JAY-Z : « 4 :44 »

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Jay Z 4:44 

4 ans d’attente pour ce « 4 :44 », qui tire son titre d’une insomnie vécue par Jay-Z, réveillé un matin à 4 :44, sans jamais pouvoir se rendormir. Mais, les nuits blanches sont parfois propices aux éclairs de génie, et il semble qu’à nouveau, cette fois, il ait frappé avec ce dernier et lumineux CD du rapper de Brooklyn. Certes, il est impossible de rester objectif avec un artiste que l’on affectionne depuis déjà 21 ans, mais j’affirme haut et fort que ce « 4 : 44 » dominera largement le peloton de tête des albums qui auront fait cette année 2017. Vous voulez parier?

 

Jay Z 4:44Jay Z est un géant. Et pas seulement parce qu’il domine la plupart d’entre nous du haut de ses 1,87 mètre, mais parce que ce 14 éme projet le prouve de la manière la plus cinglante. Il s’est écoulé 4 années depuis son « Magna Carta Holly Grail », mais cette fois Shawn Carter était déterminé à prendre tout son temps. Preuve également que cet album a été murement réfléchi, que Jay-Z n’a voulu conserver que la moelle substantielle de son art, il ne compte que 10 titres pour un total…non pas de 44minutes et quarante secondes, comme on aurait pu s’y attendre, mais de seulement 36 petites minutes et 11 secondes. Peu importe, ne dit-on pas que lorsqu’on aime on ne compte pas ? Certes, mes collègues plumitifs ne vont pas manquer de souligner dans quel contexte, notre Jay-Z publie ce disque. Dans son dernier CD « Lemonade » Beyoncé affirmait entre les lignes qu’elle n’avait pas été dupe des infidélités de son mari. Le mari volage lui répond aujourd’hui, battant sa coulpe, dans la chanson-titre « 4 :44 » : « je ne te mérite pas » lance-t-il à la mère de ses enfants. Car cette sortie coïncide avec un autre évènement notable pour la famille Carter : on a tout juste aujourd’hui la confirmation, que Blue Ivy a bien désormais un petit frère et une petite sœur, prénommés respectivement Sir et Rumi ( LOL on le sait car la famille Carter ne perd jamais le nord dés qu’il s’agit de faire des affaires. TMZ a relevé que les deux prénoms des twins ont été tout juste déposés en tant que marque pour des produits allant des eaux de toilette aux multiples accessoires pour bébés en passant par les incontournables tétines) . Pourtant, croyez-moi, au-delà de toutes ces considérations, la seule question qui doit être posée est la suivante : Jay-Z est-il toujours le King of New York, le champion du monde du rap East-coast. Ze caïd. Et la réponse est…devinez quoi ? « Kill Jay-Z », lance-t-il en pure bravade, dés le tout le tout premier titre pour régler ses comptes avec les tabloïds, qui ne l’ont pas raté, ces dernières années. Sur fond de sirènes de police new-yorkaise, mixées au sample du « Don’t Let It Show » du Alan Parson Project, soniquement il retrouve toute la niaque de son « Reasonable Doubt » fondateur de 1996, comme s’il souhaitait ainsi montrer que malgrè les années il n’avait pas changé. Suit la provoc « The Story of O.J » en référence directe au fameux O.J Simpson et à son tout aussi fameux procès…cependant c’est aussi dans la forme que ce titre se distingue. Jay utilise un échantillon de Nina Simone …mais accéléré ? Cela ne vous évoque rien ? Remember « Vol 2 : Hard  Knock Life »  et son hit du même titre en 98 ! Jay y échantillonnait le thème de la comédie musicale « Annie », en l’accélérant. Il utilise ici exactement la même technique pour balancer son texte implacable.

« L’héritage, ma fille, c’est ce désir d’excellence noire »

Jay-Z

Avec « Smile », Jay s’offre un échantillon en or massif le « Love’s In Need of Love Today » du mythique « Songs In the Key of Life » de Stevie Wonder. On retrouve également une vieille connaissance, Gloria Carter…la maman de Jay-Z qu’on avait déjà entendue sur la chanson « December 4th » sur le « Black Album » où elle racontait la naissance de son fils Shawn Carter. Cette fois avec « Smile », Jay évoque pour la première fois et de manière extrêmement pudique l’homosexualité de sa maman en lui tendant un micro. Première guest-star, avec Frank Ocean qui intervient sur l’ensoleillée et nonchalante « Caught Their Eyes » dans le contexte cool du sample « Baltimore » de Randy Newman. Érudit rock, n’oublions pas que notre « roi de New York » avait déjà utilisé le « Five To One » des Doors en 2001 sur « The Blueprint ». Love rap et spéciale dédicace pour Be, le vibrant « 4 :44 » est une longue et puissante lettre d’excuse. Il prononce sept fois « I apologize » je m’excuse, et assure que « à quoi sert un ménage à trois lorsqu’on peut compter sur une âme sœur ».  Même thème, même sujet avec la suivante « Family Feud » où il exhorte une certaine Becky de « lâcher », sur une cool composition réchauffée par le sample « Ha Ya »  des Clark Sisters. Plus originale et surtout plus tropical en duo avec Damian Marley sur la base du classique « Tenament Yard » de Jacob Miller, « Bam » est un des r-titres les plus surprenants de cet album. Ce « la la » vous le reconnaitriez entre tous  car c’est le « Fugee La » des Fugees que notre Jay-Z détourne à sa façon. Retour aux sources au Marcy Project où a grandi Swhan Carter, « Marcy Me », sur un beat nostalgique exotique brésilien, permet également de mesurer tout le chemin parcouru depuis les premiers flows, depuis les premiers deals. Super émotionnelle, la délicate « Marcy Me » compte parmi les perles de ce « 4 :44 ». Enfin cette histoire de famille, où l’on retrouve madame et maman, s’achève avec Blue Ivy Carter, qui apparait sur le dernier titre « Legacy » en demandant à son papa : « Dis papa c’est quoi un testament »….alors Jay répond à sa fille sur la pure émotion nostalgique du « Someday We ‘ll All Be Free » du soulman cool Donny Hathaway. Il cite ses sœurs Hattie et Lou, ses neveux, ses cousins. Dans un inventaire à la Prévert, il évoque sa plateforme musicale TIDAL où cet album est publié pour le moment en exclusivité pour une sortie annoncée le 7 juillet. Son champagne. « L’héritage, ma fille, c’est ce désir d’excellence noire » répond-il à la petite Blue Ivy de 5 ans. « Un jour nous serons libres » promet notre géant de New York en conclusion de cet émotionnel « Legacy ». Décidément, Jay-Z reste toujours au top. Mais, je vous avais prévenu : rester objectif relève de la mission impossible, dés qu’il s’agit de juger un certain Mister Carter.

 

 

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