Quand Bob rencontre Bob
On apprend que le pape Robert Prevost, alias Léon XIV, avait « reçu en audience privée M. Robert Allen Zimmerman », alias Bob Dylan au Vatican. Quand Bob le poète américain par excellence rencontre Bob le vicaire du Christ, partageant ainsi bien plus que le même passeport US mais aussi et surtout la culture et l’espoir d’un monde juste un peu moins cruel.
Au fil de son cheminement, on peut dire Bob Dylan aura zigzagué entre ses origines juives assumées et sa tentation du christianisme, la preuve par sa trilogie gospel entre 79 et 81 avec « Slow Train Coming »- produit par Mark Knopfler que j’avais interviewé à l’époque- « Saved » et « Shot Of Love »… avant d’embrasser à nouveau le judaïsme, notamment en accompagnant les bar mitzvahs de des petits enfants en Israël. D’ailleurs le prix Nobel de littérature n’en est pas à son premier pape puis qu’il avait déjà interprété ses chansons puis rencontré Jean Paul II après le concert en 1997. Cette fois on peut carrément parler d’une rencontre au sommet entre les « Bob » les plus célèbres au monde, tous deux originaires de la même région du Midwest américain. Le pape Léon XIV — de son nom de naissance Robert Prevost — et notre Zim favori se sont retrouvés hier au Vatican.
La rencontre a eu lieu mercredi au sein du palais apostolique, la résidence du pape. Le souverain pontife était vêtu de sa soutane blanche, tandis que Dylan portait un manteau noir, des gants noirs et un sweat à capuche noir. L’audience avait été organisée par le père Antonio Spadaro, un responsable du Vatican reconnu pour son œuvrer à créer des passerelles entre l’Église et la culture au sens large. D’ailleurs plus tôt cette année, le même père Spadaro avait déjà facilité une rencontre entre le pape Léon et Patti Smith.
« Il était difficile de ne pas ressentir l’émotion liée à une rencontre qui revêtait une véritable dimension historique ; on avait le sentiment qu’à chaque pas dans le palais apostolique, tout pouvait arriver ! » a écrit le père Spadaro sur les réseaux sociaux.

Patti Smith et Leon XIV
Le pape, âgé de 71 ans et originaire de Chicago, connaît bien le répertoire de Dylan. Dans la préface d’un recueil de ses discours et réflexions publié en juillet, il a cité une chanson inédite de Dylan datant de 1963, intitulée « Go Away You Bomb ». Ce titre, composé en 1963, était une protestation antinucléaire ; de son côté, le pape Léon a exprimé son opposition à la guerre en Iran et a réaffirmé la position de l’Église catholique contre les armes nucléaires.
Léon n’est toutefois pas le premier pape que Bob Dylan rencontre. En 1997, lors d’un événement organisé par l’Église à Bologne, en Italie, en présence du pape Jean-Paul II, Dylan avait interprété plusieurs de ses chansons, notamment « Blowin’ in the Wind », « Knockin’ on Heaven’s Door » et « A Hard Rain’s A-Gonna Fall ». Jean-Paul II, reprenant une célèbre formule tirée de « Blowin’ in the Wind », a déclaré : « Vous m’avez demandé : combien de chemins un homme doit-il parcourir avant qu’on puisse dire de lui qu’il est un homme ? Je vous réponds : un seul ! Il n’existe qu’un seul chemin pour l’homme, et c’est le Christ, qui a dit : “Je suis le chemin”. »La rencontre a bien été confirmée par le journal du Vatican, qui a indiqué que le pape avait « reçu en audience privée M. Robert Allen Zimmerman », utilisant ainsi le nom de naissance de Dylan.
