me » est portée par une super mélodie acoustique à la James Taylor tandis que « Neon Eyes » est une jolie balade mélodique entre Dave Barnes et Don Henley. Autre composition accrocheuse « Wondering About the Wind »  nous entraine entre James Taylor, Eagles et Willie Nelson… not bad ! Avec “Your Bartender”, Morgan nous propose tout un programme : ah si j’étais ta bagnole, ta radio  mais surtout si j’étais ton barman… ambiance Urban Cowboy mais sans Travolta avec sa  petite slide guitar dans le décor, pour une love song naïve et fun qui rentre bien dans la tête. Dans « 7 Summers » on retrouve un peu  de Don Henley, dans cette ballade ensoleillée  avec toute l’insouciance de l’été ; chaleureuse comme un vieux hit de Steven Bishop ou d’Andrew Gold, elle est incontestablement ma favorite de l’album. « Dangerous », la chanson-titre, sous ses faux airs de hit de Fleetwood Mac, compte aussi parmi les réussites de ce double album. Qui a bu… boira et « This Bar » est encore une ode à la bibine pour une compo de pur garçon vacher plus porté sur l’abreuvoir que sur la garde de ses vaches. Et que dire de « Me On Whiskey », au titre tellement explicite et au texte si premier degré « Moi allumé au bourbon et toi au vin/ Le Tennessee sous les feux de la rampe/ Oui, c’est ce que nous savons faire, ma fille, c’est un peu notre truc à nous… »… avec ou sans alcootest, c’est  tout un programme. Autre chanson accrocheuse, « Heartless » jolie histoire d’amour pour une « country pop song » aboutie, comme un Justin Bieber en version Stetson, bolo tie et cow-boy boots. On retrouve deux duos en fin de track-listing, le premier « Outlaw », avec Ben Burgess, aux réminiscences de Poco ou Eagles. Enfin c’est avec le second duo, cette fois avec son collègue du Kentucky Chris  Stapleton , « Only Thing That’s Gone » que s’achève comme un duel au soleil ce double CD marathon.

 

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