GIRLSCHOOL ÉCOLIÈRES FOR EVER

GirlschoolVoici 40 ans dans BEST GBD tendait pour la première fois son micro à un groupe de metal. Normal, les Girlschool ne sont pas seulement les protégées de Motörhead, elles sont aussi le tout premier gang du genre à pratiquer le hard en version féminine. Pour la sortie de leur tout premier LP le « léger » « Demolition » rencontre avec les écolières British, Kelly, Kim, Enid et Denise. Flashback…

Girlschool by Jean-Yves Legras

Girlschool by Jean-Yves Legras

 

Plus de quatre décennies après leur formation, à l’aube des 80’s qui eut cru que les Girlschool seraient encore en activité rock après toutes ces années. Certes, le quatuor de protégées de Motörhead a souvent changé de personnel, cependant Kim et Denise, respectivement chanteuse-guitariste et batteur répondent toujours à l’appel, épaulées par deux autres nanas, la lead-guitariste Jackie et la bassiste Tracey. Leur dernier CD « Guilty As Sin » est millésimé de 2015, preuves que ces écolières invétérées n’ont rien perdu de leur rage rock.

 

Publié dans le numéro 153 de BEST sous le titre :

 

SORTIE D’ECOLEGirlschool

 

Les premières, c’était sans conteste les Runaways; ces Lolitas yankees du rock avaient plus de ketchup et d’ice cream dans leur musique que de Rock 100% « AndRoll». Normal, le père Fowley les manipulait, comme il manipule aujourd’hui les Orchids. Après, on a eu droit aux Slits, des punkeuses underground. Aujourd’hui, dans le style Rock pas tendre il y a désormais Girlschool. Les R and R sufragettes sont encore rares. Les nanas n’aiment pas trop généralement se parfumer à la Krone. Avec Girlschool, ça va peut-être changer? Elles ont entre 20 et 22 ans. Origine banlieue sud de Londres. La premiére fois qu’elles se sont rencontrées, elles étaient bourrées. Moi, je les retrouve dans un salon d’hôtel sinistre de la Porte de Bagnolet, à 3 heures de I‘après-midi elles jouent au bras de fer avec leurs chopes mousseuses. Santé !

« On n’est pas un produit », me confie sans grande conviction la guitariste, Kelly. Franchement, c’est la seule « écolière » de tout le groupe qu’on ait envie d’attendre à la sortie du lycée. C’est ma première interview phallo, alors je la laisse parler…

« On a joué ensemble parce que ça nous bottait. D’ailleurs, avant de rencontrer Motörhead, on tournait depuis déjà deux ans ».  Puis elle ajoute…. « Allez, tu peux nous demander n’importe quoi! »

Je ne me le fais pas dire deux fois. Lâchement j’en profite et je les aiguille vers des sujets, heu… plus féminins. Si on parlait chiffons ?

« On aimerait bien porter des fringues chouettes, mais on n’a pas le blé pour se les acheter. Alors on se met sur le dos tout ce qu’on trouve sur Kings Road ou ailleurs. Dans le style maquillage, on aimait bien Biba.

Qu’est-ce que vous faites samedi soir?

On va boire, se bourrer à la bière, à la vodka et au brandy ( mauvais cognac local : NDR).

Est-ce que vous avez des groupies mecs ?Girlschool Motörhead

Des mecs viennent souvent nous voir backstage, mais ils sont trop timides. Ils n’ont aucune initiative, ils viennent juste pour un autographe. Entre 16 et 20 ans, on ne pense pas trop au sexe. Ou on  a trop peur de l’avouer !

Quelle est la dernière fois où vous avez pratiqué ?

Avec mon boy friend.

Avec Phil mon boy friend.

C’était chiant, Tony était crevé… »

Elles ne prennent pas la pilule parce qu’elles l’oublieraient, mais quand on leur demande de poser dans un champ de boue pour une séance photo, elles ont peur de se salir. Elles font l’amour, soit, mais avec leur petit ami attitré : les hard rockeuses de Girlschool sont en fait des petites filles sages, pas des mutantes du rock branchées à fond cul. Je suis un peu déçu. Cela dit, leur premier LP « Démolition », sorti en juin dernier se laisse écouter, c’est même plutôt mieux que certains affreux mâles du rock dur britannique, comme les abominables Leppard, par exemple. Leur position de support band de Motorhead les a propulsées dans les grandes salles où elles sont encore un peu paumées. Elles se tapent complètement de l’égalité des sexes et la cause des femmes ne les empêche pas de dormir. Ça tombe bien, les Motörhead non plus. Ce qui compte, c’est l’explosion des watts et de ce côté-là (merci pour elles) leurs têtes légères ne les empêche pas d’asséner du rock lourd. Faut pas se plaindre !

 

Publié dans le numéro 153 de BEST daté d’avril 1981BEST 153

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