Moi je passe mon Noël avec les Stones…et vous ? Episode Two : The LA Forum live in 1975

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The LA Forum live in 1975

Dans la collection « From the Vault », cette cave aux trésors riche de live historiques que les Rolling Stones publient peu à peu, voici l’addictif coffret « The Complete Series 1 » composé de cinq DVD (ou BD et autres versions collector’s). Second épisode, le LA Forum live en 1975…en attendant bien sûr l’an prochain la parution d’un concert cher aux fans français des Stones, le show des « Abattoirs » en juillet 76 magistralement réalisé par mon frangin Freddy Hausser pour son « Juke-Box » .

 

The LA Forum live in 1975Intro… plans larges du Bercy de LA sur la musique de la BO de Rambo. Image festive, un dragon chinois s’agite dans le public. Un an plus tard, j’y verrai mon premier show de Clapton sur la géniale tournée Ocean Boulevard. Le Forum situé dans la banlieue à Inglewood a une contenance de 17.000 places. Nous sommes le 12 juillet 1975. (en fait, cette année-là, les Stones y ont joué du 9 au 13). « It’s Only Rock and roll » est sorti depuis presque un an. Ce nouveau tour marque également l’arrivée du Faces, Ron Wood qui remplace désormais Mick Taylor (il ne deviendra un Stones officiel qu’en décembre 1975). Jagger a 33 ans. Il apparaît sur une scène basculante, dans son habit de lumière. Il est super maquillé et, ma foi, cela lui sied à merveille. Il porte un blouson rose, des baskets de cuir rouges et un étrange pantalon blanc bouffant. Keith est en veste et en jean pattes d’ef’ de cuir noir brillant, tandis que résonne la classique « Honky Tonk Women »… « Gimme the honky tonk blues… », chante Jagger. Billy Preston, coiffé d’un énorme afro sur la tête, est devant son a piano blanc à queue, tandis qu’Ollie E Brown est aux percussions. Les Stones enchainent « Dandelion », on découvre Ronnie Wood en T shirt rouge et pantalon pattes d’ef (aussi !) de cuir rouge. Puis « If You Can’t Rock Me » se fond joyeusement à un « Get Off My Cloud » bien déjanté où Billy Preston s’éclate au piano, si différent de la version originale de 65, en version bien plus laid back 10 ans après sa sortie. Jagger est déjà en sueur pour la sexy starfuckeuse « Star Star ». Et là, on se dit en regardant Charlie derrière ses futs, que c’est dingue l’évolution de sa batterie qui a carrément triplé de volume depuis le show du Marquee en 71. Et revoilà le fameux phallus géant gonflable….déguisé en doigt pour mieux se planquer, mais qui ne trompe personne, surtout lorsque Mick le chevauche entre ses jambes de façon si équivoque. L’Amérique puritaine à l’époque en avait d’ailleurs été particulièrement choquée.

It’s Only Rock’n’ Roll

 

Suit l’intro légendaire de « Gimme Shelter », qui nous ramène en 69 ! Quel plaisir indicible de voir ce grand fauve déchainé littéralement porté par les guitares de Keith sur ce titre si entêtant. « Ain’t To Proud To Beg », la reprise du morceau des Temptations de 66 est de la soul pure transmutée en rock blues, par le pouvoir des Stones. « You Gotta Move » offre son moment de bravoure lorsque Jagger, Keith, Ron, Billy Preston et Ollie Brown vocalisent en delta blues rugueux, ensemble au centre de la scène, presque a capella avec Charlie derrière qui bat le tambour. Les Rolling Stones interprètent ensuite leur « You Can’t Always Get What You Want », qui est devenu depuis « The Big Chill», une de mes chansons favorite, peut-être la plus émotionnelle de leur immense catalogue . Ici, ils nous la font bluesy , climatique et sensuelle. Jagger R &Rs’offre même des galipettes sur son plan de scène incliné….but if you try sometimes, you get what you need. Bien sûr, la chanson est hantée par le thème de la dope et de l’amour, voire de l’amour de la dope ? Sans doute, mais c’étaient les fucking 70’s, après tout, où l’on avait déjà inventé la pilule mais pas encore le SIDA. L’amour y était si libre. Alors, tout cela s’achève en apothéose, forcément jouissive. Bondissant, tandis que Keith entonne son « Happy », cette fois Jagger ne fait que le show et l’enfant de chœur. on se dit alors que Keith a le visage déjà bien buriné par tous ses excès, alors qu’au contraire Mick semble si préservé malgré sa folle vie de rock & roll. Puis « Tumbling Dice » roule du cul, comme les dés sur le tapis, lyrique et envoutée, tandis que Mick va à la rencontre du public, arpentant d’un bout à l’autre la scène, en poussant ses fameux « oooouuuuuu » pour des spectateurs définitivement bien sages et cools. Après une élégante révérence, à la fin, Mick s’assoit, remerciant le public. « Pour celle-ci, je voudrais que vous repreniez le refrain avec nous…je crois bien que vous le connaissez ! », annonce-t-il. Après tout, ce n’est que « It’s Only Rock’n’ Roll » où Keith joue en clopant une extralongue, lorsque Billy Preston en fait autant derrière son piano… pour une version elle aussi « étendue » de la chanson titre du LP.

