26 ANS APRÉS SA DISPARITION LES 5 ALBUMS ESSENTIELS DE 2PAC

2Pac26 ans après son assassinat à Vegas, dans la capitale du jeu, Tupac Shakur demeure un incontournable héros du rap, preuve que sa musique a su lui survivre. Outre son charisme intense et sa personnalité de charmeur invétéré, 2Pac était capable d’imaginer des lyrics parmi les plus incroyables que le rap n’ait jamais porté. Et si la majeure partie de sa discographie est sortie après sa tragique disparition en 1996, il est incontestable que ses meilleurs albums ont été publiés de son vivant. Car avec son collègue assassiné lui aussi sur la côte ouest Notorious B.I.G, le chanteur de « California Love » compte parmi ces rares artistes qui peuvent prétendre avoir eu autant d’impact sur leur public à travers autant de hits massifs. Ce sont ces chansons qui ont fait de lui une légende. Et par conséquent voici le Top 5 des plus grands albums de 2Pac par ordre d’importance.

2PacC’est vrai, 2Pac Shakur n’a jamais été le rappeur le plus technique ni le parolier le plus doué de la Planète Hip Hop. Mais son extraordinaire charisme et sa personnalité attachante étaient aussi essentiels que son travail derrière le micro. 2Pac s’est très rapidement hissé au sommet et n’en est jamais redescendu jusqu’à son dernier souffle. De son vivant, aucun rapper n’aura été plus grand ou meilleur que Shakur. En tous cas dans mon cœur où il conserve toujours une place privilégiée.

Son père militant politique, il ne l’a jamais connu. Sa mère, l’une des panthères les plus virulentes des Black Panthers, portait 2 Pac dans son ventre lorsqu’elle était derrière les barreaux. Le rapper était à deux doigts de naître dans un pénitencier de l’État de New York. Pourtant malgré une enfance pauvre et nomade, il sera préservé de l’influence néfaste de la rue. Tupac fréquentera même la select École des Beaux-Arts de Baltimore ,où il excelle en comédie et en poésie. Et s’il ne passe jamais ses exams parce que maman doit déménager à Marin County près de LA, dès qu’il rencontre Shock G, le leader de Digital Underground, le film de sa vie s’accélère : il n’a pas vingt ans qu’il pose déjà sur leur groovy « This Is An EP ». Et en 91, il publie son brûlot, le premier album : « 2pacalypse Now » avec « Brenda’s Got A Baby », offrant pour la première fois la superbe schizophrénie de son personnage : le marlou, caïd au sang bouillant et le poète ultrasensible, charmeur au regard abyssal. Avec ses tatouages multiples, il arborait l’étendard de sa révolte, à même la peau: “outlaw” (hors la loi) sur le bras gauche, “ruthless” (impitoyable) sur le droit, 2 Pac sur la poitrine, « thug life » (vie de voyou) sur le ventre, « exodus » sur le dos et  quelques  monstres divers.

2Pac and Janet Jackson

2Pac and Janet Jackson

John Singleton, le ghetto-réalisateur choc du film coup de poing “Boyz’ N The Hood” ne s’y est pas trompé, puisqu’il lui confie le co-vedettariat avec Janet Jackson de son second flong-mètrage “Poetic Justice”. Aussi brûlant que l’extrémité soufrée d’une allumette, 2 PAC Shakur y est juste troublant dans ce rôle prémonitoire où la mort l’arrache déjà  bien trop vite au monde des vivants. Viva la muerte ! Dès son second CD de 93 « Strictly For My  N.I.G.G.A.Z » se multiplient les références à l’autre monde (« Something To Die For »). Puis il entonne “If I Die Tonight”, sur le brillant « Me Against The World »  en héros solo à la croisée des chemins du cimetière et de la vie. Enfin, sur « All Eyez On Me », l’un des double album les plus précieux du rap , 2 Pac cultive le paradoxe; s’il sample les O’ Jays guillerets c’est pour évoquer la funky party de ses propres funérailles avec l’émotionnelle “Life Goes On”.  Il publie ensuite son fameux Makaveli où il apparaît crucifié et dont le hit funky n’est autre que le bouillant « To Live & Die In LA ».  Et quelques semaines plus tard, le 7 Septembre 96, après avoir assisté au championnat de Mike Tyson à Las Vegas, la BMW décapotable de Suge Knight-manager de Death Row records-qui raccompagnait 2 Pac à son hôtel- était victime d’un mitraillage en règle. Grièvement blessé, Tupac Shakur décédait à l’hôpital.2Pac

