« THE RISE OF THE RED HOT CHILI PEPPERS : OUR BROTHER HILLEL »

Hillel Slovak et les Red Hot Chili PeppersIl n’aura même pas atteint l’âge légal du tristement célèbre 27 Club de Jim, Brian, Janis et de Jimi, puisqu’à seulement 26 printemps Hillel Slovak, le brillant guitariste fondateur des Red Hot Chili Peppers est mort, terrassé par une overdose, juste avant le 3éme album « Mother’s Milk ». Mais son influence cruciale dans le son et l’énergie du fameux groupe californien aura durablement laissé sa marque jusqu’à nos jours. Dans ce brillant documentaire « THE RISE OF THE RED HOT CHILI PEPPERS : OUR BROTHER HILLEL » les témoignages d’Anthony Kiedis, Flea, John Frusciante, mais aussi du frère et de la compagne du musicien se mêlent aux nombreux documents inédits. Plus surprenant et avec l’accord de sa famille, la voix d’Hillel a été recrée par IA pour nous faire partager des extraits de son journal intime. Troublant mais terriblement efficace !

Hillel Slovak et les Red Hot Chili Peppers

À sa manière on peut d’ores et déjà écrire que Hillel Slovak était aux Red hot Chili Peppers ce que Brian Jones fût aux Stones, un puissant vecteur d’énergie et d’inspiration hélas trop vite oblitéré par un gout immodéré pour les drogues dures. Et si la mort les retrouve fatalement au bout du chemin, leur présence au sein du groupe leur confère une sorte d’immortalité. Avec sa personnalité artistique et son jeu de guitare frénétique sorte de punk funk sous amphétamines, Slovak va façonner à jamais le son des RHCP et ce documentaire diffusé par Netflix lui rend un hommage largement mérité.

Hillel Slovak et les Red Hot Chili PeppersRetour vers le futur du rock… cet été-là, comme chaque été depuis mon arrivée chez BEST en décembre 1980, un label, WEA le plus souvent, m’envoyait à LA pour interviewer un artiste et j’y passais…un mois. Entre notes de frais du journal pour payer la décapotable, invitations des maisons de disques pour bouffer et générosité d’amis à LA qui m’hébergeaient, j’avais tout le temps du monde pour choper les groupes en studio, lorsqu’ils enregistraient. Et lorsque leur LP était enfin en vente six mois plus tard, moi je ressortais mon ITW du frigo et BEST la publiait. Et comme Rock& Folk avait son résident dans la Cité des Anges, j’étais devenu l‘honorable correspondant de BEST pour la Cote Ouest. C’est ainsi que cette année-là j’avais dû à nouveau tendre mon micro à Ron et Russell Mael rencontrés en 1981 ( Voir sur Gonzomusic LES SPARKS À PARIS  ) ; or les Sparks jouaient justement au mythique Greek Theater  de Los Angeles, sublime théâtre de verdure niché sur les collines d’Hollywood. Nous sommes le 19 aout 1984 et je m’en souviens comme si c’était hier : un groupe aussi inconnu que transgressif prend la scène torses nus, comme on s’empare de la Bastille. Avec leur mix de rock musclé, de funk décérébré et d’éléments rap c’est comme si on m’avait mis les deux doigts dans une prise de courant. Des titres courts à la Ramones enchainés, frénétiques et efficaces en diable. Et surtout une attitude de sales gosses rebelles aux improbables grimaces. J’avoue je n’avais jamais assisté à une première partie de la sorte. J’avais vraiment la sensation de vivre un moment historique sous les étoiles de LA. C’était aussi l’époque où j’interviewais le Dr Funkeinstein, alias George Clinton ( Voir sur Gonzomusic  MA PREMIÈRE RENCONTRE AVEC GEORGE CLINTON )  qui allait produire leur Parliamentesque deuxième 33 tours  « Freaky Styley » que j’avais du chroniquer à l’époque.

Hillel Slovak et les Red Hot Chili PeppersC’est dire si le documentaire réalisé par Ben Feldman et co-produit par James, le propre frère de Hillel se révèle passionnant, car il se concentre sur ces premières années fondatrices jusqu’à l’overdose de Hillel en 1988. Un peu à la manière du « Montage of Heck », en plus des photos et documents de l’époque, le réalisateur introduit une partie dessin animé pour contribuer au narratif à l’instar de cette Datsun stylisée, où les inséparable Kiedis, Flea et Slovak écoutaient du rock à fond en fumant des joints. Hillel était né à Haïfa en Israël, mais il avait déménagé en Californie avec sa famille. Les trois compères se rencontrent au lycée sur Fairfax avenue, fondent leur premier groupe ensemble qui deviendra les Red Hot et le doc retrace leur irrésistible ascension au royaume du rock, mais il n’oublie rien de la face sombre de nos jeunes héros : la dope. Neil Young avait composé son « The Needle And the Damage Done » frustré par la mort de son guitariste de Crazy Horse, Danny Whitten, emporté par l’héroïne. Anthony Kiedis et Hillel étaient devenu ensemble gravement accros à la dope et si le chanteur a réussi à décrocher, il n’est pas parvenu à sortir son frère d’armes de son cauchemar intérieur. Face caméra il nous raconte cette tragédie qui le hante chaque jour. Tout comme Flea, qu’on n’imagine pourtant pas sentimental, qui a la larme à l’œil et des sanglots dans la voix en racontant comment Hillel était parvenu à lui donner confiance en soi pour oser prendre une basse et devenir tout ce qu’il est aujourd’hui. Slovak était bien plus qu’un pote, c’était aussi un artiste créatif dans son jeu de guitare incisif, mais aussi dans ses dessins et ses écrits, que l’on retrouve à travers le doc. Avec l’accord de la famille le réale a recréé la voix d’Hillel Slovak par une IA pour lire ses propres extraits de journal intime. Loin de vouloir raconter toute l’épopée des Californiens agités « THE RISE OF THE RED HOT CHILI PEPPERS : OUR BROTHER HILLEL » nous fait revivrer la Genèse du groupe de Kiedis et Flea et de leur brother trop tôt disparu. RIP Hillel !

 

Diffusé sur Netflix depuis le 20 mars 2026

 

 

 

 

 

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