Le plus bouleversant des hommages à Higelin par son fils Arthur

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Higelin Izia Arthur 

Il y a des mots qui savent consoler et à ce titre ceux d’Arthur H sont éloquents. Trois jours après la cérémonie festive à la mémoire du grand Jacques, Arthur Higelin publie sur sa page Facebook ce texte absolument émotionnel qui ne peut laisser quiconque indifférent. Au revoir l’artiste, mais également…merci l’artiste…

 

Photo par G.Amann

Pour tous ceux qui n’ont pu se rendre au Cirque d’Hiver où se tenait une cérémonie laïque pour honorer la mémoire de Jacques Higelin, puis au cimetière du Père-Lachaise où il a été porté en terre par ceux qui l’aimaient, Arhur H a publié hier sur son compte Facebook ce petit texte qui déborde d’émotion et qui nous rappelle combien Jacques Higelin savait être un esprit aussi libre que poétique. Pour tous ceux qui ont eu le privilège de côtoyer l’homme, mais aussi de profiter de son talent sur scène comme sur disques ces mots feront sans doute battre les cœurs un peu plus fort.

« JACQUES…

Un mot pour vous remercier de cœur à cœurs pour tous vos magnifiques et innombrables messages, votre tristesse tenace et toute la joie exprimée d’avoir vibré avec Jacques. Et aussi pour partager l’enterrement de grand prince gitan qu’on lui a fait et peut-être consoler un peu votre tristesse. Pas de messe, pas d’église. Pour un être qui a tant chéri la liberté, l’indépendance et la fantaisie sans limites, c’eût été un blasphème ! On a posé son cercueil au centre de la piste du Cirque d’hiver. Juste entouré d’une mer de fleurs de tournesols qui captaient l’essence du Soleil. Dans les gradins, sa famille, ses amis et tout un public invisible : les fantômes heureux de tous ceux qui ont acclamé Jacques, au Cirque d’hiver ou ailleurs… La cérémonie a commencé. On a pleuré et ri. Sa belle voix tendre a encore résonné dans le cirque. Catherine Ringer a chanté L comme beauté. Camille a chanté Tiens j’ai dis tiens et j’ai pu, longtemps après la première fois, rechanter : pompiers, pompiers, j’ai des pompiers dans mon zizi. Camille a dansé autour du cercueil. Sonia Wieder-Atherton a joué, au violoncelle, une partita de Bach que Jacques adorait. Jeanne Cherhal a chanté Tombé du ciel. Daniel Auteuil a lu la lettre de Barbara sur Jacques. Sandrine Bonaire a lu un poème de Baudelaire, le Mort joyeux. Ken, mon frère bien aimé, a pleuré en racontant le rêve qu’il a fait la nuit de la mort : Jacques qui s’enfuyait dans des ruelles en éclatant de rire. Princesse Izia, ma sœur bien aimée, a chanté une merveilleuse chanson qu’elle venait d’écrire sur son père : Dragon de métal. Elle a aussi dansé autour de Jacques. Brigitte Fontaine n’a pas eu la force de parler. Elle a enregistré un poème mystique pour Jacques qu’on a écouté et j’ai déposé sur le cercueil une grande plume qu’elle avait ramenée pour son frère d’âme… J’ai dit un poème aussi : le Passage. Et j’ai chanté le Destin du voyageur. À la fin Mahut s’est mis aux congas, Izia a commencé à chanter Irradié, le cirque s’est enflammé. Ken et moi et des amis ont porté le cercueil, on a fait tout le tour de la piste en pleurant et en chantant pendant qu’Izia dansait. C’était le dernier tour de piste. La dernière fois que Jacques était sur une scène. Les cuivres ont joué le riff d’Irradié, la musique montait. Tout le monde était debout et pleurait en applaudissant. On a fait le tour du cercle magique. C’était plein d’énergie et de folie. Puis Jacques est sorti du cirque. On a inventé un nouveau rite. Aujourd’hui, quand c’est possible, même très simplement, on peut inventer des nouvelles cérémonies pour célébrer les gens qu’on aime. C’est très important de ne pas les laisser voler la mort… Au Père-Lachaise on a senti tout l’amour incommensurable de son magnifique public chéri. On a chanté tous ensemble. On a écouté Parc Montsouris, J’suis qu’un grain de poussière, Le berceau de la vie et Tête en l’air. Et on a enterré Jacques. On est retourné au Cirque d’hiver pour boire des coups et faire la fête. Soyez joyeux quand vous pensez à lui ! On a eu tellement de chance de le croiser. Aussi, il est mort paisiblement. Il a juste fermé les yeux et il est parti, sans souffrance. Je vous dis tout ça en espérant soulager votre peine. Merci. Je vous souhaite le meilleur. Jacques vit en nous tous maintenant. Son esprit est vivant. Je vous aime. »

Arthur

 

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