HILLEL À LA BELLEVILOISE
C’était hier soir à la Bellevilloise, le trublion israélien Hillel était la vedette de la soirée organisée dans le cadre du Festival Jazz’N’ Kletzmer qui se tient à Paris du 31 octobre au 16 novembre. Et quand je dis vedette, je pèse mes mots : seul sur scène face à ses machines et son piano, coiffé de son Shtreimel version boule à facettes (sic !) et agitant ses papillotes au rythme de son cocktail de groove, house, funk, R&B et bien entendu disco hassidique carrément assumée. Résultats des courses : Hillel a plié le match de sa fusion aussi efficace que festive, s’affirmant comme une des plus bluffantes révélations venue du Proche-Orient.
Hashem is a winner… inscrit sur ses casquettes promo vendues au stand de T-shirts, le slogan a d’abord surpris le juif pas du tout pratiquant que je suis… jusqu’à ce qu’Hillel déboule hier soir sur la scène d’une Bellevilloise chauffée à blanc, en ouvrant son concert par ce titre au beat irrésistible empreint à la fois de respect mais aussi justement de dérision « Hashem is a Winner » véritable hit disco funk, quelque part entre le « I Will Survive » de Gloria Gaynor, Daft Punk et Jamiroquoi. Et durant près de 1h 30 notre funky allumé nous entraine de son super-pouvoir funkadélic, osant parfois le rap cool façon Eminem, le groove satiné façon Alicia Keys voire les guitares saturées aux confins d’une punkitude forcément provoc.

D’ailleurs, au milieu du concert Hillel, nous offre un super medley où il assume crânement ses influences, enchainant le lumineux « If I Ain’t Got You » d’Alicia Keys sur son premier CD, puis le « Escapade » de Janet Jackson avant de finir en beauté avec le poignant « Survivor » des Destiny Child. Retour à l’électro qui pulse en hébreu où Hillel joue comme un gamin de bruitages sur son synthé ; et même si comme moi l’hébreu c’est vraiment de l’hébreu, on se laisse aisément porter par ce feel good feeling, véritable choc culturel frontal entre tradition et futurisme. Après trois rappels, dont un étonnant pot-pourri de chansons folkloriques israéliennes, Hillel et son petit grain de folie salutaire nous laissent avec un air de fête qui résonne longtemps dans la tête. Et l’on se dit alors qu’il est sans doute la meilleure surprise musicale made in Israel depuis au moins Noga Erez !
