ECHOSMITH « Lonely Generation »

Echosmith5 ans après leur joyeux premier CD, les Echosmith, soit la contraction d’Echo (and the Bunnymen) et de (the) Smith(s) de Morrisey, reviennent enfin avec un second album intitulé « Lonely Generation ». Sœur et frères, Sydney, Noah et Graham Sierota sont produits par leur papa qui réalise aussi les CD de Zedd et de Seal. Toujours aussi fraiche et insouciante, la pop acidulée retour vers le futur des 80’s des kids de Chino, California se révèle un excellent antidote à la grisaille planétaire. Et dans ces temps confinés, ce n’est pas du luxe…

EchosmithVoici cinq ans, j’avais déjà très largement craqué sur Echosmith vus au Nouveau Casino, en bas de ma rue, et dont le tout premier album « Talking Dreams », très largement porté par leur petit hit irrésistible «  Cool Kids » ( Voir sur Gonzomusic https://gonzomusic.fr/echosmith-la-nouvelle-pop-rafraichissante-de-la.html ) et un art pop qui me rappelait celui des Gogo’s, Motels et autres Bangles du début des 80’s que j’ai bien connu. Et ce petit nouveau, « Lonely Generation » exhibe lui aussi fièrement ses racines 100% Golden State. Dès la chanson-titre et ses joyeux chœurs de kids, Sydney et ses frères- même si Jamie l’ainé et guitariste a quitté Echosmith entre les deux CD- nous entrainent sur le chemin de leur festive Yellow Brick Road imaginaire. Puis c’est au tour de la balade ensoleillée « Diamonds » de nous séduire, avec un je ne sais quoi qui évoque une autre ado-star-californienne-fille-d’un-fameux-producteur, Colbie Caillat ( dont le père Ken Caillat réalise les LP à succès de Fleetwood Mac). Sans doute LA locomotive pour propulser l’album, « Cracked », en moins de trois minutes de bonheur, se révèle un joli brin de hit que ne renierait ni Ariana Grande ni Selena Gomez. Vous l’aurez compris, avec ce nouvel album, miss Sierota est bien déterminée à jouer, et pourquoi pas gagner, dans la cour des grandes. Quitte à sacrifier une partie de son énergie rock.

EchosmithCependant, dans sa quête pour le succès, « Lonely Generation » ne manque pas d’atout et le prouve avec un quasi électro, le sensuel « Shut Up and Kiss Me », qui surfe joyeusement entre le son synthé vintage d’OMD et… un tube de Lady Gaga… et on ne parle pas là de rouge à lèvres 🤩. Stucked into the 80’s, justement, avec le bien-nommé « Stuck » me rappelle les Psychedelic Furs et Big Country, tandis que “Last Forever” joue les revival des Bangles façon « Eternal Flame ». La lente et mélancolique « Everyone Cries » porte bien son nom et ne devrait pas manquer de marquer des points, mais c’est avec « Lost Somebody » que les choses sérieuses reprennent : fille spirituelle de « Cool Kids », la radieuse et entêtante composition sonne comme un  clin d’œil aux hits des 80’s du Jefferson Starship, California un jour… California toujours !  Plus electro-pop contemporain, mais aussi plus aseptisé, « Love You Better »   pourrait être vocalisée par Dua Lippa ou Charli XCX. Slow aérien pour folk dépouillé à la guitare acoustique, la touchante « Follow You » se distingue par sa simplicité… et sa similitude avec Colbie Caillat, again. Enfin, ce second épisode des aventures de Sydney et ses frangins s’achève sur la délicate « I Don’t Want To Lose My Love ». Mission accomplie, on va dire pour Echosmith, même si ce nouveau formatage pop internationale bride quelque peu leur force créatrice. Mais à tout juste 23 ans Sydney a tout le temps de nous prouver qu’elle ne se contentera pas de fugitivement « marcher sur le soleil », un tube et puis s’en va, à l’instar d’une Katrina and the Waves, mais qu’elle est là pour durer, portée par cette « génération solitaire » confinée volontaire ou non des réseaux sociaux qu’elle souhaite incarner.

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