DEACON BLUE « Raintown »

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Deacon Blue 

Voici 30 ans dans BEST, GBD chantait carrément leurs louanges sous la pluie histoire de défendre le tout premier 33 tours d’un groupe écossais inconnu baptisé Deacon Blue et dont le patronyme était directement inspiré d’une composition d’un de ses groupes californiens fétiches, Steely Dan (voir sur Gonzomusic https://gonzomusic.fr/my-steely-dan-storyso-long-walter-becker.html ) . Rien de surprenant, donc à ce que Deacon Blue se soit projeté son propre rêve californien pour combattre tout le spleen du chômage et de l’exclusion sociale symbolisés par la pluie qui s’abat si régulièrement sur leur bonne ville de Glasgow. Empruntons la big rock machine à remonter le temps pour plonger à nouveau avec délectation dans la pop idéale de Deacon Blue.

 

Deacon BlueSpécialiste des groupes écossais, dans ces années BEST on peut dire que je les enchainais ; Simple Minds bien sur, mais également Hipsway,le pré-Texas, sur lesquels j’ai beaucoup écrit aussi, the Jesus and Mary Chain, Wet Wet Wet, les Silencers et sans doute d’autres que ma mémoire n’a pas totalement conservés. Affinité musicale, mais également humaine, ces Nordiques étant paradoxalement les méridionaux des iles britanniques,ils sont  chaleureux, cool et surtout  bien plus ouverts que les Anglais et autres gallois, malgré leur propension à rouler tous les « r » de leur vocabulaire. Si en 87, Deacon Blue était parfaitement inconnu, leur pop élégante et soignée avait connu un précédent avec Prefab Sprout dont le premier LP « Steve McQueen » était sorti un auparavant. Avec Deacon Blue, et bien entendu Squeeze , toutes ces formations participent au renouveau de cette pop british longtemps tétanisée par l’omnipotence de leurs ancêtres Beatles. Et avec ses compositions dorées à l’or fin, merveilleux concept album hanté par Glasgow « Raintown » pouvait sans peine emprunter la piste des géants qui mène au succès massif. Pour son premier essai, la formation de Ricky Ross jack-potera largement le 1 million d’exemplaires, un véritable carton historique qui dépassera largement mes espérances de rock-critic.

 Publié dans le BEST numéro 230

 

Deacon BlueLa nuit était passablement avancée j’avais déjà au moins ingurgité quelque trente nouveautés: ma platine et moi, on commençait à désespérer du rock and roll. C’était sans compter avec « Raintown », premier LP d’un groupe inconnu. Coup de foudre instantané. Deacon Blue c’est le rêve des grands espaces californiens et le romantisme insulaire british. Décryptage des notes de pochette: il apparaît que mes Deacon Blue sont écossais et que leur « Ville de la pluie » est en fait Glasgow. Par une fenêtre du studio, je parie qu’on peut la voir tomber tandis que simultanément le soleil crève les nuages sur une autre fenêtre. Le plus étonnant c’est leur son et ce feeling de Jackson Browne -meilleure époque « The Pretender »/« Running On Empty » – si chaleureux qu’il transpire sur la plupart des plages du LP. Ricky Ross me rappelle aussi fortement Paddy Mac Aloon et ses Prefab Sprouts allumés de Steve Mac Queen. D’ailleurs Deaeon Blue a sa propre idole d’Hollywood : Spencer Tracy. Ils signent et persistent avec le titre « She Looks Like Spencer Tracy Now ». Percutant, gorgé d’adrénaline et de sensibilité exacerbée, Deacon Blue griffe le cœur comme un archer exercé. Chaque titre va droit au but: de « Chocolate Girl» à « Loaded » en passant par « Dignity », le premier single. Au secours, tous les groupes anglais que j’aime sont écossais : des Minds jusqu’à la soul d‘Hipsway et de Wet Wet Wet, au psychédélisme de Jesus and Mary Chain, à la perfection de ce Diacre Bleu qui ramassera sans doute prochainement un paquet d’offrandes. Sans deaconner !

 

 Publié dans le BEST numéro 230 daté de septembre 1987

BEST 230

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