COWBOYS JUNKIES « Songs Of the Recollection »

Cowboy JunkiesDe David Bowie à the Cure, les Cowboys Junkies nous régalent d’une incroyable collection de reprises sélectionnées avec amour. En effet, leur nouvel album « Songs Of the Recollection » se compose de neuf compositions des artistes qui comptent parmi les favoris du groupe. Certains des titres sont nouvellement enregistrés, tandis que d’autres sont issus de projets antérieurs des Canadiens. Un régal sonic…

Cowboy JunkiesPrès de vingt albums en trente six ans d’exercice impeccable du rock, c’est en toute discrétion que ces garçons-vachers junkies ont su traverser les décennies.  Et, à l’écoute de ce succulent « Songs Of the Recollection », on comprend aisément tout ce qui peut faire l’ADN du quatuor de Toronto. Car dès le premier morceau, une reprise crépusculaire du « Five Years » de Bowie sur « Ziggy Stardust » on comprend tout le sérieux derrière la démarche des Cowboys Junkies. Beauté et harmonie, mais aussi douleur lancinante, l’adaptation se révèle juste subjuguante. Suit « Ooh Las Vegas » empruntée à Gram Parsons ( et qui inspirera un titre d’album aux écossais de Deacon Blue) climatique et émotionnelle comme un titre du Velvet Underground. Vous l’aurez compris, les Cowboys Junkies aiment percuter la légende du rock et ils le prouvent en revisitant l’obscur joyau du « Beggars Banquet » des Stones, la bluesy « No Expectations ». Et, défiant toute logique des albums de reprises, ils réinventent non pas une mais deux chansons coup sur coup du Canadien Neil Young, d’abord l’historique « Don’t Let It Bring You Down » tirée de son deuxième LP « After the Gold Rush » arrangée façon grunge country écorchée vive, puis une de mes chansons favorites du Loner extraite de l’immense et méconnu « Time Fades Away », « Love In Mind » à la fois éblouissante et chair de poule pour une émotion intense toute en slow-motion. Avec « The Way I Feel », les Junkies remontent jusqu’en 1967 pour emprunter sur un vibrant mode mélancolique la chanson-titre du second LP de leur compatriote, le héros folk Gordon Lightfoot. S’il n’est pas surprenant de voir ces Canadiens chanter Bob Dylan, la surprise nous vient cette fois du choix de la composition : « I’Ve Made up My Mind To Give Myself To You » tirée du tout dernier album du Zim. Incontestablement hantée par la country-music, la chanson nous projette dans un étrange climat qui ressemble à une scène onirique de David Lynch, tournée dans sa fameuse « red room » de TWIN PEAKS. Encore un héros maudit, honoré par notre  quatuor avec Vic Chesnutt, disparu trop tôt à 45 ans. Son « Marathon » devient ici une lente mélopée plaintive comme si elle se trouvait enfermée à fond de cale d’un vaisseau fantôme balancé dans une mer déchainée. Enfin, comme le bouquet final clôt le feu d’artifices, les junkies nous ont gardé le meilleur pour la fin, avec cette hallucinante reprise du vibrant « Seventeen Seconds » des Cure qui nous entraine au sommet d’une montagne qui émerge comme une ile dans un océan de nuages. Et sur ces sidérantes distorsions, nos cœurs palpitent forcément. En tout « Songs Of the Recollection » offre neuf précieux emprunts au rock éternel qui nous rendent forcément … accros à ces Cowboys Accros.

 

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