ELVIS COSTELLO “Hey Clockface “

Elvis-Costello« Oliver’s Army”, “Everyday I Write the Book”,  “I Wanna Be Loved”, “New Amsterdam”“Accident Will Happen”, « I Want You.”. ». Auteur pour l’éternité de ces classiques entre new wave, country, jazz et pop-soul, ce vétéran de la fin des 70’s est une légende vivante au même titre que Randy Newman, Graham Parker ou Joe Jackson. Ses chansons se bonifiant avec le temps, on ne va pas se priver de son « Hey Clockface » son vibrant 25ème album publié en octobre de l’an passé.

Elvis-CostelloPar Jean-Christophe MARY

Héros du rock, à seulement 66 printemps, Elvis Costello s’est fait connaître en 1977 avec son premier album de King de la New Wave, « My Aim is True », où il apparaît sous son pseudo improbable, avec des lunettes énormes qui deviendront au fil du temps sa marque de fabrique. Il est vrai qu’avec son blaze véritable Declan Patrick Aloysius McManus, il n’avait pas la moindre chance de survie auprès des programmateurs radio. La même année, il monte The Attractions, une excellente formation qui restera pour des années son groupe fétiche. Deux ans plus tard, l’album « Armed Forces » deviendra son plus gros succès commercial et le single Oliver’s Army atteindra la deuxième place des charts anglais. Suivront dans les années suivantes une flopée de tubes « Everyday I Write the Book », « I Want You » ou encore « Veronica » co-écrit avec Paul McCartney. En 2017,  iconoclaste comme toujours, il créera la surprise en s’associant au groupe hip hop The Roots avec « Wise up Ghost », un album étonnant entre funk, soul, ballade et rock. Après le très rock classic « Look Now » (2018), voilà qu’il récidive aujourd’hui avec le surprenant « Hey Clockface » qui nous montre une nouvelle facette de son travail. Voilà des chansons intrigantes, parfois déroutantes, mais construites sur de solides bases mélodiques qui sont le muscle et l’ossature de l’album. À commencer par ce spoken word  « Revolution # 49 » qui s’ouvre en intro sur fond de trompette orientale, de cordes qui murmurent derrière cette vielle à roue d’un autre temps.

Elvis-CostelloLe charme est brusquement interrompu par une rafale de guitares mordante, qui telle une scie sauteuse broie les structures harmoniques du morceau suivant « No Flag « . Voilà le ton est donné et vous comprenez qu’ »Hey Clockface » s’annonce comme un album d’un genre particulier. Outre « Radio is Everything » un autre spokenword émouvant, le   caméléon Costello se glisse tour à tour dans la peau d’un Dylan « Newspaper Pane » ou bien d’un slammer avec « Hetty O’Hara Confidential » sorte de boogie-woogie tumultueux et brinquebalant en référence à la chroniqueuse américaine Hedda Hopper. Dans la foulée, on trouve « The Last Confession Of Vivian Whip » et « What Is It That I Need That I Don’t Already Have ? « et « Byline » trois magnifiques balades piano voix où la voix douce et légèrement chevrotante sonne de manière suave, très langoureuse. On se laisse donc bercer. Et puis voilà que les titres s’enchainent de manière singulière, si singulière même que notre oreille n’est en tout cas pas habituée à entendre. On est agréablement surpris par « Hey Clockface / How Can You Face Me? » et « I Can’t Say Her Name » qui mélangent cacophonie jazzy et humeur festive, le tout savamment orchestré par Steve Nieve (piano), Bill Frisell (guitare) et Nels Cline (guitare). Voilà un album déroutant, mais diablement réussi. Le seul hic, c’est que l’auditeur puisse s’y perdre au risque de passer à côté. Il faut donc l’écouter et le réécouter pour en apprécier la substantifique moelle.

 

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