Le feu couvait entre les rappers de NY de Sean Puffy Combs avec son Bad Boy Entertainment et ceux de  Death Row à LA , un feu exacerbé par les ITVs , les textes, les clips et quelques épisodes carrément sanglants. Biggie Small suivra d’ailleurs très vite PAC dans la tombe. Et dès son premier CD posthume « R U Still Down ? (Remember Me) » notre PAC se demande « I Wonder If Heaven Got A Ghetto » si les ghettos existent au paradis. Quel gâchis ! Quel héritage aussi. 2 Pac écrivait beaucoup et enregistrait vite. Géré par sa mère, il nous a légué un vertigineux trésor de rimes et d’œuvres inédites. Et si seul Dieu et la légende savent le juger, il reste aux simples mortels que nous sommes ces quelques plages digitales fracassantes et le goût salé des larmes. Pour mieux les départager, voici mon Top 5 des plus grands albums de 2pac.

  1. MAKAVELI : « The Don Killuminati The Seven Day Theory »

Année : 19962Pac

Le dernier des albums de 2Pac achevé de son vivant est ce « The Don Killuminati The Seven Day Theory », sorti quelques mois après son assassinat sous le pseudonyme de Makaveli mais enregistré juste avant sa tragique disparition. C’est le cinquième album studio de Tupac Shakur. Enregistré en seulement sept jours en août 1996, il est sorti le 5 novembre 1996, presque deux mois après sa mort, sous le pseudonyme de Makaveli. On y retrouve des contributions de son groupe de rap Outlawz et du rapper Bad Azz, ainsi que des chanteurs R&B Aaron Hall, Danny Boy, K-Ci et JoJo, Val Young et Tyrone Wrice. Porté par l’irrésistible et hélas prophétique « To Live & Die In LA »,  2Pac y multiplie les références à sa propre mort. En plus d’être puissant au niveau de ses textes, l’album déborde d’émotions sombres et compte incontestablement parmi les plus attachants du héros de Death Row Records

  1. 2PAC : « 2Pacalypse Now »

Année : 19912Pac

1991 est une année charnière pour le rap. Le genre n’en était qu’à ses balbutiements, mais il commençait déjà à enflammer les passions. “La vie d’un jeune black, est une vie de chien qui n’a rien du Cosby Show”, balançait 2 Pac Amaru Shakur lors de la sortie de ce premier CD “2Pacalypse Now” en 92. L’objet était bardé de stickers alertant les parents “de l’explicitité des textes”. Car tout juste échappé de l’aventure Digital Underground, c’est avec ce puissant « 2pacalypse Now » que Shakur va émerger, un premier album annonciateur d’un talent gigantesque. Bien sûr, le disque dénote quelques faiblesses. Le flow et la voix de 2Pac ne sont pas encore assurés. Mais au niveau textes Shakur surpasse déjà nombre de ses contemporains par son feeling stratosphérique. Il met également en lumière l’incroyable dualité de Pac, sa capacité à être à la fois sensible et vulnérable tout en affichant une force incontestable. Les singles « Trapped » et « Brenda’s Got a Baby » dépeignent de manière poétique le combat individuel des jeunes noirs pour tenter de vaincre leurs handicaps socio-économiques. Et c’est juste bluffant !

  1. 2 PAC : “Strictly 4 My N.I.G.G.A.Z…”                                                                                               Année 19932Pac

Deux ans plus tard, 2 PAC n’a rien perdu de sa rage et de sa hargne contre ce système qu’il vomit par toutes les rimes de son rap. Ce CD est un brûlot, un cocktail Molotov dont la mèche allumée présage l’explosion imminente. Cette révolte, il la porte en lui dans ses gènes. Son père militant politique décédé le lendemain de sa sortie de prison. Sa mère, l’une des panthères les plus virulente des Black Panthers, portait  2 Pac dans son ventre lorsqu’elle était en prison. Choisissant de se défendre sans avocat, elle parvint néanmoins à gagner son procès. 2 Pac était à deux doigts de naître dans un pénitencier de l’État de New York. Ce ne sont pas des choses que l’on oublie aisément. Il n’y a donc rien de très étonnant à ce que 2 Pac dès ses premiers titres cultive une controverse incendiaire qui lui vaudra déjà à l’époque les foudres molles du vice-président des USA, un panier-garni de citations en justice diverses et un flot ininterrompu d’encre d’imprimerie pour défrayage intensif de chroniques. Le rap est un cri, une culture trop vive pour qu’on l’atomise à quelques lignes à scandales pour journaux avides de sensations fortes. Bullshit. C’est comme si l’on jugeait la prose de Sagan en se basant uniquement sur le poids de ses ventes et le(s) choc(s) successivo-médiatiques de sa tendresse pour la coke. Bonjours tristesse !

