GREEN ON RED “Here Come The Snakes”

Green On RedVoici 30 ans dans BEST, GBD s’americanisait au pur « yankee sound » des Green On Red croisés à LA cinq ans auparavant. Avec the Feelies, the Dream Syndicate, Certain General, The Replacements,  Soul Asylum et The Smithereens, les petits gars de Tucson, Arizona constituait le peloton de tête de mes groupes US favoris au crépuscule des 80’s. Flashback…

Green On RedJ’avais croisé les Green On Red l’été 1984 à Los Angeles lorsqu’ils s’apprêtaient à publier leur second LP, le fulgurant « Gas Food  Lodging ». J’avais succombé à leur rock alternatif taillé au fil du rasoir. Cette fois, pour ce 3 éme album ils s’étaient téléportés au légendaire studio Sam Philips Recording Service et collaboré avec des musiciens, locaux pour capturer ce fameux Memphis sound. Hélas, malgré toute leur fougue, et leur sens inné de la mélodie, après avoir publié trois autres 33 tours jusqu’en 92, la formation de Chuck et Danny se désintègre; Danny Stuart enregistre alors avec Steve Wynn du Dream Syndicate sous le sobriquet de Danny et Dusty. GON se reformera néanmoins en 2005 pour une poignée. Quant à Dan Stuart, il aura persévéré en artiste solo jusqu’en 2012 le rock ne meurt jamais…

 

 

Publié dans le BEST 247

 

Green On Red 

Du Green On Red que j’avais rencontré en Californie en 84, il n’en reste plus que deux: Chuck Prophet- le blond et Danny Stuart-le brun. Dans un jardin en friche planté à LA, ce dernier me faisait alors partager ses rêves de working class hero: une femme, des kids et un home sweet home… à la seule condition que quelqu’un mette enfin un frein à la politique méga-libérale de Reagan antithèse de la méthode Robin des Bois : avec Ronnie, ne prend-on pas en priorité aux pauvres pour pouvoir le dispenser aux riches ?

Beatniko-cocorico, Green On Red reflète toujours cette facette Jesse James qui hante encore quelques rockers d’exception comme Steve Wynn du Dream Syndicate. Dave Pirner du Soul Asylum ou Parker Dulany de Certain Gcneral. Comment oublier cette T Bird fifties gagnée par la rouille dans le jardin de Danny ? Tout un symbole ! En écoutant « Broken Radio » sur le nouvel LP, cette bagnole et l’image freudienne de Dylan se superposent. Œdipe suite, le duo s’auto-psychanalyse sur un titre décalqué des Stones, le bien nommé “Keith Can’t Read” où Danny et Chuck enchaînent tous les stéréotypes de leur groupe culte, en prenant toutefois assez de recul pour se payer la tronche de Richards qui ne lit « aucun livre sans image », égratigné à coup de riffs mais néanmoins avec une totale tendresse. Folkeurs baladeurs sur trame d’harmonica et faux semblants de Neil Young, les Green se font leur “Heart Of Gold” en slow travelling avant, réminiscences du vieux sud US. Œillades au «  Texas Chainsaw Massacre» sur la pochette, décidément c’est comme s’ils cherchaient sans cesse à prouver qu’ils sont bien de ce bois dont on fait les héros. Bref, avec les Greens, c’est « allez les Verts ! ».

 

Publié dans le BEST 247 daté de février 1989

BEST 247

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