M83 : « Junk »

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M83

7éme album en quinze ans, M83 nous offre une joyeuse et élégante collection de 18 titres résolument nostalgiques et pourtant si paradoxalement futuristes. Pop, rock, électro, soul et movie scores sont ainsi recyclés avec art. C’est peut être dans cette fusion grand écart que se forge le succès de cette attachante formation méridionale qui s’avance la tête haute sur la piste des héros de la french-touch Daft Punk, Shoes et autres Air. Welcome to the club !

 

M83Bon, la pochette est toute pourave et on hésite entre les personnages de la pub Bla Bla Car et un héros de clip de Mr Oizo…vous voyez le tableau. Mais, comme le disait si bien le philosophe de la fin du XXéme siècle Stevie Wonder : you can’t judge a book by its cover (on ne juge pas un livre à sa couverture)…ni même à son titre « Junk » (trucs), M83 nous offre bien au contraire l’album électro-pop sans doute le plus exaltant du moment. Derrière cet étrange numéro de série, M83 on trouve le méridional Anthony Gonzales, un aventurier du synthé perdu, un baroudeur bidouilleur frenchy qui navigue au pays du son depuis l’aube des années 00 et qui a chopé son blaze dans une galaxie en spirale de la constellation Hydra. Quand on découvre en sus qu’il appartient à l’écurie Mute de Daniel Miller, l’homme qui peut être largement tenu responsable du succès et de la longévité de Depeche Mode, on se dit que cela commence à sentir bon. Mais c’est en posant le fucking CD dans son tiroir en appuyant sur la touche « play » qu’on réalise véritablement à quel point ce « Junk » se révèle si paradoxalement précieux. « Do It Try It » ouvre l’album sur ses gammes de piano avant de s’envoler sur ses ailes de synthés comme une version électro-chic…de Chic ! Pour mémoire, notre Français l’a interprété sur le fameux show US Jimmy Kimel Live…la tête couverte par un masque de loup-garou, mais on présume que, depuis les robots sous leur casque, les Yankees se sont habitués à tous ces beautiful frenchies si excentriques. Suit le cool et punché « Go » featuring Mai-Lan ( la fille de Kiki Picasso et soeur de …) le hit de l’album, en digne successeur de « Midnight City », boosté par un invincible solo de guitare électrique et ses chœurs féminins angéliques. Irrésistible. Entêtant.

Générique pour un James Bond imaginaireM83

Mêlant habilement groove et électro pour un titre joyeusement vocoderisé Anthony Gonzales se sert de sa voix haute pour nous téléporter aux confins de sa galaxie. Avec ses paroles en français scandées en mode talk over, sa voix féminine et ses chœurs en anglais, M83 se gainsbourgise effrontément sur « Bibi the Dog ». Petit virage vers la Californie des 70’s, à l’instar des génériques de séries télé comme Magnum ou Pour l’amour du risque (Hart to Hart), l’instrumental « Moon Crystal » se la joue rétro-kitch, tout comme le générique pour un James Bond imaginaire intitulé « For the Kids ». Cuivré pulsé, « Road Blaster » rappelle un peu les Cars au milieu des 80’s. Love song en français dans le texte, « Atlantique Sud » avec son piano semble puiser à la source Polnareff avant qu’elle ne se tarisse. « Time Wind » oscille entre Chic et Depeche Mode et, enfin, l’évanescente « Sunday Night  1987», en guise de générique de fin, avec son harmonica mélancolique à la Larry Adler est un pari gagné sur la fibre nostalgique. En tout, 18 titres aussi harmonieux qu’élégants et 83 bonnes raisons d’adopter M83 car contrairement à M qu’on n’M plus, Black M qu’on n’a jamais M-ai et M Pokora qu’on M-ra jamais, on l’M ce 83 !

 

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