KEVIN ROWLAND OF DEXYS MIDNIGHT RUNNERS « The Wanderer »

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Kevin Rowland

 

 

Voici 30 ans dans BEST, GBD malgré le flot des critiques continuait à apporter son soutien inconditionnel à son pote Kevin Rowland pour la sortie de son album solo après le premier split de Dexys Midnight Runners.  Pourtant décrié à sa sortie, « The Wanderer » trois décennies après sa sortie n’a rien perdu de son charme so British.

 

Kevin Rowland The WandererSorti en 88, trois ans après le troisième LP de Dexys Midnight Runners « Don’t Stand Me Down », ce « Wanderer », une collection de dix chansons , dont la reprise du standard « Heartache By the Numbers » produite par le légendaire Eumir Deodato- qui assure aussi les claviers sur l’album- n’a pas rencontré le succès des albums de Dexys. Peu importe, pour moi Kevin Rowland pourrait chanter « Petit papa Noël », je resterai toujours aussi inexorablement fan. Et tant pis si les cuivres, marque de fabrique de Dexys ne sont pas aussi présents qu’à l’accoutumée. Trois décennies après sa sortie, ce pourtant critiqué « The Wanderer » reste toujours aussi cher à mon cœur. Love you Kevin !

 

Publié dans le numéro 240 de BEST

 Kevin Rowland

Elle venait à peine de poser le disque sur la platine, qu’il déboula de sa chambre : « Ah cette voix.. je ne connais que cette voix. Depuis Mac Cartney, il y en a peu qui savent vous transpercer de cette manière ». Elle ne connaissait pas ce Mac et elle s’en fichait. Le type sur la pochette avait une tronche de Don Diego de la Vega, mais son rock tranchait sur toutes les jacasseries du moment. Un titre comme « I Want » la balançait à 400 à l’heure et lui s’émerveillait sur le feeling Stones qui s’en dégageait. Pfufh! Comme Bowie à son apogée des 70’s, Kevin était un Fantomas lâché sur le front rock. Car tout comme Ziggy avait besoin de se transformer en Thin White Duke, Kevin Rowland a su être tour à tour le jeune rebelle soul et musclé de Dexys Midnight Runners, puis le pâtre rustique de Dexys 2 en version celtic soul, puis le preppy golden boy du malchanceux « Don’t Stand Me Down ». Elle alluma une cigarette et se laissa envelopper par la fumée et la voix enjôleuse. Elle n’avait qu’à fermer les yeux pour respirer l’air vif de la campagne. Cette musique l’emportait parce qu’elle n’était pas marquée dans le temps comme les modes fugitives qui déboulaient du Royaume-Uni. « C’est incroyablement sixties », diagnostique-t-il,  il y a du Elvis, du Lennon, du Lou Reed, du Costello… c’est bon comme un hot fudge sundae des good old days. » Allait-il la boucler un jour? Rien ne devait troubler son écoute. Ce chanteur avait une telle conviction, un tel naturel. Cow-boy au cœur tendre, il paraissait si vivant face aux reptiles plastiques et creux qui sont les habituels faiseurs de rengaines du moment. Kevin Rowland chantait « Walk Away ». Elle songea alors au fameux test de l’île déserte et se leva. Son disque en main, elle claqua la porte sans même un mot d’adieu. Crooner Wanderer, si votre petit(e) ami(e) écoute Kevin Rowland, surtout n’allez pas l’interrompre, car il vous en cuira gravement.

 

Publié dans le numéro 240 de BEST daté de juillet 1988

 BEST 240

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