Porté par l’envoutante lenteur cotonneuse de l’héro.

The LA Forum live in 1975

 

Jagger se lance alors dans l’habituelle présentation des musiciens: d’abord Billy Preston, puis Ron Wood à la guitare, Ollie Brown aux percus, Charlie Watts aux drums, Bill Wyman à la basse et enfin Keith Richards à la guitare qui lance « Doo Doo Doo Doo (Heartbreaker) » extraite de « Goat’s Head Soup ». Mais ce qui suit est bien plus original, puisque Jagger s’empare d’une guitare pour jouer sur la funky délayée « Fingerprint File », tirée d’ «  Exile… » et il tombe enfin la veste rose…mais il ne manque décidément pas de ressources, car il en a une seconde, une blanche en dessous. C’est son côté « matrioshka », on va dire ! Le chanteur finit allongé sur la scène, au pied de son micro en geignant…pour le plus grand plaisir du public du Forum. Suit la magique « Angie » – qui ferait aujourd’hui un épatant spot de pub pour Engie ( ex GDF-Suez), je suis d’ailleurs surpris qu’ils n’y aient pas encore songé, tant le capitalisme le plus hard- core s’est fait expert à récupérer et endosser l’image rebelle du rock- sublime chanson dés sa sortie, la perle de « GHS », un des slows incontournables de nos boums mid-70’s. Jagger en gros plans a les yeux ultras maquillés ; il enchaine la défoncée « Wild Horses », comme s’il était porté par l’envoutante lenteur cotonneuse de l’héro. « That’s Life » chante Billy Preston, en guest star, tandis que Jagger gambade sur la scène avant de poursuivre de son funkyssimo quasi-instru « Outa Space », où il se déhanche comme James Brown dans son incroyable look de mac, avec son costume rose pattes d’ef . Puis il est tout de même, rejoint à nouveau par Jagger pour un pas de danse à deux. « Brown Sugar » si flashante et puissante, malgré sa référence directe à la dope achève d’emporter le public chanceux du Forum. « Rip That joint », décidément, encore une chanson sur la drogue, rien d’étonnant donc à ce que les Stones soient aussi assimilés à cette image…de stoners ! Hymne aux révoltes étudiantes de 68 « Street Fighting Man », est peut être leur chanson la plus politique où Jagger y attire la lumière, tandis que Keith demeure dans l’ombre. Pour « Jumping Jack Flash », Preston flashe son clavier en bandoulière. Jagger à demi nu, ne porte plus qu’une moitié de débardeur…plus de deux heures donc d’un très long strip-tease…quel showman ! Last but not least, et désormais torse nu, notre diva poursuit de sa sombre incantation « Sympahy for the Devil » qui s’étire sur près de dix minutes pour s’achever dans une folle sarabande de nymphettes qui tournent tout autour de la scène, en tapant sur des tambourins. En résumé, ce concert se vit comme un long roller-coaster de 25 titres en 2H et 30 mn d’un live simplement époustouflant. Long live the Stones !

 

 

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