2Pac“Strictly 4…” est peut-être et accessoirement scandaleux, mais c’est avant tout un putain de bon skeud, une de ces galettes couillues qui s’échappe soudain de la mêlée. Du choix des samples tels que Marvin Gaye, Arrested Development, Curtis Mayfield ou Zapp, au climat de speed intense, en passant par ses textes qui passent au fil de la lame injustices et cynismes capitalistes, 2 PAC explose le jackpot du groove. Dés le premier titre “Holler If Ya Hear Me” 2 PAC assène son style rebelle. Sur “Last Worz” il réussit le coup de maître de réunir les 2 Ice (T ET Cube) sur le même ring pour un combat verbal sans merci. 2 PAC prouve aussi qu’il sait se défendre sans endosser la panoplie du gangsta’. La preuve tout au long de l’album le message reste positif. 2 PAC condamne même très explicitement la violence sur “Something 2 Die 4” et “The Streez R Deathrow”. Avec déjà Dr Dre et Snoop à leur actif, le label Interscope met à nouveau en plein dans le mille avec 2 Pac. Ce “Strictly 4 My N.I.G.G.A.Z…” est simplement E-x-p-l-o-s-i-f .

  1. 2 PAC “Me Against The World”

Année 19952Pac

Ça commence comme un générique de feuilleton télé. La musique monte doucement. A 22” une voix s’élève et immédiatement on bascule dans la réalité violente de CNN. Des voix de présentateurs hommes et femmes se croisent pour nous raconter, de toute leur froideur de pros, la réalité éclaboussante de sang de la fusillade où 2 Pac justement a encaissé quatre balles en tentant de se défendre au cours d’un braquage. Ça on ne le voit pas dans la chanson, mais lorsqu’on l’emportait sur sa civière, 2 Pac avait encore le cran de lever le doigt en fuck- signe de bravado. Blessé à la tête, au ventre et au testicule le chanteur a perdu beaucoup de sang, mais le soir même il quitte l’hôpital. Le lendemain on le retrouve, entouré par les body-guards de la Nation Of Islam à son procès où une groupie de 19 ans l’accuse de l’avoir violenté dans une chambre du Méridien NY. Le soir même, il s’inscrit sous un pseudo au Métropolitan Hospital. 2 Pac risque entre deux et cinq ans fermes. Mais le gansta star en a vu d’autres. N’a t’il pas poussé ses premiers cris derrière les barreaux avec sa mère, une militante des Black Panthers, qui était incarcérée ?

2PacLe ton est donné. Robin des ghettos, pour une Amérique noire qui croit à 70% que “O.J ne l’a pas fait!”, 2 Pac…est une sorte de Mick Jagger, lorsque les Stones débarquaient de Hambourg au crépuscule des sixties pour incendier l’Europe au cul serré. Comme Jagger et son arrestation de 67 pour dope, 2 Pac a goûté au pénitencier. Et comme le Times à l’époque et sa parabole pro- Jagger sur “le papillon que l’on écrase sous sa roue” , 2 Pac le plus sidérant rapper du moment  ne mérite t’il pas qu’on lui lâche les baskets. Après tout personne n’a mis Bill Wyman en prison pour avoir tiré et/ou épousé des post-pubères de 14 ans. Certains albums, se détachent très largement de la mêlée. Comment ? Pourquoi ? Je n’en sais rien, moi c’est peut-être bien comme le pinard. On le pose sur la platine et c’est le big bang inexorable. Et “Me Against The World” , le troisième CD du rapper/acteur controversé est de cette trempe-là. Un cri intérieur pour un putain de disque dur, mais sans amertume comme SA réalité, la force de 2 Pac et de son feeling c’est qu’ils se fondent dans leur époque.   Comme en leur temps “Innervision” de Wonder, “What’s Going On” de Marvin, “Chocolate City” de Parliament, “Dirty Mind” de Prince ou “Doggy Style” de Snoop ont su s’affirmer en flash-back de société.

2Pac“Moi contre le monde entier”, est le cri de toute une génération. Pas besoin d’essuyer les balles pour s’identifier. Juste après l’intro, le premier titre coup de poing est intitulé “If I Die Tonight”, une expérience que 2 Pac a déjà virtuellement vécu et l’on ne peut s’empêcher de songer à nouveau à Marvin Gaye dont l’une des chansons était déjà intitulée “If I Should Die Tonight”. Et l’on connaît tous hélas les circonstances de la mort de Marvin! Après la fusillade, les avocats de 2 Pac avaient déclaré qu’on avait piégé leur client. Quelques semaines auparavant, en effet le rapper venait d’être acquitté contre des policiers d’Atlanta qui l’avaient accusé d’avoir fait feu sur eux. Et si le bracage au Times Square Quad recording studio n’était quun contrat fruit pouri d’ une vengeance policière? Après tout il y avait dans le studio plus de dents en or, de sautoirs et de diams que sur 2 Pac, mais c’est pourtant bien lui qu’on attendait. Lorsqu’il entonne “If I Die Tonight”, notre rapper sait exactement ce qu’il raconte. Tout l’album déborde de ces expériences persos, quoiqu’un peu paranos. L’émotion ne sait pas tricher lorsqu’elle est autant autobiographique. Comme “Me Against The World” un lover’s beat imparable pour héros solo à la croisée des chemins du cimetière et de la vie. Feeling à fleur de peau 2 Pac reste cool dans le stress. De même lorsqu’il chante “So Many Tears”, on en imagine aisément les traces sur son visage.

