GEOFF RICHARDSON A FIDDLER ON TOP OF THE ROOF OF ROCK Episode 2

CaravanC’est peu de le dire mais sans Geoffrey Richardson, la face du rock n’aurait jamais été tout à fait la même. En 72, porté par son incroyable violon, il révolutionne le son de Caravan, propulsant la formation de Pye Hastings au sommet du rock aux cotés des Genesis, Yes ou Pink Floyd. Au fil des ans, le natif de Hinckley mettra son talent au service du Penguin Café Orchestra mais aussi des Buzzcocks, de Murray Head, Rupert Hine, Bob Geldof, Steve Hillage mais aussi cocorico Rachid Taha, Renaud et même Julien Clerc ! Episode 2 : de Murray Head à Rachid Taha, en passant par the Oyster Band,  l’espion de la CIA Miles Copeland senior et le manager de Police, IRS et autres Miles Copeland junior.

Geoff Richardson C’est émouvant de retrouver Geoff Richardson après toutes ces années. On s’était rencontré lorsque je commençais à collaborer avec BEST ( Voir sur Gonzomusic CARAVAN MY FIRST BEST ROCK REPORT ). Caravan jouait au Mans au printemps 1980, dans une infame bulle de béton au son pour le moins approximatif modèle Palais des Sports années 60. Mais j’avais quand même adoré voir Caravan sur scène, car je les écoutais depuis toujours dans ma chambre d’ado. J’avoue ne plus vraiment me souvenir du verbatim de nos propos d’alors, mais je suis certain que nous avions passé un super moment. Or l’hiver dernier à l’Olympia pour le concert des 80 ans de Murray Head  ( Voir sur Gonzomusic HAPPY 80TH BIRTHDAY À L’OLYMPIA MURRAY HEAD ) j’avais retrouvé Geoff Richardson et son violon magique. Ce qui bien entendu m’a fait repenser à Caravan, formation aussi cool que planante sans doute un peu trop oubliée à mon gout de nos jours, d’où cette nouvelle saga Gonzo qui lui est consacrée.

Episode 2 : de Murray Head à Rachid Taha en passant par the Oyster Band,  l’espion de la CIA Miles Copeland senior et le manager de Police, IRS et tant d’autres Miles Copeland junior.

 

 

« Murray Head s’amuse aussi souvent à faire varier les arrangements comme sur cette version funky de la chanson de « Jesus Christ Superstar »… comme si elle était revisitée par Earth, Wind & Fire !

 

Olympia Murray HeadMerci mille fois de l’avoir remarqué… en effet. Nous avons commencé à la répéter pour ce concert anniversaire de Murray à l’Olympia et soudain Murray s’est exclamé : ah et merde, on ne peut pas à nouveau refaire cette chanson. Elle sonne beaucoup trop années 60 et pas dans le meilleur sens du terme. Car ce titre était carrément pompeux. Et c’est là où Jennifer Maidman la bassiste a lancé… « et si on la faisait en mode Earth, Wind & Fire ? ». Par conséquent nous avons essayé et ça collait parfaitement tout en donnant un sacré coup de boost à la chanson. Et depuis l’Olympia nous l’avons rajoutée à la set-list de nos concerts dans cette nouvelle version. Par contre, nous ne changeons rien aux arrangements de « Say It Ain’t So ». Tout comme « One Night In Bangkok ».

 

Je suis surpris que Murray fasse « Bangkok » car je pensais qu’il ne l’appréciait pas trop vu qu’il ne l’avait pas composée.

 

Il ne chante pas non plus… (rire… c’est toute l’ironie de l’histoire, car c’est plutôt une sorte de rap. (rire) Mais moi je l’aime bien, c’est un sacré titre. Quel plaisir de jouer avec Murray depuis toutes ces années !

 

Il est particulièrement surprenant à mes yeux que tu n’as pas sorti plus d’albums solos ou de projets solos ? Tu joues de tant d’instruments, tu aurais pu faire comme Todd Rundgren,, par exemple.

 

Geoff RichardsonJ’ai effectivement enregistré quatre albums solos…

 

Oui mais en 60 années de carrière, c’est fort peu.

 

Je sais bien. Mais j’ai énormément travaillé pour la télévision et le cinéma ; on appelle cela de l’illustration sonore, de la synchro et j’ai un peu remporté du succés dans ce domaine.  J’ai l’impression que tu ne connais pas the Oyster Band ?

 

Effectivement.

 

C’est un groupe folk British assez réputé, ils sont aussi issus de la scène de Canterbury. Pour moi ils sont aussi importants que Fairport Convention.  Et Alan Prosser, qui en est le principal compositeur, est un ami proche. Nous aimons travailler ensemble et nous sommes justement actuellement dans mon studio en train de faire un album. Et c’est un bien étrange cocktail musical, lui est un compositeur folk et un pur chanteur folk. Avec une pensée socialiste assez structurée que nous combinons à mes bidouillages électroniques et à des tas de trucs acoustiques. C’est un sacré mélange. En tous cas ce sera un véritable album, riche en chansons décentes. Tout en laissant une place à l’étrange.  On y retrouve par exemple certaines de mes compositions qui datent des 60’s. De vieilles idées qui sont soudain remontées à la surface. On en reparlera. Mais je te l’accorde: quatre albums solos pour toutes ces années représente un score modeste.

 

C’est le moins que l’on puisse dire avec une moyenne d’un disque tous les…quinze ans !

