LENNY KRAVITZ « Blue Electric Light »

Lenny KravitzC’est seulement son 12ème album en 35 ans d’une éblouissante carrière, toujours aussi canon à 60 piges et toujours aussi inspiré par la Légende – avec un L majuscule- du rock, Lenny Kravitz nous revient enfin, six ans après sa dernière aventure sonique et cette fois sous le signe de la soul et du funk, de Curtis Mayfield à Sly & the Family Stone en passant essentiellement par Prince, Prince et encore et toujours Prince, lorsqu’à ses débuts son cocktail d’influences embrassait surtout Hendrix et Lennon, bref que des sources précieuses ! C’est dire combien ce « Blue Electric Light » ( Orchestra) se révèle forcément… électrisant et lumineux !

Lenny KravitzQu’est ce qui les attire donc toutes ? Top-models ou futures Tops ou ex-Tops, filles next-door fraîche et séduisantes comme l’été, les filles les plus fulgurantes ont toujours craqué sur Lenny Kravitz, se pressant à ses concerts. Et il leur rend bien… Car depuis ses débuts au tournant des 90’s avec son « Let Love Rules », le guitariste star inaugurait une relation extrêmement forte avec son public féminin. Certes, Lenny n’était pas non plus le King, mais à l’image d’un Hendrix d’un Morrison ou même d’un défunt Michael Hutchence, il émane de lui cette énergie fauve et électrique qui propulse directement les héros vers leur plus proche légende…sans pour autant avoir à passer par la case cimetière ! C’est sûr, Lenny n’est pas non plus Lenny de Motorhead ! Plus sophistiqué, plus mélodique aussi et surtout résolument nostalgique dans ses influences majeures sur ce nouvel album de Curtis Mayfield à Sly & the Family Stone, en passant essentiellement par Prince, Kravitz le guitar-hero séducteur se distingue pourtant par son incroyable longévité.


Lenny KravitzPourtant, je me souviens parfaitement de ma toute première rencontre avec Lenny. C’était début décembre 1989, j’étais aux Transmusicales de Rennes, où je tournais et présentais un « Mégamix » spécial sur Arte, lorsque Lenny débarquant pour la première fois à Paris chez Virgin, sa maison de disques, est arrivé… en me réclamant ! Logique, il était marié à l’époque à la craquante Lisa Bonet – leur petite Zoé fêtait ses 1 an – qui était alors la petite fiancée black de l’Amérique, grâce à son rôle de Denise Huxtable Kendall dans le fameux « Cosby Show », et ma copine Karen Clay était alors son assistante personnelle. Juste avant son départ pour sa première tournée européenne, elle lui a donné mon numéro de téléphone. Et lorsqu’il a débarqué à Paris, au premier chef de produit qu’il a rencontré, il a demandé « Mais où est donc GBD car je dois lui parler ? ». Kravitz a joué ce soir-là à Paris et dès le lendemain, il m’a retrouvé à Rennes. J’y ai rencontré un type extrêmement chaleureux, fun et humain. Mais c’est à 2 heures du mat, dans la petite salle Ubu sous la Maison de la Culture de Rennes, que la légende française de Lenny allait se forger au cours de son historique deuxième show hexagonal. Car si de Fishbone à Living Colour, en passant par les Bad Brains ou Prince, on avait pris l’habitude de voir des blacks bastonner un rock aussi massif que leurs homologues blancs, la virtuosité et l’énergie drainée par Kravitz étaient absolument inédites. C’était carrément puissant comme les deux doigts dans la prise de courant., juste bluffant ! D’emblée, Lenny s’est affirmé comme un redoutable performer, jonglant avec art sous ses deux casquettes de vocaliste et de guitariste en parfaite bête de scène. Backstage, après ce concert fondateur, malgré l’heure tardive j’ai retrouvé mon Lenny chaleureux, allumé et surtout survolté comme le lapin Duracell. Mais il ne faut pas oublier que Kravitz c’est avant tout une histoire de famille et de showbiz : le guitariste est à la fois black et feuj’, son père Sy Kravitz, producteur de télé était blanc et feuj’ (Lenny l’avait même fait monter sur la scène parisienne du Zénith voici quelques années mais il est hélas décédé depuis) et sa mère Roxie Roker était black et comédienne, originaire des Bahamas. Elle est morte d’un cancer et a même directement inspiré “Thinking Of You”, une chanson de l’album « 5 » de 1998. Si on l’a vu au bras des plus jolies femmes de la planète, de Kylie Minogue à Nicole Kidman en passant par Madonna, Vanessa Paradis ( bien avant Johnny Depp) et tant d’autres, il revendique toujours son célibat.