2PacAvec “Young Niggaz” notre 2 Pac développe son sujet favori : la condition actuelle du jeune black dans ce monde où il a une chance sur deux de connaître le métal des balles et/ou des barreaux. Même sa mère Afemi trouve sa place dans ce hip-hop cinéma-vérité avec l’extraordinaire “Dear Mama” où il balance en vrac ses premières années en prison, la mort de son père, ses larmes partagées avec sa petite soeur et tout l’amour qu’il porte à sa panthère noire de mère. “Death on The Corner” la mort, “Can You Get Away” l’amour et “Fuck The World” au passage, décidément, les titres de 2 Pac ne manquent pas de “chuszpah”, d’une incroyable bravado. De couilles et tant pis s’il n’en a plus qu’une. C’est ce qui fait toute la différence entre un rapper lambda et un super-hero, 2 Pacman est loin d’être un p’tit joueur. Mais ce qui compte vraiment pour lui, c’est la vie de tous les jours et la cool banalité, les rires et les peines ; l’album déborde de ces chroniques quotidiennes modulées sur le même beat gorgé de soul, ce “new-jack-rap” au texte et au rythme cool débraillé comme des baskets délacées. Durant les 66’ 07” du CD c’est un peu toujours la même chanson. MAIS QUELLE CHANSON ! Victime ET symbole. Violent ET incroyablement tendre. Soft ET PAS mou. Musclé ET PAS gonflé. Entêtant ET PAS gonflant, vu le succès phénoménal de l’album 2 Pac n’est pas resté bien longtemps seul contre le monde entier.

  1. 2 PAC : « All Eyez On Me »

Année : 19962Pac

Comme un yakuza jap, ce gansta’ star surdoué balance son quatrième CD, le tout premier double album de la Planète rap, un pavé incendiaire de 29 titres en 130 minutes avec une armada d’invités dont George Clinton, Dr Dre, Snoop, Nate Dogg, Redman et Method Man. Robin des ghettos, pour l’Amérique noire, 2 Pac lance son cri sur un putain de disque dur, mais sans amertume il y a la haine sans doute, mais aussi l’amour dans ce blues du troisième millénaire.  Considéré à juste titre comme son album le plus précieux « All Eyez On Me » est une véritable bombe rapologique qui explose dès sa sortie.  2 Pac était au sommet de son art lorsqu’ il est publié et le disque s’est écoulé à plus de 10 millions d’unités rien qu’aux États-Unis porté par une bordée de hits justes massifs tels que « California Love » ,  » How Do You Want It »  et  « Only God Can Judge Me ». Bien que certains aient pu reprocher à  » All Eyez On Me» d’être un peu trop long, il n’en reste pas moins que c’est définitivement LE chef d’œuvre de 2Pac, un poète intransigeant, talentueux, compatissant et créatif.

Avant même d’avoir publié cet album en février 1996, notre rapper s’était entiché de Las Vegas, où il aimait souvent séjourner dans les hôtels-casinos les plus luxueux de la fameuse cité du désert de Nevada où il trouvera finalement la mort après avoir assisté au match Bruce Seldon contre Mike Tyson au MGM Grand. Beaucoup de gens l’ignorent, mais le jeu préféré de Tupac était la roulette. Si vous êtes fan de 2pac et que, comme lui, vous voulez jouer à la roulette, nul besoin de voyager jusqu’ à Las Vegas. Vous pouvez vous y adonner sur l’un des portails de jeux de qualité qui proposent des versions en ligne de la roulette, des jeux de cartes et des machines à sous avec des bonus intéressants. Jouer à ces jeux devrait vraiment vous transporter à Las Vegas. Ceci est confirmé par l’expert de FRcasinospot, Arthur Lambert :  “Le thème de Vegas est devenu l’un des thèmes les plus populaires pour les développeurs de machines à sous en ligne. Les machines à sous Vegas sont basées sur une animation vivante et des symboles à thème dans le style de Las Vegas.” Bref, bon voyage sonique et forcément mélancolique en écoutant les sons légendaires de Tupac Shakur !

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