 

Je sais bien. Et pourtant j’ai tous ces disques durs de trucs enregistrés dans mon studio, c’est tout le paradoxe. J’ai 120 M2 de studio où j’entasse tant de choses, c’est mon territoire, mon domaine privé. Tant de sons, tant de bruits, tant de souvenirs. Mais je suis aussi perfectionniste, par conséquent il est hors de question pour moi de sortir des trucs inachevés ou bâclés.

 

Geoff RichardsonTu as des regrets par rapport à un groupe que tu as quitté ou un groupe que tu n’as pas rejoint ? Ou un album auquel tu n‘as pas souhaité participer ?

 

Ma vie aurait été bien différente en 1975, si Caravan n’avait pas signé avec Miles Copeland en management.

 

J’avais carrément oublié ce détail…

 

Il nous a managé durant des années. Nous avons même sorti un, voire deux albums sur BTM, qui était le label de Miles. Mais à la seconde année où Miles nous manageait, le punk est arrivé. Et Miles a plongé direct dedans. Un jour il a convoqué tous ses groupes comme Wishbone Ash, Curved Air, Renaissance, Climax Blues Band et bien sûr Caravan pour nous dire :  désolé les gars, mais  on ne peut plus s’occuper de vous les hippies, on est parti à fond la caisse sur le punk ! ». Et il a lancé Faulty Products et ses labels punks.

 

Miles Copeland

Miles Copeland

Oui il a appliqué précisément les méthodes de son père agent à la CIA pour créer le mythe Police. Référence aux articles BEST ou j’ai réuni Stewart le batteur, Miles le manager et Ian Copeland le tourneur ( Voir sur Gonzomusic  POLICE LES AGENTS TRÈS SPÉCIAUX DU ROCK et aussi POLICE LES AGENTS TRES SPECIAUX DU ROCK Épisode 2 )

 

Exactement… Ian était notre tour manager au début durant nos deux premières tournées américaines ! Miles était notre manager. Je me souviens, il m’avait appelé, comme Sonja Kristina, la chanteuse de Curved Air pour nous dire, je me sépare de tout le monde mais je garde un vif intérêt concernant vous deux. Il m’a dit : je monte un nouveau groupe avec Stewart, Sonja, Francis Monkman le claviers de Curved Air et moi. Donc on s’est retrouvé pour répéter plusieurs jours, mais on sentait bien que la sauce ne prenait pas.  D’ailleurs très vite Miles a cessé d’assister à ce séances, c’était un signe. Tu m’as demandé si j’avais des regrets, peut être un puisque que finalement ce groupe a fini par devenir the Police  ( voir sur Gonzomusic https://gonzomusic.fr/?s=the+police ) ! Et j’ai eu l’opportunité d’en être le guitariste, mais finalement je ne regrette rien.

 

Tu sais, je connais un corse qui a été guitariste de Police pendant un quart d’heure et cela ne lui a pas vraiment été bénéfique de toucher un instant au rock and roll dream et le voir aussi vite vous glisser entre les doigts. Et on ne peut pas vraiment die que ses Flying Padovanis aient fait des étincelles.  Franchement ta vie musicale est dix fois plus excitante !

 

Oui c’est vrai, il était juste sur le premier 45 tours. Je connais Henri Padovani, je l’ai rencontré.

 

Le Pete Best de Police !

 

1,2,3 SoleilsExactement.  Donc, j’ai laissé tomber ces répètes et Stewart Copeland s’est rapproché de Sting et le reste appartient à l’Histoire. Miles nous avait emmené dans ce tour baptisé Star Truckin’ qui sillonnait toute l’Europe… dans un avion, ce qui avait coté une somme colossale. Il a donc perdu une fortune dans cette tournée. Il s’est retrouvé en faillite. Mais Miles est connu pour savoir toujours retomber sur ses pattes. C’est une leçon qu’il a du apprendre avec son père l’espion de la CIA. Stewart était le frère le plus banal alors que Ian était un magouilleur invétéré, expert pour obtenir tout ce qu’il voulait des gens avec lesquels il travaillait. Quant à Miles, il tenait vraiment aussi de son père pour son coté manipulateur. D’ailleurs en parlant de Miles, il m’a envoyé une lettre il n’y a pas longtemps. Il est reparti vivre en Californie. Il, m’a écrit : je n’avais pas réalisé que tu jouais avec Rachid Taha ( Voir sur Gonzomusic https://gonzomusic.fr/?s=Rachid+Taha ), or je suis totalement fan de ce qu’il fait. Je n’avais pas non plus remarqué que tu jouais sur le fameux live « 1, 2, 3 soleil ». J’étais aussi le directeur musical pour toutes les cordes du concert à Bercy. Miles m’a aussi dit : « c’est un de mes trucs favoris au monde, j’ai assisté à ce concert ». Il était même à la fête organisée après par Barclay, on y était les deux et pourtant on s’est ratés. On ne s’est pas vu depuis des décennies, en fait. En tout cas avoir collaboré à un tel projet est une sacrée source de fierté pour moi. Je me souviens aussi du phénoménal concert « Touche pas à mon pote » place de la Concorde, moi je jouais avec Murray mais je me souviens très bien du concert de Carte de Sejour ce jour-là, c’était juste incroyable. Je suis aussi très fierd’avoir collaboré à « Ya rayah » où j’avais travaillé sur les cordes et sur la flute. Et nous avions tout fait Helen du Penguin Café Orchestra et moi.« 

 

 

 

 

 

Voir sur Gonzomusic  Episode 1 : de Caravan à Murray Head en passant par Rupert Hine et Renaud GEOFFREY RICHARDSON THE FIDDLER ON TOP OF THE ROOF OF ROCK Episode 1

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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