Lenny KravitzEt c’est dans cet esprit-là qu’il publie, sans se presser et après six années de silence discographique ce « Blue Electric Light » qui perpétue son image de la rock star idéale taillée pour être adulée. Et c’est avec la climatique « It’s Just Another Fine Day (In This Universe Of Love) » que démarre l’album  sur un beat saccadé, entre le « Billy Jack » de Curtis Mayfield et un certain Prince Roger Nelson,  influence majeure de ce projet pour un titre qui se révèle en substance diablement efficace. Porté par de super harmonies soul rock, on peut carrément le qualifier de hit en puissance. Puis avec la musclée « TK 421 », véritable DJ story robotique, on songe au « Black Or White » de Michael Jackson, pour les guitares rock à l’attaque et au groove funky d’un Rick James mais surtout… surtout… au plus sexy des mother-fuckers qui répond au nom de Prince. Glissement spatio-temporel vers les 70’s avec « Honey », nonchalante et innocente comme un tube du passé des O’Jays ou des Spinners ou encore des Miracles… et un soupçon d’Hall and Oates, pour finalement succomber au parfum suranné du retro cool et de l’insouciance. Puis « Paralysed » marque un retour aux choses sérieuses, avec un blues rock façon Led Zep « Celebration Day » qui incarne sans doute avec force le côté « blue » de ce « Blue Electric Light ». Plus surprenant et très années 80 voici « Human » aux synthés pop entre Howard Jones, Rick Astley ou Heaven 17 en surprenant flash-back stéréo. Retour à la case Prince pour « Let It Ride » aux funky synthés again et carrément sexy façon « Something in the Water Doesn’t Compute » et « Kiss » boosté par un petit rien de George Michael, pour une composition assez réussie, mais néanmoins surprenante.

Lenny Kravitz« Stuck In the Middle » est une soul balade ultime à la Smokey Robinson, où la voix monte largement aussi haute que le vocaliste de « Bein’ With You », mâtiné d’une once du « You Are Everything » des Supremes, et c’est bien là une autre et belle réussite de ce nouvel album. Avec « Bundle Of Joy », on plonge direct dans le « Love Roller-Coaster » de Sly and the Family Stone, en funk rock particulièrement offensif et en « réalité augmentée » d’un « My Name Is Prince » du susnommé. « Love Is My Religion » nous dit le célibataire invétéré depuis plus de dix ans et séducteur né… on peut le croire sur parole… ou pas, sur un titre aux échos du « Love Stinks » du J Geils Band. Après le très princier « Heaven », « Spirit In My Heart » se révèle romantique et intemporel à la Stevie Wonder « Love in Needs to Love » et bien entendu on n’y résiste pas. Enfin « Blue Electric Light », la chanson-titre, achève ce CD en final de feu d’artifices guitaristique, nous rappelant le « Drive » des Cars, toujours Prince et même un certain Phil Collins. Bref, on se dit qu’on n’est pas près de fermer les yeux sur cette lumière bleu électrique. Quant aux oreilles… elles n’ont pas fini de vibrer au rythme du dernier Kravitz.

 

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