AMINA « La lumière de mes choix »

Amina et Léonard Lasry by  Kilian Thomas

Amina et Léonard Lasry by Kilian Thomas

À 31 années d’intervalle c’est le second album d’Amina qui me fait fondre comme neige au soleil. Et comment en serait-il autrement ? L’aveuglant « La lumière de mes choix » se révèle juste captivant. Capturé en totale osmose avec le compositeur touche-à-tout Léonard Lasry, cette collection de dix chansons a su faire battre mon cœur sans doute un peu plus vite envouté par la grâce intemporelle de ce nouvel album, sans doute la meilleure surprise francophone de cet automne.

AminaAmina et moi, c’est une vieille histoire d’amour musicale. À l’aube des 90’s, je collaborais en tant que réalisateur à l’émission MEGAMIX de World-Music sur Arte produite par un certain Martin Meissonnier. Martin avait entre autre réalisé le colossal « Juju Music » pour King Sunny Adé, il n’était guère surprenant qu’il mette son talent au service de sa compagne, Amina Annabi. Le résultat «  Yalil » sort en février 1990 et je tombe éperdument amoureux de cet enivrant cocktail qui mêlait si bien world music et électronique, signant une chronique enamourée dans le BEST 259 ( Voir sur Gonzomusic  https://gonzomusic.fr/amina-yalil.html ). Un an plus tard, elle offre à la France sans doute la plus belle chanson de l’Eurovision après l’irrésistible « Poupée de cire, poupée de son » de France Gall cornaquée par Gainsbourg avec la tropicale « C’est le dernier qui a parlé qui a raison » co-signée par le sénagalais Wasis Diop. C’est dire si ce retour  attendu d’Amina avec un solide album sait nous réjouir.  Car « La lumière de mes choix », fruit d’un travail d’équipe avec Léonard Lasry, porte admirablement bien son titre, riche de ses lumineuses compositions et de ses interprétations émotionnelles. Si l’on est à des années-lumière des séquences électro de ses débuts, la chanteuse de Carthage pratique ici la variété, mais dans son sens le plus noble et sans jamais renier ses origines.

Amina by  Kilian Thomas Jadis Amina avait coutume de se définir en tant qu’ « orientale désorientée », dès le premier titre « Tu joues si bien » qui nous chavire de son flamenco léger, on sent bien qu’elle a trouvé sa voie. La suivante « Radwoi », l’une des deux compositions en arabe de l’album, se révèle juste subjuguante comme une rose des sables. Avec « On est prié de se plaire », ardent duo romantique avec Léonard Lasry, on songe aux chansons immortelles de Jeanne Moreau. Sans doute l’une de mes favorites, la délicate « Un baiser dans le cou » portée par toute la séduction de sensualité ne peut laisser quiconque indifférent. Mélancolie exacerbée en version arabo-andalouse pour la chanson-titre « La lumière de mes choix », et incontestable statut de tube en puissance pour l’enivrante « Le soleil ». Puis c’est au tour de la seconde composition en arabe « Taffi Nari » de nous séduire de son folk si délicat avec son orchestration minimaliste voix guitare acoustique piano et son feeling éternel de jardins de l’Alhambra. De même, « Face à nous » est un pari gagné sur l’émotion et l’intemporel.  Au-delà de son allitération « Quand Jeanne M elle aime » peut revendiquer fièrement son inspiration entre Gainsbourg et ( de nouveau) une certaine Jeanne Moreau en mode «  Le tourbillon de la vie ». Enfin, « Faux semblants de l’amour » néo tango porté par une interprétation aussi subtile que sublime achève ce bel album. Et l’on se dit que « La lumière de mes choix » n’a décidément pas fini d’éclairer durablement nos play-lists persos.

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