CHERNOBYL

chernobyl-ep-1-explosionDélicieusement rétro et, dans le genre, sans doute le plus atomiquement terrifiant depuis un certain « Docteur Folamour », la minisérie CHERNOBYL diffusée sur HBO relate avec minutie la catastrophe qui a ravagé la centrale ukrainienne située dans la localité de Pripyat rendant toute vie impossible pour des générations à cause de la radioactivité. Lorsque la réalité dépasse la fiction de manière la plus glaçante: c’est ce qui fait sans  aucun doute tout le succès de ce CHERNOBYL.

ChernobylEn 5 petits épisodes époustouflants, on découvre comment, dans le sillage de la catastrophe nucléaire la plus terrible survenue sur le continent européen, les autorités soviétiques aussi tétanisées que dépassées par les évènements se sont contentées de vaguement balayer la poussière nucléaire sous le tapis. Mais comme, justement, chacun est toujours censé balayer devant sa porte, souvenons nous qu’à l’époque, on nous avait assuré  que le nuage de Tchernobyl s’était arrêté à notre frontière est…puisqu’il n’avait pas de visa  adéquat pour pénétrer dans l’Hexagone !

 Moscou, le 28 avril 1988.

Un type enregistre ses déclarations explosives relatant ce qui s’est vraiment produit à CHERNOBYL sur des cassettes audio et va les planquer dans une cache extérieure à son appart. Assis dans une voiture, un type le surveille. Il rentre chez lui, nourrit son chat et va… se pendre ! Aurait-il quelque chose sur la conscience?

Pripyat, en Ukraine, deux ans et une minute auparavant.

Au loin brille l’intense lueur d’une explosion. Dans sa cuisine, une femme s’est réveillée dans la nuit. Son mari aussi. Ils observent interloqués. Sur le lieu de l’explosion, dans la salle de contrôle de la centrale les alarmes hurlent à la mort dans la fumée. Des mecs en blanc sont paniqués : le cœur du réacteur vient d’exploser. Appelez les pompiers. Il sort de la salle de contrôle dans les couloirs où toutes les vitres sont fracassées. Explosion dans le bâtiment principal entre le 3é et le 4é bloc. Réveillez les dirigeants. Le toit est en feu.

1 :25 du matin, les alarmes hurlent à la centrale. Tout commence à s’écrouler. Il faut évacuer le personnel. Un technicien gravement brulé irradié agonise, véritable homard humain, dans un couloir ravagé. Hurlement des sirènes des pompiers. Chaos total apocalypse. Incendie dantesque.

2 :30 Dans le bâtiment administratif on se persuade que la situation est sous contrôle. Pourtant, on ne le dirait pas. Dialogue :

« -Je dois en référer au Comité central, vous en êtes conscient. Je dois leur annoncer que ma centrale et en feu. Que s’est-il passé ?

-Nous avons fait un test approuvé par l’ingénieur en chef qui a causé une accumulation d’hydrogène et le bassin de contrôle s’est enflammé abimant le toit du réacteur. »

Pendant ce temps, les cendres radioactives commencent à se répandre sur la population proche de la catastrophe. Les gamins croient qu’il neige. Pathétique. Dans la centrale, de plus en plus de techniciens écarlates sont irradiés. Mais les pompiers continuent de lutter aussi courageusement qu’ en vain contre les flammes.

3 :30  Dialogue : « Et l’auxiliaire ?

-Les pompes sont mortes, le cœur est fichu.

-Nous devons ouvrir des vannes.

-Il ne reste plus rien là-bas. »

5 :20 : Dans le bunker, sous le bâtiment administratif, arrivée des cadres du Parti. Dialogue glaçant. 

« -Ici nous sommes en sécurité ; cet abri anti atomique a été construit lorsqu’on s’attendait à une attaque des Américains. Le secrétaire général du PC Gorbachev a été alerté. Tout d’abord, soyez assuré que cet accident est totalement sous contrôle. Pour s’en assurer, l’armée a dépêché 4000 hommes.

-On a vu des types vomir dehors. On a vu des types gravement brulés. Il y a des femmes des enfants, je suggère qu’on évacue la zone sans plus tarder.

-Allons donc, notre foi dans le socialisme soviétique sera récompensée. Nous devons éviter toute panique. Nous bouclons la ville. Personne ne sort. Nous devons tenir le front ici pour éviter que ne se répandent de fausses informations. Nous serons tous récompensés de notre action ici ce soir. »

Mais l’ingénieur en chef lui tient tête et soutient que le cœur du réacteur a tout simplement explosé et que les radiations mortelles se répandent partout.

« Je ne saurais expliquer comment il a pu exploser, mais cela s’est produit ! »

Et l’ingénieur de vomir ses tripes avant de s’écrouler. Apocalypse now. De plus en plus d’ouvriers sont irradiés. À l’hôpital, les premiers grands brûlés commencent à affluer. Et pendant ce temps-là, le nuage se propage… mais dans la ville à côté, c’est business as usual. Les gamins partent à l’école comme si de rien n’était. Pourtant les premiers oiseaux contaminés commencent à tomber raide morts comme dans un film d’épouvante. CHERNOBYL est en feu et chaque atome est aussi mortel qu’une balle.

On reste tétanisé devant CHERNOBYL, son souci du détail, ses décors et costumes impeccables qui nous téléportent jusqu’à l’ancienne URSS. Et aussi et surtout cette sensation glaçante qu’un tel accident nucléaire pourrait se produire chez nous, en France. Voici 8 ans, 23 ans après la catastrophe de Privyat, se produisait le tsunami qui a ravagé Fukushima et touché les unités 1,2 et 3 du réacteur, rendant ainsi inhabitable toute la région alentour et forçant la population à l’exil.

  

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